Racisme, antisémitisme et xénophobie s’étendent en Russie

(Racism, anti-semitism and xenophobia grow in Russia)
Le 26 janvier 2005, lors du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Vladimir Poutine, avait dit sa honte de voir resurgir l’antisémitisme dans son pays. Quinze mois plus tard, le discours xénophobe est présent partout (surtout via Internet), les formations ultranationalistes sont plus actives que jamais et les meurtres racistes se multiplient…

Des appels à la chasse au faciès, véritables ratonnades sont lancés, par le groupe "Patrouille blanche", dans bon nombre de villes.
"Patrouille blanche" est moins inquiétée que le Comité des mères de soldats, que le pouvoir se proposait récemment de dissoudre.

Le 4 novembre, proclamé jour de l’"unité nationale" par le Kremlin, plus d’un millier de manifestants ont défilé dans les rues de Moscou. Ils ont clamé des slogans racistes contre les "mafieux caucasiens" et contre les "trafiquants de drogue tadjiks", et effectué le salut nazi sans être inquiétés.
Le racisme ambient frappe les caucasiens, les asiatiques, les juifs, les africains, les tziganes (lire l’article en anglais de Wikipedia ).

Les meurtres racistes se multiplient, dans l’indifférence générale

Ratonnades

Le 24.06.2006, un tadjik a été tué à coups de couteau, en plein jour à Moscou.
Deux jours plus tôt, c’est un Arménien de 17 ans, qui était poignardé à mort au beau milieu de l’après-midi, sur le quai de la station de métro Pouchkinskaïa, en plein centre de la capitale russe. L’avant-veille, à Saint-Pétersbourg, un étudiant indien,  avait survécu par miracle à une attaque au couteau alors qu’il sortait de chez lui.
A chaque fois, les agresseurs (des néonazis) ne sont jamais pris sur le fait. Dans le cas du jeune Arménien, la bande de jeunes crânes rasés et blousons noirs qui se l’ont agressé a pu reprendre le métro sans que personne ne réagisse.
On dénombre 10 morts et une victime dans le coma, officiellement recensés, depuis le début de l’année. Ces agressions ne soulèvent aucune émotion de l’opinion publique et ni dans les milieux politiques.
La consigne suivante circulait parmi les ressortissants au physique non slave : ne sortir à aucun prix jeudi 20 avril, jour anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler, de peur d’être pris dans l’une des ratonnades organisées par les néonazis.
Deux jours après l’agression mortelle de Viguen Abramiants, la police a annoncé l’arrestation de son assassin, mais ses neuf complices courent toujours. La police et les juges seront-ils aussi peu enclins que par le passé à qualifier ces crimes de "racistes" ?
En février, sept jeunes jugés à Saint-Pétersbourg pour l’assassinat à coups de couteau d’une fillette tadjike de 9 ans, ont été condamnés à des peines minimes (de dix-huit mois à cinq ans de prison).

En dehors de ces crimes évoqués par les médias, de nombreuses agressions sont passées sous silence parce qu’elles se produisent en province éloignée. Dans un rapport publié en décembre 2005, le centre de recherche Sova sur la xénophobie et les crimes racistes, rapporte des pogroms déclenchés, en août, contre des Tsiganes installés dans des baraquements de fortune à Rakhia (région de Saint-Pétersbourg) et à Iskitim (région de Novossibirsk). A Iskitim une fillette de 8 ans a été brûlée et a succombé.

Assassinats ciblés

  • le 7 avril, d’un étudiant sénégalais de Saint-Pétersbourg et défenseur des droits des Africains de Russie, tué d’un coup de fusil à bout portant, en pleine rue.
  • le professeur Nikolaï Guirenko, un expert des groupuscules néonazis russes, criblé de balles, il y a un an, à travers la porte de son domicile.

Les antinazis ont peur. Le 11 avril 2006, des jeunes ont manifesté à Saint-Pétersbourg contre la montée de la xénophobie et l’ont fait en se couvrant le visage de masques et d’écharpes. Les groupuscules nazis prenaient des photos qu’ils diffusaient ensuite sur leurs sites accompagnées d’appels au meurtre.

Propos tenu par certains hommes politiques bien en place

  • Récemment, Sergueï Babourine, député de la Douma, a expliqué, sur la chaîne NTV, que le vrai problème était celui des agressions perpétrées par des étrangers contre des citoyens russes et non l’inverse. Evoquant l’incursion d’un jeune néonazi dans une synagogue de Moscou le 11 janvier (8 blessés à l’arme blanche), le député a cru bon de préciser pour minimiser les agressions, qu’après tout, "les premiers coups de couteau avaient été portés à un citoyen tadjik".
  • En 2005, les députés de la Douma se prononçaient pour l’interdiction des organisations juives, soupçonnées de "pactiser avec le diable".
  • Le maire de Moscou, Iouri Loujkov, alors que le toit d’un marché couvert  de Moscou s’était éffondré, le 23 février, tuant 63 vendeurs (45 Azéris, 9 Géorgiens, 6 Tadjiks, 3 Ouzbeks), s’est empressé de déclarer qu’il "n’y avait là aucun Moscovite". Sans commentaire…

(Source: Le Monde du 26.04.2006)

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1 Réponse à “Racisme, antisémitisme et xénophobie s’étendent en Russie”


  1. 1 rayan

    que pouvons nous faire malheureusement face à des animaux pareil on vit dans un monde où l’on peut tuer sans être inquiéter, massacrer des enfants sans aucun remord.
    Ce monde m’effraye lorsque l’on sait que l’on peut mourrir juste pour sa religion ou pour sa couleur de peau.

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