La technologie de la Grèce antique était beaucoup plus sophistiquée que l’on le pensait

Par Jakouiller le jeudi 30 novembre 2006 à 21:50

La « Machine d’Anticythère » commence à révéler ses secrets. La publication d’études conduites par une équipe de chercheurs nous montre un monde Grec antique ayant un savoir-faire technologique beaucoup plus élevé qu’imaginé jusqu’à présent…
(à gauche, reproduction de la machine)

En 1900, près de l'île grecque d'Anticythère, 82 pièces d’une étrange machine, avec des roues en bronze de bronze corrodé sont repêchés. Ils comportent des roues dentées, présentant des graduations et des inscriptions astronomiques.
Les historiens de la Science ont conclu qu’il s’agissait d’un instrument qui calculait et illustrait des informations astronomiques, particulièrement les phases de la lune et le mouvement des planètes, au second siècle avant JC. On appelle depuis ce mécanisme la « Machine d’Anticythère ».

A l'automne 2005, une équipe de chercheurs des universités de Cardiff, d'Athènes et de Thessalonique décide de venir à bout de l'énigme.
Un scanner à rayons X révèle, avec une précision de 50 microns et en trois dimensions, les moindres rouages de la machinerie. Plus de 2 000 caractères grecs ou glyphes (symboles graphiques), gravés sur les pièces ou sur des fragments de feuilles de bronze, sont aussi déchiffrés.
Les chercheurs, conduits par le mathématicien Tony Freeth et l’astronome Mike G. Edmunds, de l’université de Cardiff, au Pays de Galles, of the University of Cardiff, Wales, présentent maintenant leurs résultats dans la revue Nature du 30.11.2006,
sous le titre, « Decoding the ancient Greek astronomical calculator known as the Antikythera Mechanism ».

Ils déclarent que leurs découvertes montrent que les inscriptions étaient liées aux mouvements lune-soleil,  et que les roues étaient une  représentation des irrégularités de la corse orbitale de la lune, telles que théorisées par
l’astronome Hipparque, considéré comme le plus grand astronome de l’antiquité.
Le navire Romain qui transportait le mécanisme a coulé au large de l’île d'Anticythère vers 65 av. JC. Certains éléments suggèrent qu’il venait de Rhodes. Les chercheurs ont déclaré qu’Hipparque, qui vivait à Rhodes, aurait pu avoir conçu le dispositif.

Selon le Dr. François Charette, expert de l'instrumentation ancienne, il faudra attendre au moins 1.000 ans pour voir réapparaître des instruments d’une telle complexité. Quelques mécanismes et textes Arabes laissent a penser que de simples calendriers à roues ont existé a Bagdad autour de 900 ap. JC.

Il semble clair, dit-il que « beaucoup de l’époustouflante sophistication technologique disponible dans certaines parties du monde Grec et –Gréco-Romain n’ait pas été transmise plus loin. La roue, dans ce cas a du être réinventée. »

Une conférence internationale sur « la science et la technologie dans la Grèce ancienne » se tient actuellement à Athènes.

(Sources : JOHN NOBLE WILFORD, The NY Times, 30.11.2006 ; PIERRE LE HIR, Le Monde, 01.12.2006)

 
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Commentaires

  1. 1. Le vendredi 1 décembre 2006 à 11:10

    Ben on s'est croisé, sur ce coup là. Il est bien, ton billet. Je reviendrai plus souvent.

    Pierre Vandeginste

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