C’est du moins ce que l’on est en droit de penser d’elle en lisant « La Prétendante » et la lettre ouverte que lui adresse Bernard Poignant, député européen du parti socialiste…
Dans un billet récent, j’évoquais trois livres traitant du cas " Ségolène Royal " parus en cette rentrée.
L’un d’eux, " La Prétendante " révèle là façon dont la candidate à la candidature trouve ses " idées".
Extrait du livre de Cassandre, « La Prétendante », Chapitre 14 :
Dans son livre « La Vérité d’une femme », publié en 1996, Mme Royal se fixait douze commandements.
1) Ne crois pas avoir toujours raison : l’élection donne une légitimité, pas une compétence universelle.
2) Ne fais pas dépendre ta vie personnelle de ta vie politique : tu dois rester un homme ou une femme libre.
3)…
…
Mme Royal est-elle une faussaire qui n’aurait pas écrit ces commandements figurant pourtant au cœur de sa « vérité d’une femme » ? La question est réellement posée depuis que le député socialiste européen Bernard Poignant, ancien maire de Quimper, nous a adressé cette missive courroucée, une fois lue la première version de La Prétendante. Voilà en effet ce qu’il nous écrivait le 1er septembre 2006 :
Je termine la lecture de votre livre La Prétendante, bien documenté.
Le chapitre 14 intitulé « Les douze commandements d’une femme » m’a interloqué, n’ayant pas lu le livre de Ségolène Royal, La Vérité d’une femme. Les 12 commandements sont la reprise quasi intégrale des miens. (…) Il m’est arrivé d’en parler et beaucoup d’amis politiques m’en ont demandé une copie. Evidemment j’aurais aimé que soit rendu à César ce qui est à César. Mais on ne peut demander cela à Dieu. Bien à vous que je connais peut-être.
Le député européen nous a joint la copie d’un article de mars 1989 du Télégramme, sous le titre « Bernard Poignant : les dix commandements », qui reproduit mot pour mot 9 des 10 maximes politiques du député.
1. Ne crois pas avoir toujours raison : l’élection donne une légitimité, pas une compétence universelle.
2. Ne fais pas dépendre ta vie personnelle de ta vie politique : tu dois rester un homme libre.
3. [idem pour les autres maximes, copiées mot à mot] »
…
De quoi le faire enrager, à juste titre. De quoi surtout renforcer une image de la véritable Ségolène Royal prompte à « emprunter » les idées des autres, cachant ainsi le vide qui lui est si souvent, et si justement, reproché… Dans un livre qu’elle signe, qui comporte dans son titre le mot « vérité », Mme Royal se comporte en plagiaire de bas étage.
Que penser d’une responsable politique briguant aujourd’hui les plus hautes fonctions, capable au nom de sa vérité (n’insistons pas trop sur ce possessif très partageur…) de s’approprier celle d’un autre ?
Et la question reste plus que jamais justifiée : arrive-t-il parfois à Mme Royal d’exposer ses propres idées, avec sincérité, si d’aventure ce mot lui dit quelque chose ?
Le 08.09.2007, Bernard Poignant a d’ailleurs adressé une lettre ouverte à Ségolène Royal.
Extraits de la lettre ouverte de Bernard Poignant à Ségolène Royal :
Chère Ségolène,
La période est propice à quelques lectures. J’ai ainsi parcouru le livre que tu as publié en 1996, intitulé « La Vérité d’une femme », aux éditions Stock. Je ne l’avais pas lu à sa parution. C’est un beau titre et il m’a incité à approfondir l’idée même de vérité. Le chapitre II traite de la morale de l’action, encore un beau titre qui m’a encouragé à t’écrire ma surprise.
En effet, pages 62 et 63, tu énumères 12 principes qui guident ta philosophie dans la vie politique….
Le problème est simple : ces principes ont été presque tous écrits par moi en mars 1989 et publiés par le journal « Le Télégramme » les 9 ou 10 mars de cette année-là.
…
Je te joins une copie pour servir de preuve. Je me suis senti flatté de cette reprise, mais floué de ne pas être reconnu dans mon droit d’auteur. Il s’agit en effet d’une écriture personnelle, une sorte d’intimité politique qui ne peut être reprise comme une proposition ou une analyse. Si tu n’avais pas sollicité la charge suprême de conduire l’Etat je ne l’aurais sans doute jamais su et, dans le cas contraire, n’aurais pas réagi. Mais l’idée que je me fais de la fonction présidentielle m’interdit de penser que la morale de l’action se réduit à un copier-coller.
…
Je suis sûr que tu sauras rétablir les choses quand l’occasion se présentera. En attendant je t’assure de mon amitié socialiste.
Ancien maire de Quimper
(Source: Le Nouvel Obs du 08.09.2006)
A la place du ‘ célèbre ‘ député Européen, qui ne manque pas d’humour, je me sentirais flatté du fait qu’une candidate à la présidence de mon pays reprenne à son compte mes idées PHILOSOPHIQUE et je lui proposerais mon concours pour la suite.