Un vieux manuscrit copte éclaire le rôle de Judas l'Iscariote
Par Jakouiller le dimanche 9 avril 2006 à 12:38
Une thèse biblique qui sent le soufre, l'épopée à rebondissements d'un document qu'on croyait perdu depuis 1700 ans, une énigme-puzzle à reconstituer, une Eglise outrée («C'est une fantaisie religieuse!»), voilà qui nous rappelle quelque chose...
Pour un peu, on penserait que la résurgence de cet évangile apocryphe est l'un des rouages du plan média de Da Vinci Code, le film tiré du best-seller de Dan Brown, dont les acteurs ont commencé le même jour la promotion mondiale.
Un Dan Brown par ailleurs sorti le lendemain grand triomphateur du procès hypermédiatisé qui l'a fait, un temps, passer pour un plagiaire.
C'est ainsi que la présentation d'un travail scientifique est programmé à la veille de Pâques, fête de la résurrection d'un Messie trahi (ou pas trahi?) par l'un de ses disciples. Cette mise en scène intervient de plus un mois avant la sortie du thriller ésotérique Da Vinci Code dans les salles.
C'est du marketing à l'américaine, de la communication lourde qui sort le bon produit au bon moment.
Mais qu’en est-il vraiment de ce manuscrit ?
Ce manuscrit datant du IVe siècle pourrait apporter un nouvel éclairage sur la relation qu'entretenaient Jésus et Judas, le disciple qui l'a trahi, a révélé le magazine américain National Geographic. Plutôt que de le présenter comme un traître, ce document, qui n'est autre que l'Evangile de Judas l'Iscariote que les scientifiques considéraient comme perdu, montrerait qu'il a agi à la demande de Jésus pour l'aider à se débarrasser de son corps terrestre.
Lorsque Rodolphe Kasser ouvrit pour la première fois en 2001 cet antique codex, il ne se doutait pas qu'il allait faire une des plus grandes découvertes archéologiques de ces dernières années.
«Nous savions cependant que ce texte avait existé, car l'évêque Irénée de Lyon le mentionne au milieu du IIe siècle dans son livre contre les hérésies.
Les Pères de l'Eglise ont combattu les gnostiques, et ces derniers ont même été persécutés par les païens et les chrétiens. Nombre de leurs textes ont donc été détruits. Et un Evangile selon Judas ne pouvait que choquer les Pères de l'Eglise,» explique Rodolphe Kasser.
Il était donc raisonnable de supposer que ce texte avait disparu, d'autant plus qu'il ne figurait pas dans la collection de textes gnostiques retrouvés en 1947 à Nag Hammadi, dans le désert égyptien.
Le texte révèle un Judas très différent de celui que présentent les quatre évangiles canoniques. Dans ce manuscrit, Judas apparaît comme un disciple initié qui comprend mieux que les autres apôtres le message de Jésus.
C'est d'ailleurs Jésus lui-même qui invite l'Iscariote à le trahir. Dans un des passages clés du document, Jésus dit à Judas: «Tu les surpasseras tous. Tu sacrifieras l'homme qui m'a revêtu.»
Selon Rodolphe Kasser, «les milieux gnostiques dépréciaient les personnages importants du Nouveau Testament. Dans l'Evangile de Judas, Jésus oppose l'Iscariote aux autres apôtres, qui sont décrits comme des gens stupides incapables de comprendre les idées gnostiques que Jésus leur explique.»
En lisant l'Evangile de Judas, on comprend facilement pourquoi il a pu paraître hérétique aux yeux d'un Irénée de Lyon et de l'orthodoxie chrétienne. Dans la première scène, Jésus s'approche de ses disciples rassemblés pour célébrer l'eucharistie. Voyant cela, il se moque d'eux. D'autres passages montrent Jésus enseignant à Judas seul «des secrets que personne n'a vus», une situation caractéristique du gnosticisme. Or, pour l'Eglise primitive, le message du Christ n'avait rien de secret et se voulait universel.
Découvert dans le désert égyptien près d'El Minya dans les années 70, le codex a été acquis par un bijoutier égyptien.
Il a ensuite été volé, et on le retrouve à la fin des années 70 dans les mains d'un commerçant grec qui l'emporte avec lui à Genève. Curieusement, le bijoutier égyptien rejoint ce dernier et les deux hommes font alliance pour vendre le manuscrit.
Un témoin fiable, le professeur de coptologie Stephen Emmel, atteste avoir vu ce codex à Genève en 1983. Il était censé l'acheter pour le compte d'une université texane. L'affaire échoua pour une question de prix.
Le codex disparut pendant vingt ans. Dans les années 90, on le retrouve de manière inexpliquée dans la région de New York, où il croupit dans le coffre d'une banque à Hicksville.
En
Le mouvement gnostique est apparu aux alentours de l'an 70 de notre ère et s'est développé jusqu'au IVe siècle. Il était composé de divers groupuscules ésotériques qui ont représenté une concurrence sérieuse pour l'orthodoxie chrétienne.
La pensée gnostique n'est pas réputée facile d'accès. Selon le professeur vaudois Jean-Daniel Kaestli, qui a dirigé l'édition du deuxième volume de la Pléiade consacré aux apocryphes chrétiens, «l'Evangile de Judas est un texte complexe. Il ressemble beaucoup aux écrits gnostiques les plus obscurs que j'ai pu lire. Je ne vois pas très bien quelle est sa structure ni sa cohérence. La manière dont il commence et il finit est surprenante. Il faut reconnaître que la ou les clés nous manquent pour accéder à une compréhension totale de l'univers gnostique.»
(Source: National Geographic)
A voir en pdf sur le blog de Guillaume Frat
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Tu pourrais citer les sources de tes copier/coller.
Tu n'aimes pas les casseurs mais tu es le premier à pratiquer le pillage...
liliom
Il faut lire jusqu'au bout
Jakouiller