Les élections présidentielles américaines 2008 (2), situation début juillet 2006

Par Jakouiller le samedi 1 juillet 2006 à 11:40

Voici le point sur les principaux candidats déclarés, ou potentiels, au début du mois de juillet 2006. La liste des cinq démocrates et des cinq républicains les mieux placés pour remporter la nomination de leur parti, acceuille deux candidats potentiels, poids lourds, l’ancien vice président Al Gore (A lire « Un écolo à la Maison Blanche ? ») et l’ancien président de la Chambre des représentants, Newt Gingrich…

Il y a des similitudes entre Gore et Gingrich. Les deux ont débuté très jeunes en politique et vite étiquetés « étoiles montantes ». Les deux ont remporté de substantiels succès initiaux et furent sur le point d’un grand triomphe avant d’être descendus en flèche et de disparaître de la politique. Et maintenant, ils sont, les deux, de retour dans la vie publique, et pressés par des membres de leurs partis d’entrer en course pour la présidence.
A la date du 01.07.2006, Gingrich a montré plus d’intérêt à une candidature potentielle que Gore, mais aucun des deux n’a statué sur une tentative.

Les candidats sont listés alphabétiquement.
Pour voir les bios des candidats, prière de se reporter au premier billet de la série, sur la situation début mai 2006.
 

LES DEMOCRATES

Evan Bayh: selon le « Des Moines Register » (Des Moines, capitale de l’Iowa, premier état où se déroulent les primaires), cette semaine, Bayh et le seul Démocrate pour 2008, autre que le gouverneur de l’Iowa, Tom Vilsack, qui ait un staff politique dans l’état de « l’œil du faucon ».  L’approche méthodique de Bayh vers la nomination, paiera peut-être. Mais, à un moment Bayh devra montrer qu’il plus qu’un « candidat méthodologique » et qu’il est capable d’énergiser les électeurs démocrates de base.

Hillary Rodham Clinton: le recrutement par Clinton de Peter Daou et Jesse Berney – deux éminents bloggers libéraux (de gauche) – est une preuve de plus qu’elle prépare une candidature 2008. Les problèmes de Clinton avec la gauche du parti sur l’Irak sont toujours là, et son équipe doit trouver le moyen d’apaiser la gauche avant le caucus de l’Iowa où le sentiment anti-guerre sera élevé. Il y a plus de lacunes dans la candidature de Clinton qu’il y a un an, mais sans Gore, elle reste le favori.

John Edwards: Edwards est le démocrate qui a eu le meilleur mois de juin. Sa première place dans le sondage sur la primaire du « Des Moines Register »  montre qu’Edwards a conservé beaucoup de sympathie. Il reste toujours à prouver qu’Edwards pourra ouvrir le robinet au début de l’an prochain, et lever les $10+ millions nécessaires pour rester compétitif.

Al Gore: En parlant aux anciens assistants et alliés du vice président, vous obtenez des réponses totalement divergentes. Certains pensent qu’il ne sera candidat qu’au dernier moment, si on l’appelle ; d’autres sont convaincus qui si Hillary Clinton est en tête chez les démocrates, Gore sera candidat afin d’empêcher le parti de dériver vers une idéologie centriste. S’il décide d’y aller, il devra être considéré comme co-favori avec Clinton, et ce sera une lutte épique.

Mark Warner: Warner mène une candidature différente de celle des autres candidats. Il utilise son « Forward Together PAC » pour prouver sa capacité à lever des fonds et soutenir sa bonne foi démocrate. Forward Together a collecté de façon impressionnante $7 millions depuis juillet 2005, et Warner a aspergé de dons les candidats et comités du parti dans tout le pays. Comme candidat il demeure un « chantier en cours ». Mais peut-être plus que tous les autres candidats, il veut la nomination et est prêt à faire ce qu’il faut pour. Ne sous-estimez pas un candidat qui a faim.

LES REPUBLICAINS

George Allen: la réélection d’Allen contre l’ex-secrétaire à la Navy James Webb (D) (élection du gouverneur de Virginie à l’automne) porte à la fois potentiel et péril pour les aspirations présidentielles du Républicain de Virginie. D’abord le péril : au mieux Allen remporte l’élection mais et incapable de consacrer à l’Iowa, au New Hampshire et à la Caroline du Sud (les premiers états des primaires), le temps que ces états demandent à un candidat présidentiel. Au pire, Allen perd devant Webb et ses espoirs présidentiels s’envolent. Maintenant, le potentiel : la course entre Allen et Webb attire déjà l’attention nationale et s’élèvera en niveau à partir de maintenant. Allen aura l’opportunité de polir ses talents et démêler l’écheveau de son style emprunté, et, s’il devait l’emporter de façon convaincante, il pourrait démontrer qu’il sait comment contrer les attaques Démocrates sur la guerre en Irak.

Newt Gingrich: Au cours des douze dernières années, Gingrich est passé de prophète à paria et à nouveau à prophète. S’il décide d’entrer en course, Gingrich a une enviable combinaison de qualités : c’est un grand orateur, il a une réputation nationale, il a les relations avec les leaders du terrain et la communauté des bailleurs de fonds. Véritable fabrique à idées, Gingrich a deux fois plus d’idées politiques que tout autre Républicain. Une campagne de Gingrich ne serait néanmoins pas sans problème, incluant ses deux divorces, qui ne cadrent pas avec les électeurs Républicains conservateurs.

Mike Huckabee: la campagne du gouverneur de l’Arkansas a montré des signes de vie ce mois avec le recrutement d’Eric Woolson – un vétéran de la campagne de Bush en Iowa – pour prendre en main l’état de l’œil de faucon. Huckabee fera son huitième voyage en Iowa la semaine prochaine. Son centrage sur l’Iowa a politiquement du sens stratégique, comme les conservateurs sociaux y représentent un bloc significatif. Le risque de la stratégie de Huckabee est que s’il ne crée pas la surprise en Iowa, il aura peu de chances au New Hampshire où les électeurs fiscalement conservateurs dominent.
 

John McCain: McCain et ses conseillers jouent remarquablement le jeu à l’intérieur du parti. Chaque jour qui passe sans candidat clair de l’ « establishment » du parti contre lui, est un jour que le sénateur de l’Arizona met à profit pour construire les ponts avec les individus ou les groupes qui se sont opposés à lui en 2000. Les élections à venir à mi-mandat (gouverneurs, sénateurs, représentants) donneront une bonne indication de la possibilité de McCain de faire un bon candidat « institutionnel ». Si les Républicains subissent des pertes majeures à la Chambre et au Sénat, cela ouvrira les portes à McCain parmi ceux qui pensent qu’il est leur meilleure, et seule, chance de conserver la Maison Blanche en 2008.
 

Mitt Romney: la récente présentation de l’équipe de Romney en Iowa fut impressionnante par la profondeur et la qualité des gens que le gouverneur du Massachusetts a recrutés. Comme Warner, Romney a faim et travaille à de multiples niveaux pour trouver des supports. Allen étant occupé par sa réélection, Romney a fortifié sa position de meilleure alternative à McCain. L’effet négatif de la religion Mormone de Romney semble évacué, mais ses multiples prises de position passées sur l’avortement ne vont pas changer d’ici 18 mois. Néanmoins, la capacité de Romney de reconnaître tacitement ses défauts et sa diligence à les aborder sont impressionnantes.

A Lire : La situation début mai 2006

(Source : Chris Cillizza, The Fix, The NY Times du 30.06.2006)

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Fuzz

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