Inde contre Chine, le grand match du XXIe siècle

Malgré les discours amicaux de façade, l’Inde et la Chine vont se livrer une lutte sans merci sur d’énormes dossiers…

Le rattrapage économique de l’Inde et de la Chine sur les pays les plus riches sera un des faits les plus marquants de la première moitié du siècle.
Sauf crise majeure, la Chine aura, en 2035, le produit intérieur brut (PIB) américain et l’Inde, le PIB japonais.

Quels sont les principaux terrains du match qui se prépare?

Indépendance énergétique ?
Vainqueur la Chine.
Elle est bien plus avancée dans ses rapports avec les producteurs de pétrole, l’Arabie saoudite, l’Iran, le Venezuela, le Soudan, le Nigeria.
Les Chinois ont fusionné certaines entreprises pétrolières pour obtenir une taille critique, ce n’est pas le cas en Inde.
En 2035, la Chine sera dépendante à 75 % sur ses approvisionnements pétroliers. Mais dès 2015, l‘Inde le sera à 95 %. Ce pays va devoir développer une stratégie sur les mêmes terrains que la Chine, comme le montre la rivalité actuelle sur le pétrole et le gaz birman.
On aura une concurrence de plus en plus forte forte qui ne sera pas favorable à la stabilité des cours du pétrole.

 L’Inde est connue pour ses entreprises informatiques, la Chine, pour ses usines à bas coût. Ces rôles vont-ils perdurer ?
La Chine ne se contentera pas de rester l’atelier du monde et l’Inde, le bureau du monde.
La Chine va effectuer une percée vers des secteurs à plus haute valeur ajoutée. Elle forme 700 000 ingénieurs par an, trois fois plus que l’Inde, et reçoit une masse d’investissements étrangers telle qu’au bout du compte elle va bénéficier de transferts de technologies. D’ici cinq à dix ans, le choc Inde-Chine sera frontal en informatique, en biotechnologie, par exemple.

 L’Inde est en passe de rattraper la Chine sur le plan démographique. Cela va-t-il influer sur leur rivalité ?
La Chine vieillit rapidement. Sa population active va décroître à partir de 2015 et pourrait réduire de 1 % à 2 % par an sa croissance à long terme. Le nombre des 15-30 ans baisse. Or ce sont ces jeunes célibataires travaillant dans les usines pour de bas salaires qui constituent un de ses avantages concurrentiels. D’où la nécessité pour le pays de faire monter son industrie en gamme.
L’Inde a un avantage démographique incontestable. Sa population, très jeune, va continuer à augmenter.
Par contre, son système éducatif, très élitiste, pose problème : seuls 53 % des enfants dépassent cinq ans d’études alors qu’en Chine 98 % des enfants ont une scolarisation normale. La Chine, elle, a moins d’élites, mais sa population est bien formée pour répondre aux impératifs de production de l’industrie.

L’indien Mittal Steel convoite Arcelor, à quand les prochaines cibles occidentales?
Plusieurs grands groupes indiens et chinois sont assis sur des "tas d’or".
Les groupes chinois mono-produits vont devoir se diversifier et acquérir des firmes étrangères. Question de survie. Cela les amènera à racheter des sociétés pas toujours en bon état, comme le Japon dans les années 1980, qui donnait l’impression de racheter le monde. En 2005 les chinois étaient prêts à offrir 18 milliards pour l’américain Unocal ! L’opération a échoué, mais elle donne la mesure des fonds qu’ils sont désormais prêts à débourser, notamment dans l’énergie.

Les groupes indiens et chinois vont-ils remplacer les occidentaux dans les pays émergents ?
Ce sont des marchés stratégiques pour eux. C’est actuellement leur première cible d’investissements et d’exportations. La Chine est déjà un acteur majeur en Afrique, en Iran…, quasi dominant en Algérie. La concurrence avec les occidentaux va être de plus en plus rude.

Les prévisionnistes pensent que la croissance indienne pourrait être supérieure à celle de la Chine après 2015. L‘Inde a-t-elle un avantage sur le long terme ?
L’économie indienne, opérant dans une démocratie, offre l’image d’un développement plus stable. Le système juridique y fonctionne avec moins d’ingérences politiques qu’en Chine. Le système financier y est également beaucoup plus sain. Quant au risque politique, ce n’est pour l’Inde qu’un changement de majorité. Pour la Chine, c’est un changement de régime…

 A lire : Chine-Inde, le match du siècle (Gilbert Etienne, Presses de Sciences Po), Gouvernance, coopération et stratégie des firmes chinoises (Xavier Richet, Jean-François Huchet, Editions de L’Harmattan).

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1 Réponse à “Inde contre Chine, le grand match du XXIe siècle”


  1. 1 Jakouille la fripouille

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