Pour la presse étrangère, la révolte contre le CPE dénote “une haine caricaturale de l’entreprise” et rend le pays “précaire… pour les investisseurs”.
Pour l’éditorialiste du New York Times
Pour la seconde fois en quatre mois, les rues françaises sont remplies de policiers anti-émeute, de gaz lacrymogène et de jeunes qui saccagent tout. Mais la similitude est trompeuse.
En novembre, c’étaient les fils des immigrants africains, dans leurs mornes banlieues qui se révoltaient contre le manque d’emplois, de perspectives. Il était difficile de ne pas éprouver de la sympathie pour leur cause, et de l’indignation pour leur réponse.
Cette fois ce sont des étudiants privilégiés qui protestent contre ce qu’ils voient comme une agression contre la sécurité de l’emploi qu’ils considèrent comme un droit de naissance. Mais la réforme du droit du travail à laquelle ils s’opposent est indispensable et a été proposé par Dominique de Villepin en réponse, partielle, à ceux qui se révoltaient dans les banlieues…Les manifestants en France sont bien mal avisés…Les étudiants devraient cesser de ne penser qu’à leurs privilèges et tenir compte de l’appel lancé par Jacques Chirac, pour un dialogue créatif afin de résoudre les vrais problèmes auxquels sont confrontés leur génération.
“UNE HAINE CARICATURALE DE L’ENTREPRISE”
Le Boston Globe titre son éditorial, “Le pays marche à reculons vers l’avenir.”
Robert J. Samuelson du Washington Post titre sa chronique “Les Français nient l’évidence”. On y lit
Regardez le France, ses besoins sont nombreux : assimiler une population nombreuse et agitée d’immigrants et leurs enfants, payer les dépenses de santé et de retraite en augmentation, d’une population vieillissante et être compétitif dans l’économie mondiale. Mais son économie est terne. De 2001 à 2005, le taux moyen de croissance a été suelementde 1,6%. Par accident et construction, les français ont découragé le travail. Dans une étude récente l’OCDE rapportait :
. de 1994 à 2003 le taux de chômage des 25-54 ans était en moyenne de 9,9% ; celui des 15-25 de 24%,
. en 2003 les salariés français ont passé en moyenne 1.431 heures au travail, le troisième chiffre le plus bas des 26 pays avancés.
Cela ne peut continuer. En 2005, la population de ceux qui travaillent était 2,7 fois plus importante que celle des plus de 65 ans ; en 2020 elle ne le sera plus que deux fois. Une partie de la France – travaillant déjà un nombre d’heure réduit- paiera une part de plus en plus importante des coûts de santé et de retraite en augmentation.
Tôt ou tard, la France devra prendre des mesures qui réduisent le chômage, rallongent la durée du travail, augmentent l’âge de la retraite et réduise les avantages promis.
En France le code du travail rend les licenciements complexes et coûteux…
Toutes ces protections réduisent, perversement mais comme on pouvait s’y attendre, la création d’emploi. Les sociétés n’embauchent pas parce qu’il est difficile de licencier. C’est l’une des causes du chômage élevé.
Dans Le Temps de Genève, Jean-Claude Péclet , écris :
Il y a quelque chose de fascinant à voir les syndicalistes et fonctionnaires français afficher devant les caméras complaisantes leur «solidarité» avec les jeunes manifestants pour dénoncer le contrat première embauche (CPE). C’est comme si un couple de retraités occupant un appartement de 180 mètres carrés au loyer bloqué depuis dix ans descendait dans la rue avec les familles nombreuses qui ne trouvent pas à se loger.
La gauche conservatrice française se sert des étudiants comme d’un bouclier pour défendre ses propres intérêts. C’est honteux… Le CPE était une tentative, peut-être maladroite mais sincère, de faciliter cette recherche de travail. Le voici rejeté, vomi de toutes parts. On n’a pas assez souligné ce que révèle ce rejet: une haine viscérale, caricaturale de l’entreprise, symbole de toutes les exploitations.
Car si les patrons soutiennent le CPE, cela ne peut être que pour mieux se remplir les poches en jetant les employés, arguent les manifestants. Que la grande majorité des chefs d’entreprise n’aient aucun intérêt à transformer la leur en carrousel, qu’ils préfèrent investir dans les gens compétents et motivés, qu’ils aient simplement besoin d’un petit peu d’air pour équilibrer leurs comptes à la fin de l’année, voilà qui n’effleure pas l’esprit des opposants…
Le voilà le vrai divorce, entre une rue qui condamne sans savoir et des milieux économiques qui expliquent sans convaincre. Les politiciens devraient faire bloc derrière le premier ministre. Mais à un an des élections, ils ont leurs propres soucis d’embauche
George Melloan, chroniqueur au Wall Street Journal a une autre explication, face au blocage actuel :
La jeunesse, naïve, est exploitée par les syndicats qui savent exactement ce qu’ils font – défendre un système qui protège les salariés syndicalisés au détriment des chômeurs. Les manifestations sont le moyen utilisé par les syndicats pour montrer au gouvernement qui est le patron.
“UN PAYS PRÉCAIRE… POUR LES INVESTISSEURS” Le milieu des affaires ne reste pas insensible à la situation. Emmanuel Garessus titre dans Le Temps « La France précaire… pour l’investisseur ». Il poursuit :
Une grève de trop? L’image de la France ne cesse de se détériorer auprès des investisseurs internationaux. Dans le tourisme par exemple, l’un de ses points forts, Kuoni vient d’en témoigner. Les conflits de ce printemps réduiront encore l’attrait du pays.
Le refus d’accepter la concurrence, source de croissance et d’innovation, assure le soutien des syndicats. Mais les investisseurs, que personne ne considère comme des créateurs d’emplois, préféreront d’autres tropiques. Iriez-vous dans un pays en conflit permanent pour réaliser vos projets?
La défense du modèle social de nos voisins augmentera donc les problèmes sociaux. Un modèle? Le taux de chômage des moins de 25 ans y est le plus élevé d’Europe, quatre fois supérieur à celui de la Suisse, parce qu’on limite à l’extrême le droit de licencier.
Le pays des Lumières se referme sur lui-même, multiplie les barrières au commerce. A l’indice de la liberté économique, il est 44e. Un rang derrière l’Italie. Préoccupée, plus par les présidentielles que par sa jeunesse sous-occupée, la France n’a pas fini de souffrir de sous-investissement.
L’image de la France à l’étranger en prend un coup. Que va-t-il être de l’investissement de capitaux étrangers ?
pourquoi les français refuse-t-il la précarité?
“pourquoi les français refusent-t-il la précarité?” Parce qu’ils n’ont pas compris que c’est le passage obligé pour créer des emplois. Il faut dire qu’on le leur a très mal expliqué! Ce n’est pas la seule condition, mais c’est l’une des conditions.
Il y a d’énorme contre-vérité dans ce que raconte ces journaux. (volontairement que des journaux de droite ?)
par exemple :
Au niveau de l’investissement de capitaux étrangers en France, il faut faire attention à ce que l’on lit :
http://www.lexpansion.com/3944/5...
Pour le syndicalisme, Mr. George Melloan, chroniqueur au Wall Street Journal devrait se renseigner avant d’écrire des énormités; en France, les revendications des syndicats et la réussite des négociations profitent à tous les salariés d’une entreprise et pas seulement à ceux qui sont du syndicats qui signe les accords. Par contre, aux Etats-unis, en Angleterre, en Allemagne, il faut être syndiqué pour pouvoir bénéficier de tel ou tel avantage négocié par son syndicat ce qui explique que la France est 1 des pays industralisés ou le taux de syndicalisation est le plus faible. Cela explique aussi que le poid des syndicat étranger est plus important qu’en France et qu’ils ont moins besoin de revendiquer dans la rue même s’il n’y a pas qu’en France que les gens descendent dans la rue : http://www.metrofrance.com/site/...
Mais c’est bizarre, on montre rarement les grèves de l’étranger à la TV française, pourtant sur Euronews ou autres chaines généralistes étrangères accessibles en France, ont constate qu’en allemagne, en angleterre, en belgique, en espagne… les gens aussi manifestent dans la rue…
Pour les medias US, la France est idéologiquement “malade”
Caricature et outrance. C’est le crédo des medias américains à propos du conflit anti-CPE et de son cortège de millions de manifestants. Les éditorialistes US semblent ne pas comprendre qu’un peuple, petit village gaulois au demeurant, puisse avoir…
sauf que tu ne retiens que ce petit bout alors que plus haut "Ce mouvement de vingt-quatre heures, le plus important du pays depuis la grève générale de 1926 selon les syndicats, a été très suivi d’après les premières estimations, qui chiffraient jusqu’à 1,5 million le nombre de grévistes."
Tout ça pour dire comme dans l’article de l’Expansion qu’il faut se méfier de ce que l’on lit dans les journaux…