Michel-Edouard leclerc fait une fois de plus preuve de démagogie et tente de tromper le consommateur
Par Jakouiller le mercredi 31 mai 2006 à 14:15
Depuis le 22.05.2006, le groupement Leclerc a lancé une campagne publicitaire agressive pour convaincre les consommateurs qu’il est le distributeur le moins cher. Un site de comparaison des prix, quiestlemoinscher.com attire les internautes : plus de 1,65 million de pages visitées lors de la première semaine. Des affichages agressifs "Tout doit apparaître" inondent les Centres Leclerc...Les résultat tels que présentés sont sans appel : Leclerc écrase les concurrents avec des écarts de 4,5 % à 7,3 %. Sur 2 013 magasins analysés, les Leclerc arrivent systématiquement en tête, à l'exception d'une dizaine de cas. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Vérité ou magouille ?
Depuis le 22 mai, les critiques sur l'honnêteté de la démarche fusent de toutes parts !
L'"organisme indépendant", que Michel-Edouard Leclerc avait mis en avant comme caution de fiabilité, lors de la présentation de son indice comparatif, la société d'études Panel International, n'a pas tardé à prendre ses distances. Travaillant également pour d’autres enseignes, il a envoyé à ses clients une mise au point circonstanciée : « Panel International n'a aucunement participé à la définition des modalités de calcul des indicateurs et notre société n'est pas responsable du ‘périmètre produits’ publié sur ce site. »
En gros, Panel International s’est contenté de relever les prix des articles sélectionnés par Leclerc, dans les magasins sélectionnés par Leclerc. Aucune garantie d’indépendance donc.
Ce périmètre produits constitue le premier reproche fait à la campagne. De quels produits parle-t-on? « 3 500 articles comparables, répartis en trois catégories : marques nationales, marques distributeurs et premiers prix », se contente de répondre Leclerc, sans fournir aucune liste.
« Cette cuisine interne est troublante car nous n'avons pas la liste des produits et nous ne savons pas sur quels critères précis ils sont sélectionnés », déclare Alain Bazot, président de l'association de consommateurs UFC-Que choisir.
« Cet indice est la porte ouverte à toutes les manipulations. Par exemple, Leclerc est le distributeur qui propose le plus grand nombre de références de produits "premier prix", ce qui le conduit à surpondérer cette catégorie par rapport à la réalité de la consommation des Français, » déclare un concurrent furieux.
Les produits "premier prix" représentent 23 % de l'assortiment retenu par Leclerc quand cette catégorie ne rentre que pour 5 % du montant total d'un chariot moyen.
« Je compare mon offre avec celle des concurrents, il ne s'agit pas d'un chariot type. Nous étudions d'ailleurs la possibilité d'en lancer un dans les mois qui viennent », se défend Michel-Edouard Leclerc.
Ensuite, déclare un concurrent, les produits de marque de distributeur comparés sont ils comparables ? : le chocolat "aux éclats de noisettes" de Leclerc sera forcément moins cher que celui aux "noisettes entières", vendu chez le concurrent.
La liste des produits retenus n'étant pas publique, le consommateur (gogo ?) doit croire Leclerc sur parole. On est loin du slogan de la campagne publicitaire: « Tout doit apparaître ! ».
Autre reproche : les zones de chalandise prises en compte.
Le site compare des magasins de 300 m2 appartenant à la concurrence à des hypermarchés Leclerc de 7 000 m2.
Les distances entre les magasins posent aussi question. Pourqui le Leclerc d'Olivet (Loiret), dans la banlieue d'Orléans est-il comparé à des grandes surfaces à l'opposé de la ville, alors qu'un Auchan situé à côté n'apparaît pas.
Les associations de consommateurs, après avoir salué une initiative susceptible de mettre une pression supplémentaire sur les concurrents de Leclerc, commencent à s’énerver.
La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), de son côté, est en train d'examiner en détail quiestlemoinscher.com.
« Leclerc s'est bâti un indicateur pro domo pour reprendre la main sur un marché qui est lui est moins favorable », estime un concurrent.Depuis le début de l'année, l'enseigne souffre face à l'offensive de Carrefour. Sur les quatre premiers mois de l'année, sa part de marché est tombée à 16,7 %, contre 17,1 % sur la même période en 2005. Une tendance qui semble s'accélérer en avril : la chute atteint 0,8 point.
« Leclerc n'est plus le moins cher, après avoir été systématiquement en tête de notre classement pendant des années, il n'occupe aujourd'hui que la cinquième ou sixième place », affirme M. Bazot de l’ UFC-Que choisir. Leclerc conteste les chiffres de Que Choisir.
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