Le Sunday Times du 29.10.2006, passe au vitriol les fastes de la présidence « à la Française », qu’ils soient Giscardiens, Mitterrandiens ou Chiraquiens. Il semble ignorer ceux de la couronne Britannique, il est vrai que c’est une monarchie…
Quand il était président, Valéry Giscard d’Estaing refusait d’avoir quiconque en face de lui à dîner, restaurant une tradition datant de la cour de Louis XIV. François Mitterrand n’hésitait pas à envoyer son chef en Bretagne pour la journée afin de rapporter des huîtres fraîches pour le dîner.
Depuis le Général Charles de Gaulle, les dirigeants Français ont été célèbres pour leur jouissance du pouvoir absolu : le pilote de Jacques Chirac sait bien qu’il ne faut pas atterrir quand le président fait un somme, même s’il faut faire des cercles à €6.000 l’heure.
Comme tant d’autres traditions Françaises, néanmoins, les privilèges extraordinaires du pouvoir sont attaqués alors que les gens sont fatigués par l’élite et que des politiciens plus jeunes, plus sensibles au pouls de l’opinion, s’apprêtent à s’emparer de l’Elysée.
Nicolas Sarkozy, 51 ans, probable candidat du centre-droit à l’élection présidentielle, a promis, s’il est élu, de n’accorder les appartements de fonction qu’à une poignée d’officiels comme le président et le premier ministre. Jusqu’à présent, ils étaient dispersés comme des confettis aux courtisans dans une tradition datant de la cour de Versailles.
Dominique de Villepin, a aussi semblé, pour une fois, sentir l’humeur du peuple : il a tenté de surpasser l’initiative de Royal en proposant de tenir le conseil des ministres devant les caméras de télévision.
« La Bastille doit tomber, » a déclaré le dauphin aux cheveux d’argent, et ancien diplomate de carrière, qui n’a toujours pas exercé de mandat électif. « Nous avons besoin de bouleverser nos habitudes. »
Il est temps. Le chef de l’Etat Français, bien que n’étant pas monarque, se comporte comme un monarque. Il semble souvent plus éloigné de son peuple que la reine d’Angleterre.
Le président n’a aucune obligation de détailler comment il dépense les €80 millions de son budget annuel (€30m de plus que la reine d’Angleterre).
Au début de sa présidence, Chirac insista de ne pas vouloir être un « monarque républicain » et raccourcit le mandat de sept à cinq ans. Il décréta la fin de l’utilisation des avions du gouvernement par les ministres (ce qui a été ignoré) et des chasses présidentielles extravagantes appréciées par Georges Pompidou et Giscard. Chirac montra peu d’empressement à réformer d’autres aspects de la vie du palais, et le budget a considérablement augmenté sous sa présidence. Il conserve la garde républicaine pour sa protection, est entouré de courtisans devenus experts de ses deux passions, le sumo et les arts premiers ; et il peut faire son choix parmi les nombreuses courtisanes, selon Bernadette, qui s’est plainte de l’attrait qu’exerce son mari pour les autres femmes.
Il a peut-être conservé son penchant pour la bière et la tête de veau, mais ne néglige pas sa cave.
Les visiteurs royaux ont été soufflés par la pompe déroulée pour eux par les présidents Français. Quand elle vint en France en 1991, Beatrix, la « reine cycliste » de Hollande, fut transportée à Paris par hélicoptère et escortée à une exposition par un cortège de 30 véhicules.
Elle a déclaré après : « Si je faisais cela à la maison, ils me couperait la tête ».
Mitterrand semble avoir eu tendance à imiter le Roi Soleil et a même tenu un sommet à Versailles au cours duquel le personnel de service était vêtu en costumes d’époque. Occasionnellement, il se faisait transporter au chateau en hélicoptère et demandait au personnel de tourner autour des fontaines en tenue pour son plaisir.
Il n’y avait pas de demi-mesures en matière culinaire. Retournant un jour à Paris après des conversations avec le roi du Maroc Hassan II, il demanda une tasse du même thé à la menthe que celui qu’il avait dégusté au Maroc. Son personnel ne pouvait reproduire la saveur exacte. Mitterrand fit chercher le « faiseur de thé » par avion spécial pour qu’il apprenne au personnel de l’Elysée à faire le thé.
Il est difficile d’imaginer des leaders comme Royal ou Sarkozy se comporter aussi capricieusement. Sarkozy, fanatique de fitness, s’est présenté comme un symbole de ruptures avec le passé. Il préfère même le coca au vin.
Comme pour sa rivale, et bien qu’elle porte un nom approprié pour la présidence, peut-ont l’imaginer suivre les traces impériales de Mitterrand.
(Source : Matthew Campbell, The Sunday Times, 29.10.2006)
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Terrible cette article, merci beaucoup…
toujours des billets de très grande qualité ici…
Il paraîtrait que ce n’est pas une fripouille qui écrit ces billets.!
Ah rumeur quand tu nous tiens !!!!!