Le Monde du 18.03, sous la plume de Jean-Yves Nau, fait la synthèse d’une étude britannique qui démontre qu’il existe une relation statistique fiable entre le degré de corpulence mesuré par l’indice de masse corporelle (IMC) et la diminution de l’espérance de vie. C’est la conclusion d’une importante étude publiée ce jour par le magazine médical britannique The Lancet. Cette étude menée à l’université d’Oxford, inclut 894 576 personnes suivies dans différents pays européens, aux Etats-Unis, en Israël, en Australie ainsi qu’au Japon. 100 000 décès ont été recensés durant la période étudiée.
L’IMC correspond au poids divisé par le carré de la taille et s’exprime en kg/m2.
Le surpoids correspond à un IMC égal ou supérieur à 25 et inférieur à 30. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) 1,2 milliard de personnes âgés de 15 ans et plus présentaient un surpoids en 2005 dans le monde. Ce chiffre devrait être de 1,6 milliard en 2015.
L’obésité correspond à un IMC égal ou supérieur à 30. L’OMS estime que 400 millions de personnes souffraient d’obésité en 2005 dans le monde. Elles devraient être 700 millions en 2015.
L’étude d’Oxford montre qu’une réduction de l’espérance de vie moyenne commence à être observée chez les personnes ayant un IMC qui dépasse une fourchette comprise entre 22,5 et 25 kg/m2 (69 à 77 Kg pour un français moyen de 1m75). Dans les cas d’obésité modérée (soit un IMC compris entre 30 et 35 kg/m2), le risque correspond à un tiers de la mortalité prématurée due à une consommation régulière de tabac. Quant aux personnes souffrant d’obésités qualifiées de sévères (entre 40 et 50 kg/m2), elles sont exposées aux mêmes riques de mortalité prématurées que des fumeurs chroniques.
L’étude démontre qu’une obésité modérée, qui concerne un nombre croissant de personnes dans les pays industriels comme dans certains pays en voie de développement, équivaut à une réduction de l’espérance de vie comprise entre deux et quatre années. Les obésités sévères, beaucoup moins fréquentes, sont statistiquement associées, comme la consommation de tabac, à une réduction de l’espérance de vie comprise entre huit et dix ans.
D’un point de vue inverse, une personne âgée d’une quarantaine d’année qui parvient à stabiliser son IMC à 28 kg/m2 gagne deux années d’espérance de vie par rapport à une personne qui passerait à 32 kg/m2. Ce gain serait de trois années pour des personnes qui se stabiliseraient à 24 kg/m2.
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