Les Français sont moroses
Par Jakouiller le dimanche 26 novembre 2006 à 15:49
Voici le volet 2 de cette mini série. Dans le volet 1 nous avions vu des français ayant une opinion tout juste passable de leur pays, peu attirés par leur travail et ayant une confiance médiocre dans les entreprises. Dans ce volet 2 nous allons nous intéresser avec toujours comme source L’Observatoire Ipsos-La Tribune aux aspirations de réformes...Un contexte générant des souhaits réforme, même si les Français restent très partagés sur les modalités de mise en oeuvre
Nul doute que l'état d'esprit très pessimiste des Français génère des attentes en matière de changements.
L’analyse des valeurs économique et sociales de nos concitoyens illustre pourtant à quel point s'il y a réforme, cette dernière sera difficile.
Les Français ont aujourd'hui une opinion majoritairement positive de la « valeur » entreprise (79%) mais aussi dans une moindre mesure de la réforme (58%) ou encore, plus étonnant, du libéralisme (54%).
Mais ils expriment dans le même temps un attachement très fort au service public (71% en ont une image positive) qui arrive en deuxième position, juste derrière l'entreprise. Ils expriment aussi une méfiance majoritaire vis-à-vis de la mondialisation (53% la perçoivent de façon négative).
Plus grave, on note que le libéralisme entraîne aujourd'hui des perceptions toujours très clivées politiquement. Si 72% des sympathisants de droite en ont une opinion positivent seulement 44% des sympathisants de gauche soutiennent la même opinion.
Nos concitoyens affichent donc aujourd'hui un attachement fort à des valeurs très différentes et qui dans l'hypothèse de réformes pourraient être contradictoires.
Question posée aux salariés :
Aujourd'hui Pour chacun des mots suivants, dites-moi s'il vous évoque quelque chose de très positif, plutôt positif, plutôt négatif ou très négatif
(Cliquer sur le tableau pour le voir entièrement)

Une opinion coupée en deux sur la nécessité de « rupture »
La notion de « rupture » divise les Français en deux.
Seule une infime minorité (4%) est partisane d'un statut quo fondé sur l'idée qu'il n'y aurait « pas besoin de mettre en place de grandes réformes ou des aménagements » car « jusqu'à maintenant les choses fonctionnent plutôt bien comme ça ».
Les partisans de la « rupture » appartiennent avant tout à cette France active qui travaille plutôt dans le secteur privé (à 53%), qui est en âge de travailler, les 35-59 ans sont favorables à la rupture à 55%, et où les catégories supérieures sont surreprésentées. Constituant le cœur de l'électorat de droite, les sympathisants de droite et d'extrême droite sont acquis à la rupture à 60%, ces Français partagent une vision négative de l'Etat, des services publics et des syndicats et soutiennent toutes les mesures d'inspiration libérale proposées à droite pour améliorer le modèle social français.
Les partisans de simples aménagements se situent pour beaucoup dans cette France des inactifs (favorables à des simples aménagements à 53%), souvent en début (18-24 ans) ou en fin de période d'activité (70 ans et plus), et qui ont une image positive de l'Etat (53%) et du service public (50%). Touchant une majorité de sympathisants de gauche (58%), cette attitude va de pair avec une hostilité à toutes les mesures d'inspiration libérale proposées par la droite.
Question posée aux salariés :
Et actuellement, lorsque vous pensez à la situation générale en France, vous vous dites plutôt…
Les Français très sélectifs sur les propositions de réforme du modèle social
Interrogés sur des mesures remettant en cause, d'une manière ou d'une autre, leur modèle social, les Français s'avèrent beaucoup moins rétifs aux réformes qu'il n'y paraît. Cependant, rares sont celles qui font un véritable consensus.
Réformes auxquelles les français sont majoritairement favorables
L'alignement des régimes spéciaux de retraite sur le régime général est la seule mesure à faire l'unanimité. Plus des deux tiers des Français s'y disent favorables et même les salariés du secteur public (à 62%) et les sympathisants de gauche (à 65%) le sont.
La mise en place d'un système scolaire plus sélectif est largement soutenue par les Français (à 59%) mais elle soulève l'opposition des sympathisants socialistes et communistes (à hauteur de 53%) et surtout des moins de 25 ans (53%) connus pour être une population à risque en matière de manifestation.
L'assouplissement des règles du code du travail en ce qui concerne les conditions d'embauche et de licenciement des salariés est nettement soutenu par les Français (57%), soulève le même type de clivages à part que les moins de 25 ans s'y montrent les plus favorables. Malgré l'épisode du CPE, les jeunes estiment donc que l'assouplissement du code du travail reste un moyen d'améliorer la situation du pays. Par contre, certaines catégories pourtant privilégiées sur le marché de l'emploi s'y montrent hostiles comme les cadres supérieurs (53%) ou les salariés du secteur public (51%).
La remise en cause des 35 heures est majoritairement soutenue par les Français (à 54% contre 44%). Mais au-delà du fait qu'elle est très clivante sur le plan politique (76% des sympathisants de droite y sont favorables, 61% des sympathisants de gauche y sont défavorables), cette idée suscite des mouvements d'opinion assez rares : les foyers au revenus les plus modestes (moins de 1200 €/mois) et ceux au revenus les plus élevés (3000 € et plus/ mois) affirment la même volonté de remise en cause contre la catégorie moyenne supérieure (entre 2000 et 3000 €) qui s'y oppose (51%).
Réformes auxquelles les français sont majoritairement défavorables
La suppression de l'impôt sur les grandes fortunes est rejetée (à 61%), de même que la diminution des allocations chômage (à 61%) et le recul de l'âge de la retraite (à 68%). Sur ces idées, un des éléments les plus importants à relever est le fait que même à droite, elles ne passent pas.
Question posée à tous les sondés :
Si demain les mesures suivantes étaient prises pour améliorer la situation actuelle de la France, est-ce que vous y seriez-vous personnellement tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé :


, présidentielles 2007
, sociéte ![[T]](http://static.technorati.com/pix/icn-talkbubble.gif)
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