La Suisse détrône les Etats-Unis à la première place de ce classement de 125 pays, publié chaque année par le Forum économique mondial.
« Les classements en tête de la Suisse et des pays Nordiques montrent que de bonnes institutions et un management macroéconomique compétent, couplés avec un niveau d’excellence en éducation et un ciblage de la technologie et de l’innovation, constituent une stratégie à succès pour développer la compétitivité dans une économie globalisée de plus en plus complexe, » déclare Augusto Lopez-Claros, Chef Economiste et Directeur du Réseau de Compétitivité Globale.
Les Etats-Unis, qui ont subi la plus forte chute du top 10, passant de la 1e à la 6e place, sont très bien notés pour l’innovation technologique, mais perdent des points du fait de la méfiance croissante des milieux économiques envers leurs déficits, leur endettement.
Dans l’Union européenne, l’Allemagne et le Royaume-Uni, en léger recul, se classent respectivement aux 8e et 10e places. La France perd six places pour se retrouver au 18e rang, victime de ses déficits et d’un marché du travail extrêmement rigide (99e rang pour ce critère).
« The Global Competitiveness Report 2006-2007 » : points marquants par pays
• La Suisse est pour la première fois au premier rang, ce qui reflète l’environnement institutionnel sain du pays, d’excellents infrastructures, des marchés efficaces et un haut niveau d’innovation technologique. Le pays dispose d’une infrastructure bien développée pour la recherche scientifique et les entreprises investissent généreusement en R&D, la propriété intellectuelle est forte et les institutions publiques sont transparentes et stables.
• Les USA, dégradés de la première à la 6e place, continuent de profiter d’un excellent environnement pour les affaires, de marchés efficaces et sont un centre global de développement technologique.
Néanmoins, la compétitivité globale est menacée par d’importants déficits macroéconomiques, particulièrement le niveau croissant de la dette publique associé à un déficit budgétaire répété. Son classement demeure vulnérable à un possible ajustement désordonné des ces déficits, incluant un déficit commercial historiquement élevé.
• Comme ce fut les cas ces dernières années, las pays Nordiques tiennent des places proéminentes dans le classement 2006, avec la Finlande (2), Suède (3), et le Danemark (4). Ils ont des excédents budgétaires et des niveaux d’endettements publics inférieurs à la moyenne du reste de l’Europe. Des politiques fiscales prudentes ont permis aux gouvernements d’investir massivement dans l’éducation, les infrastructures et le maintien d’une vaste palette de services sociaux. La Finlande, le Danemark et l’Islande ont les meilleures institutions du monde (classée respectivement 1, 2 and 3), et, avec la Suède et la Norvège, sont dans les 10 premiers pour la santé et l’éducation primaire. La Finlande, le Danemark et la Suède occupent les trois premières place de l’enseignement supérieur.
• L’Allemagne et la Grande-Bretagne occupent toujours des positions privilégiées, aux rangs 8 et 10. Dans le domaine de la sécurité des droits de propriété et de la qualité du système judiciaire, l’Allemagne est seconde. Par contraste, les deux pays ont un mauvais score pour leur environnement macroéconomique, l’Allemagne faisant le moins bien. Dans les deux cas, les déficits du secteur public et les niveaux d’endettement en hausse sont les causes principales. La Grande-Bretagne excelle en efficacité des marchés, bénéficiant des marchés financiers les plus sophistiqués du monde. Son marché du travail flexible et son taux de chômage bas contrastent fortement avec l’Allemagne, dont le monde des affaires porte le fardeau d’une réglementation du travail sclérosée. Mais l’Allemagne fait mieux que la Grande-Bretagne en innovation.
• La France chute à la 18e place dans le classement.
Le pays bénéficie d’une excellente infrastructure physique et son réseau de transports, son système énergétique et un rôle reconnu de leader en matière d’innovation technologique sont remarquables.
Le pays souffre d’un manque d’efficacité et de flexibilité du marché de l’emploi, mais les efforts constants du gouvernement pour combler ces carences ne sauraient qu’être applaudis. Le déficit public reste important et, avec lui, le ratio endettement public/PIB. Les dépenses publiques pourraient être mieux ciblées et la bureaucratie et les tracasseries administratives allégées.
• La position compétitive de l’Italie a continué à se dégrader, perdant 4 places à la 42e. La liste des problèmes est longue. L’environnement macroéconomique est faible, du à un budget en déficit pour les 20 dernières années. La situation fiscale s’est fortement détériorée depuis 2000 et le niveau d’endettement public dépasse largement les 100% du PIB l’un des plus élevé au monde. La mauvaise situation des finances publiques reflète des problèmes institutionnels plus profonds qui sont démontrés par des variables telles que l’efficacité des dépenses du gouvernement, le fardeau des réglementations, et plus généralement, la faible qualité du secteur public.
• Comme en 2005, la Pologne demeure le plus mauvais performer des économies de l’UE, au 48e rang, juste derrière la Grèce (47) et loin derrière l’Estonie (25), la République Tchèque (29) et la Slovénie (33). Les faiblesses particulières en Pologne proviennent d’un marché du travail très protégé et rigide, ce qui particulièrement dommageable dans un pays où le taux de chômage approche les 18%. Les faibles institutions, la corruption, la criminalité, le favoritisme, une justice influençable et un régime de propriété faible, sont des points négatifs. Des réformes en profondeur sont nécessaires en Pologne afin d’augmenter la productivité et rester compétitif face à des coûts du travail en hausse.
• La Russie est tombée du 53e au 62e rang. Le secteur privé a des sérieuses craintes avec l’indépendance de la justice et son administration. Le drait de propriété est extrêmement pauvre et se dégrade.
• Singapore et le Japon sont leaders en Asie, classés 5e et 7e, suivi de près par Hong Kong (11) et Taiwan (13). Ces économies sont caractérisées par des infrastructures de grande qualité, des marchés flexibles et efficaces, du personnel en bonne santé et bien éduqué, et l’accessibilité de technologies de haut niveau et de capacités innovantes.
• L’Inde est classée 43e avec d’excellent scores en innovation et sophistication de la gestion des entreprises
• le classement de la Chine est passé de 48e à 54e, caractérisé par des performances hétérogènes. Les points forts sont la croissance couplée à une faible inflation. Néanmoins des faiblesses structurelles demeurent, incluant un secteur bancaire largement contrôlé par l’état, un faible taux de pénétration des nouvelles technologies. Mais le plus inquiétant est la baisse de qualité de l’environnement institutionnel.

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