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Obama gagne un terrain crucial dans certains états clés, selon les sondages

La décision de la campagne de McCain, cette semaine, d’abandonner le Michigan aux démocrates (de ne plus y consacrer d’argent, d’efforts particuliers, de spots publicitaires) est le signe évident et dramatique d’une retraite tactique majeure qui réduit les espoirs d’atteindre le nombre magique de 270 grands électeurs le 4 novembre (rappel sur le mode de scrutin).

Mais McCain est dans une situation aussi mauvaise ou pire dans d’autres états clés. A moins d’un changement dramatique, il est entrain de perdre l’Iowa et le Nouveau Mexique, deux états gagnés de peu par Bush en 2004. Il s’est mis cette semaine, ainsi que le Comité national républicain, a déverser de l’argent sur l’Indiana et la Caroline du Nord, des états républicains fiables, où Obama a fait des avancées notables, les sondages indiquant une lutte serrée.
La campagne d’Obama, entre temps, a répondu en augmentant significativement son budget de publicités télévisées en Indiana et cinq autres états.

Certes, le pendule de la campagne a déjà oscillé plus d’une fois, et avec un mois à courir et deux débats, McCain a des opportunités de se refaire.
Mais la montée d’Obama coïncidant au cours des dix derniers jours avec la crise de Wall Street et le débat sur le plan de sauvetage fédéral, a laissé McCain sur la corde raide dans huit états avec 101 grands électeurs remportés par Bush en 2004.
« Cela signifie que la route vers les 270 se rétrécit pour McCain, alors que pour Obama il reste toujours plusieurs chemins, » dit Dante Scala, professeur de sciences politiques à l’ Université du New Hampshire.

McCain a également moins de marge de manoeuvre dans la compétition crucial pour le cash. Il ne peut dépenser plus de $84.1 millions de fonds publics qu’il a acceptés après sa nomination, bien que le parti républicain puisse augmenter ses dépenses en publicités dans les états clés, par l’intermédiaire des groupes indépendants (rappel sur le financement des campagnes).

Obama,qui a battu tous les records de collecte de fonds, est le premier candidat à renoncer au financement public, et peut dépenser tout ce qu’il peut collecter sans limite. Les officiels de la campagne de McCain reconnaissent que cela lui donne un avantage.

Obama, fait-il l’erreur de Ségolène Royal et des socialistes français en 2007?

Depuis la Convention républicaine de la semaine dernière, Barack Obama conteste vertement à John McCain le droit de s’attribuer l’appellation de candidat du changement: il a soutenu 90% des décisions de George Bush, son parti est au pouvoir depuis deux mandats…
Cela me remet en mémoire la campagne de l’élection présidentielle de 2007 en France: Ségolène Royal et le parti socialiste, ont utilisé les mêmes arguments contre Nicolas Sarkozy.
On connait la suite.
Mais la similitude s’arrête là.
Barack Obama est un vrai candidat, pas Bécassine, c’est un orateur charismatique, il n’ânonne pas, et l’appareil du parti démocrate est à fond derrière lui pas de trahison à prévoir.

Voici le discours de Barack Obama à Flint (ville natale sinistrée de Michael Moore), Michigan, le 08.09.2008, l’un de ceux où il conteste les aptitudes de John McCain à incarner le changement:

Les 7 questions à suivre dans le final de l’élection américaine: 1. L’économie

Alors que Barack Obama et John McCain sont au coude à coude, les conseillers des deux hommes savent qu’une seule chose est certaine: rien n’est certain.
Plus que toute autre campagne présidentielle, celle-ci pourrait se jouer sur des événements hors du contrôle des candidats.
De combien le prix de l’immobilier va-t-il baisser? La violence en Irak va-t-elle effacer les gains obtenus par l’envoi de troupes supplémentaires? Israël va-t-il attaquer l’Iran? L’un des trois grands de l’automobile va-t-il faire faillite? Quel voisin la Russie va-t-elle attaquer? Quelle banque va tomber? Les terroristes vont-ils attaquer à nouveau les USA?
Il est impossible de prévoir l’issue de cette campagne, mais voici 7 questions à suivre attentivement…

1.Obama profitera-t-il de la souffrance des gens?
Les électeurs disent que l’économie est leur souci majeur, et dans chaque sondage Barack Obama a une avance substantielle, mais pas déterminante, 10 à 15% d’avance, sur les questions économiques.
Il fait mieux que John Kerry ou Al Gore, et s’en tire au mieux dans les états clés. Mais Obama n’a pas été capable de transformer cet avantage en avance décisive sur McCain dans les états les plus durement touchés par la récession. En fait, la compétition s’est resserrée en Ohio, Pennsylvanie et au Michigan — malgré le soutien de McCain aux impopulaires accords de libre-échange, son soutien aux expulsions, son propre aveu d’ignorance des questions économiques et ses connexions avec les majors de l’industrie pétrolière.
Les questions raciales et de classe sociale sapent probablement le soutien à Obama. Mais il est aussi atteint par des questions persistances sur son expérience et son leadership.
« Les deux choses immuables dans cette campagne sont que Bush porte la responsabilité de la situation économique et que l’économie est en faveur des démocrates, » dit Michael Dimock, directeur associé au Pew Research Center. « Mais cela remet sur le tapis la question du leadership et des capacités d’Obama… McCain n’a pas besoin de gagner sur les questions économiques, simplement atténuer leur impact, et recadrer le débat sur le leadership. »
Un sondeur démocrate ajoute: « Ne regardez pas le taux de chômage. Le chiffre clé est le % d’électeurs qui pensent qu’Obama est prêt à diriger. Jusqu’à présent ils sont 50 à 58% à le penser. Si ce chiffre se stabilise autour de 55, il gagnera. »
Mais il y a la pilulle amère. Obama a passé son adolescence avec des Food Stamps (programme d’aide alimentaire aux démunis), mais il a un réel problème a faire croire aux cols bleus démocrates qu’il ressent leur souffrance. Et les républicains n’ont pas l’intention de laisser les électeurs oublier ses déclaration sur la classe ouvrière, « si amère  qu’elle s’accroche à dieu et aux armes. »
(Politico)