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Notre mode de vie et le cancer

De nouvelles recherches explorent les interactions complexes qui causent la maladie que nous craignons le plus, le cancer. Newsweek propose quelques pistes que nous pouvons suivre afin de réduire notre risque.
Il est connu de longue date qu’un régime alimentaire comportant un taux élevé de graisses, que l’obésité et le manque d’exercice augmentent le risque de développer une maladie cardiaque et un diabète de type 2.
Ce qui s’avère maintenant est que c’est le mode de vie jouent également un rôle important dans le développement d’un cancer. Si nous maigrissons, évitons la viande rouge (la remplaçant par de la volaille, du poisson, des légumes riches en protéines) et mangeons des fruits et légumes, et arrêtons de fumer, nous préviendrions 70% de tous les cancers.

La meilleure preuve de l’importance du mode de vie pour le cancer et que les cancers les plus courants se comptent à des taux très différents dans les différentes parties du monde. Plusieurs cancers très fréquents aux Etats-Unis ou en Europe – colon, prostate, sein – sont relativement rares dans d’autres parties du monde, se rencontrant 10x ou 20x moins. Il est également frappant de constater, que lorsque des habitants d’autres parties du monde émigrent aux Etats Unis, après une génération, leurs taux de cancer s’approchent de ceux qui vivent dans le pays depuis longtemps.

Un exemple frappant de l’influence du régime alimentaire a été fourni cet été dans The Journal of the American Medical Association. Les médecins ont suivi les habitudes alimentaires des patients atteints d’un cancer du colon au cours des années suivant l’ablation chirurgicale du cancer. Au cours des cinq années suivantes, ceux qui ont suivi un régime « occidental » classique avaient un risque trois fois plus élevé de développer une récurrence du cancer que ceux qui ont adopté un régime prudent, riches en fruits et légumes, et ne comportant que peu de viande rouge.

L’obésité est le second facteur de développement d’un cancer, après le tabac. Une étude de l’American Cancer Society de 2003 que les personnes les plus lourdes avaient un risque significativement plus élevé de mourir d’un cancer que les maigres. L’exemple le plus extrême est le cancer du foie chez l’homme, (risque multiplié par cinq) et le cancer de l’utérus chez la femme (risque multiplié par six).

L’exercice physique joue également un rôle important de protection contre certains cancers. Nurses’ Health Study a rapporté que les femmes pratiquant une heure ou plus par jour d’exercice modéré avaient 30% de risque de moins de cancer du colon que celle qui ne pratiquaient pas. L’exercice protège également contre le cancer du sein.

Les études épidémiologiques sur le mode de vie nous donnent le pouvoir, aujourd’hui, de réduire notre risque de cancer.

Les fast-foods atteignent la Méditerranée; un régime alimentaire meurt

Le Dr. Michalis Stagourakis de Kasteli en Crête a constaté une transformation de sa pratique de pédiatrie au cours des trois dernières années, rapporte le New York Times. Les habituels rhumes et maux d’estomac de l’enfance sont maintenant parsemés d’affections bien plus sérieuses: diabète, hyper-tension, taux de cholestérol élévé. Un changement de régime alimentaire produit une épidémie d’obésité et de maladies conséquentes.

De petites villes, comme Kasteli, à l’ouest de la Crête, considérées comme le berceau du fameux régime méditerranéen bénéfique pour la santé – favorisant l’huile d’olive, les légumes frais et le poisson – sont maintenant envahies de chocolateries, pizzerias, glaciers, distributeurs de sodas et fast-foods.
Le fait est que le régime méditerranéen, qui a été associé avec une plus grande espérance de vie, moins de maladies cardiaques et de cancers, perd du terrain dans sa région d’origine. Aujourd’hui, il est plus probable de le trouver dans des restaurants haut de gamme de Londres ou New York, que dans la jeune génération de pays comme la Grèce, ou 2/3 des enfants sont en sur-poids, avec les effets sur la santé que cela implique.
« Ici, vous voyiez des gens vivre jusqu’à cent ans, les gens étaient tous en forme et sveltes, » dit le Dr. Stagourakis. « Maintenant vous voyez des enfants qui vivront moins longtemps que leur parents. Cela fait peur. »
Cette inquiétude a été relayée par l’organisation Food and Agriculture des Nations Unies, qui a écrit dans un rapport cet été que le régime alimentaire traditionnel de la région s’était « détérioré et en état moribond. »
« C’est un régime parfait, mais quand nous examinons ce que les gens mangent maintenant, nous notons que le régime tant vanté n’existe plus, » dit Josef Schmidhuber, senior economist l’organisation alimentaire et auteur du rapport. « C’est devenu une notion théorique ».

La Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Maroc ont même demandé à l’Unesco de placer le régime eu rang de « élément intangible de l’héritage culturel », un témoignage de sa valeur essentielle et de son extinction potentielle.

En Grèce, 3/4 de la population adulte est en sur-poids ou obèse, le prire taux en Europe et de loin, selon les Nations Unies. Le taux de garçons de 12 ans en sur-poids a augmenté de plus de 200% entre 1982 et 2002 et a cru à un rythme encore plus rapide depuis.
L’Italie et l’Espagne ne sont pas loin derrière, avec plus de 50% des adultes en sur-poids, à comparer à environ 45% en France et aux Pays-Bas.
Aux Etats-Unis, 66% des adultes de plus de 20 ans étaient en sur-poids en 2004.
En Grèce, l’augmentation du nombre d’enfants gros a été particulièrement impressionnante, selon les parents et mes médecins.
Le marché pousse et les parents et écoles ne peuvent résister. La publicité orientée vers les enfants a envahi en force le pays, s ‘étendant dans les campagnes: publicité télévisée, stands dans les super-machés, en 2007, Coca Cola a sponsorisé un jeu sur l’alimentation saine.

Le régime traditionnel, faible en graisse saturées était basé sur les légumes, les fruits, des grains non raffinés, l’huile d’olive et un peu de vin – consommés tous les jours.
Poisson, noix, poulet, oeufs, fromage et sucreries étaient des ajouts hebdomadaires. La viande rouge, le sucre ou la farine raffinés, le beurre et d’autres huiles ou graisses étaient rarement consommées.

Il y a une génération, le régime typique dans tous les pays méditerranéens était en accord avec les recommandations de l’OMS, de ne consommer que moins de 10% de calories provenant de graisses saturées et moins de 300 milligrammes de cholestérol par jour.
Aujourd’hui, le régime typique dans ces mêmes pays dépasse largement ces limites. En Grèce, la consommation journalière moyenne de cholestérol a augmenté à 400 milligrammes contre 190 en 1963. Au Portugal, la consommation est passée de 155 à 460 milligrammes.

Contrairement aux Etats Unis, où l’obésité est plus prononcée chez les adultes que chez les enfants; dans le bassin méditerranéen, l’augmentation de problèmes de poids a été plus rapide chez les jeunes. Le goût des parents va plus vers des régimes plus traditionnels.
Une étude de l’OMS l’an dernier a montré que parmi les enfants de la première moitié de l’école primaire, 35.2% étaient en sur-poids en Espagne – le taux le pire – et 31.5% au Portugal. Le taux le plus bas était en Slovaquie (15.2%), France (18.1%) et Suisse (18.3%). La Grèce n’était pas dans le champ de l’étude.

Dans la Crète traditionnelle, il n’était pas nécessaire de compter les calories. Les gens étaient pauvres, leur nourriture était produite à la maison et demandait plus d’effort physique.