En Pologne, les ministres d’extrême droite font vaciller le gouvernement

Par Jakouiller le vendredi 22 septembre 2006 à 22:05

Le vice-premier ministre viré comme « fauteur de troubles », le ministre de l’éducation qui aligne les projets musclés de reprise en main de la jeunesse, font douter de la clairvoyance politique des jumeaux Kaczynski qui ont fait alliance avec les populistes et avec l’extrême droite catholique intégriste …

Le 05.05.2006, le parti Droit et justice (PiS) des jumeaux, Lech et Jaroslaw Kaczynski, actuellement, respectivement, président de la république et premier ministre de Pologne, avait scellé un accord de coalition avec le parti populiste Samoobrona (Autodéfense) d'Andrzej Lepper et la Ligue des familles polonaises  de Roman Giertych, de l’extrême droite catholique, qui ont tous deux fait leur entrée au gouvernement. Cette entrée de l’extrême droite, anti-européenne, au gouvernement Polonais avait inquiété en Pologne et en Europe

L’une de ces alliances vient de faire long feu.
Andrzej Lepper, le vice-premier ministre et ministre de l'agriculture, a été limogé brutalement, le 21.09.2006. « M. Lepper a eu la chance de participer à un bon gouvernement. Il n'a pas profité de cette chance et il est revenu à ses pratiques de faiseur de troubles. Nous ne pouvons en aucun cas le tolérer », a déclaré Jaroslaw Kaczynski.
Cette rupture replace, une fois de plus, le gouvernement en position minoritaire au Parlement. Si de nouvelles alliances ne sont pas trouvées, il ne resterait plus qu'à recourir à des élections anticipées. Le premier ministre avait, il y une semaine, déjà contacté la libérale Zyta Gilowska, pour qu'elle reprenne sa place de ministre des finances.
Zyta Gilowska avait démissionné en juin 2006 suite à des accusations de collaboration avec l'ancienne police communiste. Elle a été officiellement blanchie début septembre. Mme Gilowska pourrait permettre à M. Kaczynski de faire voter le budget par la droite modérée en s'affranchissant des exigences de Lepper.

L’autre « extrémiste » de la coalition au pouvoir, le ministre de l'éducation, Roman Giertych, 35 ans, chef de file de la LPR, a lui aussi fait des vagues.
Il a multiplié les propositions de reprise en main système éducatif : le port de l'uniforme deviendrait obligatoire ; une nouvelle matière, « l'éducation patriotique », serait introduite ; la note de comportement serait décisive pour le passage en classe supérieure ; la religion deviendrait une matière obligatoire du baccalauréat ; au titre de sa bataille antidrogue, il voudrait instaurer des systèmes de surveillance vidéo dans toutes les écoles.
Profitant de la rentrée scolaire, il vient à nouveau de défrayer la chronique en rendant public un projet de créer, d'ici deux ans, des établissements disciplinaires pour les élèves à problèmes, ces écoles étant placées sous la coupe de militaires à la retraite. De nombreux enseignants s'élèvent contre la tournure idéologique des réformes que Giertych veut faire appliquer.

(Source : Célia Chauffour, Le Monde du 23.09.2006)

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Fuzz

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