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Quelques nouvelles moins pires que prévues et les actions remontent en flèche

Les investisseurs cherchant un peu de soulagement dans un flot sans fin de mauvaises nouvelles économiques ont trouvé des bribes d’espoir dans des informations qui, il y a quelques mois encore, auraient été considérées comme alarmantes. C’est ce que rapportent Steve Lohr et Jack Healy dans le New York Times du 12 mars.

General Electric, le blue chip, a été dépouillé de sa notation de crédit triple-A, un emblème de prouesses de bonne gestion, qu’il détenait fièrement depuis 1956. Mais sa notation a chuté d’un seul cran, moins que ne prédisaient certains analystes. Les actions GE ont grimpé de 13%.

Le Département du Commerce a annoncé une légère chute des ventes de détail en février – à nouveau moins que les prévisions (-0,1% contre -0,5%).
Et le chef de Bank of America, assiégée de toutes parts, a déclaré que l’établissement de crédit n’aurait probablement pas besoin à nouveau de fonds gouvernementaux, contrairement à d’autres banques.

Pourquoi les plans de sauvetage économique du gouvernement américain ne marchent-ils pas?

La transition présidentielle ajoute à l’incertitude qui envahit les marchés financiers. En fait, connaître les noms de l’équipe économique du président-élu Barack Obama pourrait s »’avérer plus utile pour calmer les marchés à court terme que des packages de sauvetage qui n’ont pas eu beaucoup d’effet jusqu’à présent, écrit The Huffington Post.
Après deux jours de fort déclin, les actions américaines ont fortement rebondi vendredi à la nouvelle qu’Obama prévoyait de nommer le chef de la New York Federal Reserve, Timothy Geithner comme Secrétaire au Trésor.
Alors que de nombreux éléments différents ont contribué à la panique économique mondiale, le fait que la crise se soit jouée dans la désolation d’un Congrès canard-boiteux, d’un président sur le départ et d’une nouvelle administration qui n’est pas encore constituée, n’a pas aidé.
La nomination de la nouvelle équipe économique pourrait intervenir au début de la semaine prochaine pourrait apporté un peu de clarté au tableau de la stratégie économique, et réduire ce que les marchés redoutent le plus: l’incertitude… Poursuivre la lecture de «Pourquoi les plans de sauvetage économique du gouvernement américain ne marchent-ils pas?»

La crise économique en Russie mettra ses dirigeants à l’épreuve

La crise financière a touché la Russie, beaucoup plus sévèrement que Poutine ne l’admettra publiquement selon un article paru dans The Telegraph. Le premier ministre a pavoisé devant les soucis des Etats Unis, proclamant la mort de Wall Street et promettant de racheter à bas prix les sociétés occidentales.
Mais le propre marché d’actions de la Russie a connu les pires performances du monde, avec la valeur des actions perdant 75% depuis l’été. Le rouble et sous forte pression, et la banque centrale a dépensé le cinquième de ses réserves de change pour stopper la chute en enfer de la monnaie.
Jusqu’à présent la crise a principalement touché les super-riches. En mai la valeur des actions détenues par les oligarques les plus fortunés se montait à $300 milliards. Aujourd’hui, elle n’est plus que de $70 milliards. En conséquence, l’élite russe semble en guerre avec elle-même.
Le Kremlin a toujours été fortement fractionné, avec des groupes rivaux se disputant le contrôle des entreprises lucratives de l’énergie et de la métallurgie. Mais, avec le plongeon des prix du pétrole et des commodités, il n’y a plus assez de gras pour tout le monde.
Les plus gros businessmen russes doivent plus de $500 milliards aux banques occidentales, empruntés sur la garantie de leurs actions. La baisse de la valeur de ces actions a provoqué une vague d’appels de marge, amenant de nombreuses banques à revoir leurs prêts. L’état a promis $50 milliards pour sauver les oligarques dans un plan de sauvetage de $200milliards – mais tous ne seront pas sauvés.

La crise offre de nombreuses opportunité à Poutine. Des actifs, privatisés dans les années 90, vont revenir sous le contrôle du Kremlin, et pourront être refilés à ses plus proches alliés. Les oligarques qui seront autorisés à survivre lui seront liés encore plus étroitement.
En même temps, le risque de guerres fratricides entre ces puissants individus est élevé et pourrait déstabiliser la Russie.
Poutine de retour à la présidence de la Russie, comme cela semble se dessiner, ne connaîtra vraisemblablement plus la même popularité que durant son premier mandat. Après le chaos des années 90, il a présidé à une ère aucours de laquelle l’économie a connu une croissance moyenne de 7% par an et les salaire ont augmenté de 15% par an. Mais ces années ont aussi connu une hausse du prix des métaux de 275% et du pétrole de 210%, tous deux majeurs produits d’exportation.
La semaine dernière, le prix du pétrole russe est tombé sous $50 le barril. A ce prix il devient impossible d’équilibrer le budget 2009? qui est établi sur la base d’un prix du pétrole de $95. Les officiels russes déclarent pouvoir puiser dans un fond de soutien et dans les réserves monétaires qui restent les troisièmes au monde. Mais la Russie ne peut faire cela indéfiniment, et gaspiller les réserves pourrait effrayer les investisseurs étrangers – qui ont déjà retiré plus de $150 milliards.

Il y a de plus en plus de preuves irréfutables que la crise a commencé à atteindre la population ordinnaire. La classe moyenne s’est réduite de 25% de la population à 18% au cours des derniers mois. De nombreuses entreprises licencient, et d’une manière rude qui va laisser des ressentiments.
Selon les prévisions le pire est à venir.

Obama gagne un terrain crucial dans certains états clés, selon les sondages

La décision de la campagne de McCain, cette semaine, d’abandonner le Michigan aux démocrates (de ne plus y consacrer d’argent, d’efforts particuliers, de spots publicitaires) est le signe évident et dramatique d’une retraite tactique majeure qui réduit les espoirs d’atteindre le nombre magique de 270 grands électeurs le 4 novembre (rappel sur le mode de scrutin).

Mais McCain est dans une situation aussi mauvaise ou pire dans d’autres états clés. A moins d’un changement dramatique, il est entrain de perdre l’Iowa et le Nouveau Mexique, deux états gagnés de peu par Bush en 2004. Il s’est mis cette semaine, ainsi que le Comité national républicain, a déverser de l’argent sur l’Indiana et la Caroline du Nord, des états républicains fiables, où Obama a fait des avancées notables, les sondages indiquant une lutte serrée.
La campagne d’Obama, entre temps, a répondu en augmentant significativement son budget de publicités télévisées en Indiana et cinq autres états.

Certes, le pendule de la campagne a déjà oscillé plus d’une fois, et avec un mois à courir et deux débats, McCain a des opportunités de se refaire.
Mais la montée d’Obama coïncidant au cours des dix derniers jours avec la crise de Wall Street et le débat sur le plan de sauvetage fédéral, a laissé McCain sur la corde raide dans huit états avec 101 grands électeurs remportés par Bush en 2004.
« Cela signifie que la route vers les 270 se rétrécit pour McCain, alors que pour Obama il reste toujours plusieurs chemins, » dit Dante Scala, professeur de sciences politiques à l’ Université du New Hampshire.

McCain a également moins de marge de manoeuvre dans la compétition crucial pour le cash. Il ne peut dépenser plus de $84.1 millions de fonds publics qu’il a acceptés après sa nomination, bien que le parti républicain puisse augmenter ses dépenses en publicités dans les états clés, par l’intermédiaire des groupes indépendants (rappel sur le financement des campagnes).

Obama,qui a battu tous les records de collecte de fonds, est le premier candidat à renoncer au financement public, et peut dépenser tout ce qu’il peut collecter sans limite. Les officiels de la campagne de McCain reconnaissent que cela lui donne un avantage.

Les banques ont pris des risques inconsidérés: les dirigeants doivent aller en prison

Voilà deux banques respectables et vénérables, Dexia et les Caisses d’Epargne, qui par le fait de dirigeants aventuriers et mégalomanes ont détourné leurs établissements de leur vocation première pour aller jouer dans le monde des grands de la finance internationale, et s’y brûler.
Ces aventuriers dont les folies vont coûter des milliards aux contribuables français doivent être sanctionnés et punis.

Dexia, c’est l’ancien Crédit local de France qui a fusionné avec son homologue belge le Crédit Communal de Belgique. Traditionnellement ces institutions ont pour vocation de financer les projets des collectivités locales. Et voilà que leurs dirigeants, par mégalomanie, par appât du gain, ont transformé Dexia en acteur important sur les marchés financiers nord-américains à hauts risques. Cette orientation n’apparaît nulle part sur le site du groupe Dexia, ni dans son profil, ni dans sa stratégie. Les dirigeants ont donc, en toute connaissance de cause, trompé l’actionnaire en lui vendant un véhicule d’investissement à haut risque sous couvert d’une banque de financement des collectivités locales.
Résultat, c’est à l’état français (sans compter le coût pour la Belgique et le Luxembourg), c’est à dire au contribuable de débourser 3 milliards € pour éviter la faillite de Dexia qui aurait des conséquences catastrophiques pour toute l’économie avec des faillites de banques en chaîne.
Si vous particuliers allez vous ruiner au casino ou aux courses, qui viendra vous sauver du naufrage. Personne et c’est l’huissier qui saisira vos bien et vous mettra à la rue.
Nicolas Sarkozy a déclaré la semaine dernière à New York, devant la fine fleur de la finance de Wall Street, que les responsables de cette débâcle devaient être punis. Eh bien il lui appartient maintenant de prouver qu’il ne s’agissait pas d’un effet de manche, en poursuivant Messieurs Pierre Richard, Axel Miller en justice.
Il faut préciser que le président de la Caisse des Dépôts et Consignation siège au Conseil d’administration de Dexia, et ne pouvait ignorer les dérives dont il est question ici.

Les Caisses d’Epargne, sont d’autres institutions financières historiques et vénérables dont la vocation est de collecter l’épargne des français via le fameux livret A afin de financer la construction de logements et l’investissement des PME/PMI. Les dirigeants de cet organisme se prennent depuis des années pour des cadors de la finance mondiale, menant des opérations à haut risque en toute impunité. Ce blog en a déjà fait état.
Ici se sont les filiales Nexity (immobilier), Natixys (financement et investissement) et CIFG (Etats Unis) qui posent aujourd’hui de sérieux problèmes.
Le Canard Enchaîné du 01/10 fait état d’un besoin de trésorerie urgentissime de 6,5 milliards €. En février dernier, déjà, les caisses régionales du groupe avaient dû renflouer leur organe central, la Caisse nationale des Caisses d’épargne (CNCE), à hauteur de 3,2 milliards €. Drôle d’Ecureuil.