Le Japon plonge dans un abysse démographique

Par Jakouiller le vendredi 19 mai 2006 à 22:31

La population du Japon se réduit et vieillit, à un vitesse sans précédent dans l’histoire, et il n’y aucun signe que cela cesse : le chiffres de natalité pour 2005 atteindront un nouveau point bas. Le Japon n’a pas seulement l’un des taux de natalité les plus bas des pays industrialisé, mais la vitesse du déclin est la plus élevée, faisant naître de graves inquiétudes d’érosion de la compétitivité de l’économie...
Le Japon est à une jonction démographique historique, entre le vieillissement rapide de la population et le déclin de la natalité. La population du Japon a commencé à décliner pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’années dernière, deux ans plus tôt que prévu. La population en âge de travailler a commencé à décliner, elle, plusieurs années avant.
Le taux de fertilité (nombre moyen d’enfants nés par femme) était de 1.29 en 2003 et 2004. Si le faible niveau de naissance actuel se pousuit, la population du Japon, de 127.7 millions actuellement, est prévue de baisser de moitié dans 70 ans, et des 2/3 dans 100 ans. Le taux des personnes âgées de 65 ans ou plus a atteint 20% de la population totale, alors que celui des enfants âgés de 14 ans ou moins a décliné à 14%. Un phénomène visible dans les rues du Japon.

Le taux de fertilité pour 2005, qui sera officiellement publié prochainement est attendu en baisse vers un nouveau record à 1.26 ou en dessous. Un taux de 2.07 est le minimum pour éviter au Japon un déclin de la population. Depuis 1973, le taux réel est inférieur à ce minimum, et en passé sous 1.5 en 1990 et sous 1.3 en 2003.
Selon les chiffres publiée, le taux de fertilité était en 2003 de 2.04 aux USA, 1.89 en France, 1.34 en Allemagne et 1.29 en Italie.

Inertie et Ineptie

Les mesures prises pour tenter de renverser la tendance (Angel Plan de 1994, et New Angel Plan de 1999) ont été des échecs retentissants.
Les Japonais sont inquiets, comme d’autres, de l’avenir des coûts de sécurité sociale, des cotisations de retraite et des primes d’assurance pour les soins médicaux, de l’assistance aux personnes âgées, des impôts. Alors qu’ils payent plus pour les retraites, ils ont la perspective de pensions réduites

Ajouté à cela, de plus en plus de Japonais vivent seuls. Même lorsque la population a commencé à baisser, l’an dernier, le nombre de ménages a augmenté dans toutes les 47 préfectures du pays et atteint le chiffra record de 49.52 millions, reflétant l’augmentation du nombre de personnes âgées et de jeunes vivant seuls.

Une des raisons majeurs de la baisse du taux de natalité est la tendance à se marier tard ou pas du tout. L’âge moyen d’une femme mettant au monde son premier enfant était de 28.9 ans en 2004, contre 27.5 en 1995. Le nombre de mariages a baissé pour la 3e année consécutive à 720.429, 19.762 de moins que l’année précédente.
Les facteurs économiques sont souvent cités comme raison principale de mariages tardif ou de l’obligation de rester célibataire. Les femmes qui travaillent ne peuvent facilement combiner travail et enfants, a cause de la faible qualité des services à l’enfance, des conditions de travail rigides.

Selon un récent sondage, seulement 40% des parents Japonais ont déclaré vouloir plus d’enfants, le % le plus bas des cinq pays sondé (les autres sont la Suède, las USA, la France et la Corée du Sud). Parmi les sondés Japonais qui ne voulaient pas avoir d’enfants, 56% ont cité des raisons financière comme cause de leur choix. Pour les autres pays, 81% des Suédois et des Américains, 69.3% des Français et 47.3% des Coréens souhaitaient plus d’enfants.

La main d’œuvre étrangère

Ces changements démographiques rapides alarment les hommes politiques en exerçant une menace sérieuse sur la compétitivité de la seconde économie mondiale.
La pression des industries domestiques à accepter plus de travailleurs étrangers va croissant.
En avril 2006, le Conseil de la Politique Fiscale et Economique, présidé par la Premier Ministre Junichiro Koizumi, a publié un interim report sur la stratégie globale du gouvernement pour revigorer l’économie. On y lit notamment le projet d’accepter de la main d’œuvre étrangère dans des domaines qui ne lui sont pas ouverts actuellement. La stratégie globale doit être finalisée en mai.
Le gouvernement devrait revoir les types de jobs ouverts aux étrangers et autoriser plus de flexibilité dans les services, tel que pour les infirmières, où la demande a fortement augmenté. Le rapport demande aussi l’établissement d’un environnement attractif pour les travailleurs étrangers.

Mais beaucoup de Japonais restent inquiets de l’influence des travailleurs étrangers. Ils craignent, entre autres, une détérioration de la sécurité publique, comme le nombre de crimes commis par des étrangers a fortement augmenté.
Faisant écho à ces craintes, le ministre de la Santé et du Travail, Jiro Kawasaki s’est prononcé contre l’augmentation des étrangers. Kawasaki a dit que le gouvernement devrait plutôt augmenter l’emploi des personnes âgées, des femmes et des jeunes.
Kawasaki a aussi indiqué qu’une augmentation des travailleurs étrangers réduiraient les possibilités d’emploi et ferait baisser les salaires pour les Japonais. D’autres pointent les risques de désordre public ou de désordres résultant des différences de cultures.

Le 30 avril 2006, le Ministère de la Santé et du Travail a enfin annoncé une bonne nouvelle, qu’en 2005, le nombre des travailleurs Japonais, ceux qui ont un emploi ou ceux qui en cherchent, avait augmenté de 150,000 à 66.54 millions, la première augmentation depuis huit ans. Le gain provient de l’amélioration économique qui a encouragé des femmes et des retraités à revenir sur le marché du travail.
Après être tombé au plus bas en 2002, 220,000 femmes ont pris un emploi dans les trois années qui suivirent, portant le nombre de femmes au travail à 27.52 millions en 2005. Pendant ce temps le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus qui ont un emploi ou en cherchent a atteint 9.67 millions en 2005, 450,000 de plus que cinq ans plus tôt.

La compétition pour attirer des employés

Beaucoup de grandes sociétés Japonaises sont en compétition pour proposer un meilleur environnement de travail pour fidéliser les travailleurs qualifiés, particulièrement les femmes.

Matsushita Electric Industrial Co, par exemple, a étendu la période de congé parental des employés masculins et féminins. Ils peuvent prendre deux congés, de deux ans au total, pour s’occuper des enfants en âge préscolaire.
Chez Toshiba, les employés peuvent prendre des congés payés, décomptés à l’heure, pour s’occuper des enfants, les amener et les chercher au jardin d’enfants, ou s’occuper d’un enfant malade.
Mitsubishi Electric et Ishikawajima-Harima Heavy Industries laissaient leurs employés travailler à horaires réduits pour s’occuper des préscolaires. Les deux sociétés viennent d’étendre cette mesure jusqu’à la 3e année de l’école primaire.
Sharp a promis de réembaucher toute femme quittant après une naissance, jusqu’à l’entrée de l’enfant en primaire. Matsushita and Toshiba, vont jusqu’à les employées peuvent s’absenter pour un traitement de fertilité. Le "child plan leave system" de Matsushita autorise ce congé jusquà une durée d’un an.
Toyota Motor a ouvert la troisième crèche de son siège.
Nissan Motor Co autorise les femmes à prendre congé dès qu’elles sont enceintes.


(Source : Hisane Masaki , Asia Times du 09.05.2006)

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