Il y a tout juste un an, Gazprom, le géant russe du gaz naturel, aspirait a devenir la première société du monde. Boosté par le prix du pétrole et le soutien politique du Kremlin, il avait atteint le troisième rang, en capitalisation boursière, derrière Exxon Mobil et General Electric.
Aujourd’hui, Gazprom est criblé de dettes et négocie un plan de sauvetage avec le gouvernement russe. Sa capitalisation boursière a chuté de 76% depuis le début de 2008. Au lieu de devenir la première compagnie de monde, il a dégringolé à la 35e place. Alors que les sauvetages de géants industriels sont devenus courants, aucun des grands concurrents de Gazprom dans le secteur de l’énergie n’en a demandé.
La plus importante compagnie russe du secteur énergétique nécessite un plan de sauvetage si tôt après que le pétrole ait atteint les sommets l’été dernier. Il y a peu, emblème de la fierté d’une Russie renaissante, Gazprom est devenu le symbole du déclin rapide de l’économie de cet état pétrolier.
Durant les temps de croissance, Gazprom et l’autre compagnie d’état de l’énergie en Russie, Rosneft, devinrent les véhicules d‘une renationalisation rampante.
Quand le prix du pétrole augmentait, la valeur des actions augmentaient aussi. Mais au lieu d’investir suffisamment en nouveaux forages et en exploration, le président russe de l’époque, Vladimir Poutine, a utilisé ces excédents pour poursuivre son programme et reprendre le contrôle des champs pétrolifères par l’état, et au delà, de beaucoup de l’industrie privée.
En conséquence, lorsque la récession arriva, les géants russes de l’énergie se trouvèrent lourdement endettés et avec un retard en investissements.
Les investisseurs fuient maintenant les actions Gazprom dont la valeur a chuté beaucoup plus rapidement que celle de ses concurrents. La dette de la compagnie en est l’une des raisons.
Après cinq années de prix records pour le gaz naturel, Gazprom a $49.5milliards de dettes. En comparaison la dette totale, publique et privée, de l’Inde, de la Chine et du Brésil en 2009 et de $56 milliards, selon la Commerzbank.
Poutine a utilisé Gazprom pour acheter des entreprises privées. Parmi ses grosses acquisitions, il a acheté la compagnie pétrolière Sibneft à l’oligarque Roman A. Abramovich, pour $13 milliards. En 2006 il a acheté la moitié des parts de Shell dans le projet pétrolier et gazier Sakhalin II pour $7 milliards. Et en 2007 il a dépensé d’autres milliards pour acquérir des parts de Yukos, la compagnie pétrolière privée en faillite empêtrée dans une affaire politique de fraude et d’évasion fiscale.
Rosneft est également fortement endetté. Il doit $18.1 milliards après des achats d’actifs de Yukos.
Sous Poutine, plus du tiers de l’industrie pétrolière russe a été effectivement renationalisé par de tels accords. Mais contrairement à Hugo Chávez au Venezuela ou Evo Morales en Bolivia, qui ont envoyé l’armée pour saisir des champs gaziers, le Kremlin a utilisé des moyens plus sophistiqués.
Des pressions réglementaires ont été exercées sur les propriétaires privés afin de les encourager à vendre à des sociétés d’état. Les actifs ont été cédés à des prix inférieurs au prix du marché, même si les sociétés d’état ont payé des milliards, pour la plupart empruntés aux banques occidentales.

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