A entendre braire les duettistes de la démagogie, Olivier Besancenot et Benoit Hamon, 10 points de PIB auraient été volés par une minorité de privilégiés, les actionnaires, à la majorité de la population au cours de ces trente dernières années.
Dans le partage de la valeur ajoutée, les salaires ont ils réellement été bradés au profit de la rémunération du capital ?
Non, une analyse simpliste des chiffres montre que la stagnation du niveau de vie et du pouvoir d’achat n’a pas pour responsables les entreprises ou les actionnaires, mais la faiblesse des gains de productivité de notre économie, et son incapacité à créer des richesses…
Rappel de notions de base pour bien comprendre
La valeur ajoutée est la différence entre ce que l’entreprise a produit, et ses consommations intermédiaires en biens et services achetés. La somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises, à laquelle on ajoute la valeur ajoutée des administrations (évaluée à son coût, à défaut de pouvoir calculer une production), constitue le Produit Intérieur Brut (PIB).
La valeur ajoutée sert à payer le personnel par les salaires, les créanciers par les intérêts, et l’Etat par les impôts. Ce qui reste, le profit, est dépensé en investissements pour moderniser l’outil de production, et rémunère les propriétaires de l’entreprise par le dividende.
Variations de la répartition de la valeur ajoutée depuis 50 ans
Le répartition de la valeur ajoutée a certes subi des variations importantes depuis 50 ans, mais les valeurs sont aujourd’hui très proches de leurs moyennes sur longue période. En France, la valeur d’équilibre de la part salariale dans la valeur ajoutée, soit la moyenne observée sur la période, se situe autour de 67%.
On note clairement trois périodes:
- De 1959 à 1973, la part des salaires est restée stable autour de 67%. Cette période de forte croissance a connu de fortes hausses des salaires et des profits, par des gains de productivité élevés et des investissements massifs.
Pour la suite des années 70, après le premier choc pétrolier, les profits s’effondrent, alors que les salaires continuent d’augmenter et que l’inflation atteint des records. La répartition de la valeur ajoutée est profondément modifiée en faveur des salares.
Depuis le début des années 80, après les gabegies pour fêter l’élection de Mitterand, en conséquence de la rigueur économique et de l’ouverture de la France au commerce mondial, Le partage est revenu à une répartition proche de sa moyenne sur longue période. La part de l’Etat à travers les impôts a néanmoins fortement augmenté, de 5% de la valeur ajoutée en 1972 à 10% en 2007.
Depuis 1987, les salaires représentent environ 65% de la valeur ajouté, les profits environ 25 % et les impôts 10%.
Les coupables ne sont donc pas les entreprises.
Mais alors, sont-ce les rapaces actionnaires qui se goinfrent?
Les fonds nécessaires au fonctionnement de l’entreprise sont apportés par les actionnaires qui sont les propriétaires de l’entreprise. Leur apport est rémunéré par le dividende, ce qui est bien logique car le risque pris par les actionnaires doit être rémunéré, faite de quoi il n’y aurait plus d’actionnaires et donc plus d’entreprises.
La valeur et l’évolution du dividende ne doit donc pas être mesuré en fonction de la valeur ajoutée mais en fonction des capitaux propres de l’entreprise.

Ainsi donc il est clair, que depuis 25 ans la rentabilité des capitaux investis par les actionnaires baisse régulièrement.
Elle est en moyenne inférieure 4%, soit celle de n’importe quel contrat d’assurance vie classique sans risque. Les actionnaires ne sont donc en aucun cas coupables du « hold-up » dénoncé par les démagogues du café du commerce Hamon et Besancenot. Au contraire, la rémunération de leur capital à fondu comme neige au soleil.
Les véritables causes se trouvent dans les faiblesses structurelles de l’économie française
L’augmentation des salaires réels (hors inflation) a été faible, en France, depuis 20 ans. Seuls les gains de productivité permettent d’augmenter les salaires sans réduire la compétitivité des entreprises et donc leurs chances de survie. Or depuis 1990, les gains de productivité sont beaucoup plus faibles en France qu’en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-Unis.
Les créations d’emploi en France se font dans des secteurs qui génèrent peu de richesses (services à la personne, distribution). Ces services peu qualifiés sont le plus souvent peu productifs et mal rémunérés, ils créent peu de richesses. Les secteurs de l’économie qui créent de la richesse demandent de l’innovation. Or, en France l’innovation n’est pas la priorité, on y investi trop peu dans la recherche et dans l’enseignement supérieur. La France dépose peu de brevets. Le retard est énorme, et sera vraisemblablement difficile à combler.

[1] brevets déposés à la fois aux Etats-Unis, en Europe et au Japon
Voilà pourquoi il est impossible d’augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée, sauf à réduire celle revenant aux actionnaires, qui deviendrait alors si ridicule qu’il ne se trouverait plus personne pour investir dans les entreprises.
Seules des réformes structurelles de fond en faveur de la productivité (produire plus avec moins de travail) et de l’innovation permettraient d’améliorer durablement le niveau de vie des français. Les français sont-ils prêts à les accepter? Permettez-moi d’en douter.
(Source: Ifrap, 23.04.2009)
Merci pour vos articles, et le temps que vous consacrez à nous apporter un éclairage sur des sujets complexes.
Je partage votre approche des questions économiques.
Je pense que vous pourriez donner encore plus de pertinence à vos articles en inscrivant les liens permettant de vérifier les sources de vos données statistiques (4 docs sont utilisés ici avec des données INSEE vers lesquelles les lecteurs pourraient être dirigés).
Merci encore
Artesan (prof en SES au lycée, qui bataille continuellement dans le milieu “educ national”, contre les représentations, les préjugés, les idéologies, des profs et des élèves, sur les questions économiques)
bonjour, je comprends l’ensemble du raisonnement et j’y adhère, à une exception près et je vous cite :
“La valeur et l’évolution du dividende ne doit donc pas être mesuré en fonction de la valeur ajoutée mais en fonction des capitaux propres de l’entreprise.”
pourquoi faire ce ratio ? (ma question est peut être trivial, mais étant “jeune” créateur d’entreprise cela m’interpelle au moment de fixer la valeur du capital de ma société)
Je suis un joueur de football attaquant de pointe qui joue dans un centre de formation en cote d’ivoire matra FC,mais je vais rejoindre la
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Le foot c’est ma passion l’année dernière j’avais le choix d’aller a Lens LeMans ou Metz mais ma mère n’a pas voulu depuis je cherche un Grand Club de foot afin de réalisé mon rève qui celui d’être Footballeur proffessione