SNCF: le dividende versé à l’état, masque une faillite inéluctable, merci la CGT

La SNCF va verser à l’état, son actionnaire, 183 millions d’€ (soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année passée) au titre des résultats de 2008, selon la Vie du Rail N°3199. La CGT conteste le versement de ce modeste dividende (comparé à la dizaine de milliards d’euros engloutis tous les ans par le couple SNCF/RFF depuis des décennies) préférant que cette somme soit consacrée à augmenter les salaires déjà fort gras des cheminots et leurs avantages exorbitants dont les retraites, confirmant ainsi son rôle de co-fossoyeur de la SNCF avec les anarcho-trotskystes de Sud-Rail: le fret est déjà mort et le trafic passager attend 2010 pour prendre place dans le corbillard. Explications…
Mais comment cette entreprise publique à la réputation budgétaire désastreuse depuis tant d’années peut-elle subitement présenter des résultats en excédent au point de verser un dividende à son actionnaire?
En fait la SNCF ne survit que grâce aux 12 milliards d’euros de subventions que versent chaque année l’Etat et les collectivités locales.
Elle n’est pas en mesure d’équilibrer ses comptes.
La productivité y est catastrophique, très inférieure, à celle de ses principaux concurrents européens. Pour être dans la moyenne des principales sociétés ferroviaires étrangères le groupe SNCF devrait réduire son personnel de 30% c’est-à-dire employer 142 000 salariés au lieu des 201 000 qu’elle emploie actuellement.
Les causes sont parfaitement connues.
Depuis 1981 et surtout depuis 1995, la direction générale a fait le choix d’attribuer les gains de productivité tirés de la réduction du réseau à la politique sociale particulièrement généreuse de l’entreprise, aux gras salaires des cheminots et à leurs multiples avantages. Le régime de retraite reste scandaleusement favorable, même après la réforme de 2007 et permet aux cheminots de partir entre 50 et 55 ans ce qui coûte chaque année à la SNCF 4,9 milliards d’euros. En pratique, les cotisations ne suffisent pas et les contribuables versent 9000 euros par retraité de la SNCF.
La SNCF est incapable de s’adapter, et est laminée chaque fois que son activité est soumise à la concurrence : dans le fret ses prix de revient sont supérieurs de 20 à 30 % à ceux de ses concurrents et la SNCF va encore perdre 300 millions € dans ce secteur en 2008. Il en va de même en matière d’entretien et de gestion du réseau.
Cette incapacité à s’adapter est due à une réglementation rigide qui encadre le travail des cheminots et à la menace de grève qui pèse en permanence sur l’entreprise. Les principaux syndicats, dans une surenchère dangereuse, préfèrent jouer la carte de l’immobilisme et creusent ainsi la tombe de la SNCF.
En effet la seule façon de faire bouger le choses est de poursuivre l’ouverture à la concurrence qui est prévue dès 2010 sur le trafic voyageurs international. Une ouverture intéressante pour des collectivités qui sont nombreuses à se plaindre des conditions d’application des conventions signées avec la SNCF, pour des billets au final très fortement subventionnés.

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2 Réponses à “SNCF: le dividende versé à l’état, masque une faillite inéluctable, merci la CGT”


  1. 1 dmitrulin

    Merci !

    Merci monsieur pour cet article si bien écris.
    en effet il se trouve que je suis constipé depuis plusieurs mois, et votre article si réfléchi si vrai et surtout si objectif m’a permi de me vider en é secondes!

    Encore merci pour cet article qui est on peut le dire et je le confirme: EST A CHIER!!

    bonne soirée et promis à la prochaine constipation je vous relis

  2. 2 jakouille

    Monsieur dmitrulin,
    il vous faudrait argumenter.
    Ceci étant, je suis très heureux d’avoir pu contribuer à vous soulager de cette constipation chronique qui vous tourmente.
    Bien à vous
    Jakouille

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