Regain de tensions au parti socialiste…
Rebondissement : Jospin ne sera pas candidat…
Mauroy soutient Royal…
Regain de tensions au parti socialiste
L’étalage des rivalités socialistes a pris un tour nouveau avec le ralliement officiel du n°2 du PS, François Rebsamen, à Ségolène Royal. François Rebsamen a dans la foulée appelé explicitement Lionel Jospin à ne pas se présenter.
« Lionel Jospin, l’homme, le camarade qui a théorisé " Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis ", celui qui a déclaré au mois de juin : " Je ne serai pas un candidat de plus, je veux être une solution et non un problème ", fait chaque jour semble-t-il un pas de plus vers l’annonce de sa candidature. Il en a bien sûr le droit, mais en a-t-il le devoir ?…Le devoir de Lionel Jospin, en cette rentrée (…) c’est d’aider les socialistes à construire leur avenir avec les Français, c’est enfin se mettre à nos côtés au service de la victoire en mai 2007 qui seule lavera l’affront du 21 avril 2002. Pour toutes ces raisons, pour l’unité de notre patri, Lionel Jospin a l’impérieux devoir de ne pas se porter candidat à la candidature », écrit-il dans Le Monde daté du 28.09.2006.
Rebondissement : Jospin ne sera pas candidat et ne soutient pas Royal
Lionel Jospin a confirmé jeudi 28 septembre sur RTL qu’il ne prendrait pas part à la course à l’investiture présidentielle socialiste.
« Je crois que vous avez deviné, autour de la façon d’aborder la politique, du rapport aux citoyens, de la façon de considérer le Parti socialiste, qu’il y a un choix que je ne ferai pas en faveur d’un - ou d’une, pour être plus précis - des candidats », a-t-il expliqué.« Je suis moins que jamais à la retraite et moins que jamais en retrait », a-t-il prévenu avant de citer les raisons qui l’incitent à vouloir rester sur le devant de la scène politique socialiste: toutes liées implicitement à Ségolène Royal, qu’il n’a cependant pas citée.
Mauroy annonce son soutien à Royal
« Lionel Jospin a pris une décision sage et responsable », a estimé Pierre Mauroy le 28.09.2006. Au cours d’une conférence de presse, Pierre Mauroy a aussi officialisé son soutien à Ségolène Royal, en tête des sondages.
Le billet de Jospin (175 commentaires à 21h35) :
lioneljospin.parti-social…
Chers camarades,
Je ne serai pas candidat à la candidature dans notre parti pour l’élection présidentielle.
Cette décision a été difficile à prendre.
Depuis quelques mois, des militants, des responsables socialistes, des citoyens, cherchant qui pourrait le mieux, dans la présidentielle, apporter des réponses aux problèmes du pays et préoccupés des évolutions en cours au parti socialiste, souhaitent que je me présente et me le demandent souvent directement. Je les remercie chaleureusement de ce mouvement de confiance.
Je suis moi-même inquiet de l’idée que certains semblent se faire de l’élection présidentielle, de la distance qu’ils prennent avec les exigences de la gauche et de la façon dont ils entendent capter les suffrages des militants socialistes.
J’ai donc exprimé ma disponibilité et envisagé d’être candidat. J’ai pris part activement aux discussions de ces dernières semaines, tentant de situer les enjeux de la présidentielle et de rappeler les valeurs et les principes qui doivent guider un parti comme le nôtre dans son action politique. J’ai pensé que je pourrais, fort de l’expérience des campagnes de 1995 et de 1997, de mon action à la tête du gouvernement et de l’épreuve de 2002, conduire la gauche au succès et aider la France à relever les défis qui l’attendent.
Cependant, j’avais indiqué d’entrée de jeu qu’une candidature de ma part ne prendrait son sens que si elle entraînait un rassemblement, afin d’offrir un choix clair à nos militants.
Telle n’est pas la situation aujourd’hui, et la perspective de compter quatre ou cinq candidats sur la ligne de départ pour une telle occasion me semble déraisonnable.
J’ai le sentiment que le nombre de candidats, la force des pressions exercées sur le parti et dans le parti au nom de l’opinion et l’édulcoration probable du débat interne empêcheront une authentique confrontation des visions de la France, des conceptions de la politique et des personnalités.
J’ai été neuf ans le Premier secrétaire du parti socialiste. J’ai été deux fois son candidat à l’élection présidentielle. J’ai gouverné cinq ans avec son appui. Je ne veux pas, dans une situation déjà confuse et par une candidature de plus, contribuer à le fractionner.
Je serai bien sûr attentif au processus de désignation qui s’engage et à la parole de ceux qui en seront les acteurs.
Le candidat qui sera choisi par les socialistes lors du vote du 16 ou du 23 novembre sera le candidat de tous.
Au-delà de la campagne présidentielle que j’espère victorieuse, je défendrai les conceptions de la vie politique, du rapport aux citoyens, de la gauche et du socialisme démocratique qui sont essentielles pour notre avenir et auxquelles tant de Français sont attachés.
Avec mon amitié fidèle,
Lionel Jospin