Le récent coup de billard à trois bandes tenté par Guillaume Pépy, le flamboyant nouveau patron des cheminots, s’est transformé en coup de Trafalgar.
Alors que le torchon brûle entre la SNCF et Réseau Ferré de France, Guillaume Pépy a téléguidé le sénateur UMP du Haut-Rhin Hubert Haenel, spécialiste du rail, pour dégommer RFF.
Après avoir fait des pieds et des mains auprès du gouvernement pour se voir confier il y a quelques mois la réalisation d’un rapport sur l’organisation du rail, l’élu a rendu son travail début octobre. Contraires au développement de la concurrence, ses propositions ont suscité les foudres de Bruxelles. Et la grande consternation du gouvernement déjà dans le collimateur de la Commission européenne.
Ex-administrateur de la SNCF, Haenel proposait peu finement de réduire comme peau de chagrin les pouvoirs de RFF. Et de confier à une filiale de la SNCF la question stratégique de la fabrication et de l’attribution des sillons - l’équivalent des créneaux horaires dans l’aérien – aux compagnies ferroviaires. Un véritable retour en arrière incompatible avec l’ouverture de la concurrence. Or le gouvernement souhaite au contraire un transfert complet vers RFF gestionnaire du réseau de cette compétence exercée historiquement par la SNCF. Mais impossible aujourd’hui de l’annoncer clairement sans réveiller les foudres des syndicats cheminots.
Cerise sur le gâteau, Bussereau s’est payé Pépy devant les journalistes au sujet des ruptures de caténaires à répétition pas « toujours dues à une usure des câbles mais parfois à des mauvaises manipulations des pantographes par les conducteurs de train de la SNCF », a déclaré le secrétaire d’Etat aux transports.
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