L’usage des préservatifs ne peut enrayer la diffusion du sida, a déclaré ce jour le pape Benoît XVI, qui entame une visite en Afrique.
“Le problème ne peut être vaincu par la distribution de préservatifs. Cela ne fait que l’aggraver”, a-t-il dit aux journalistes à bord de l’avion qui le conduisait au Cameroun et en Angola pour la première visite en Afrique de son pontificat.
la fidélité dans le mariage, la chasteté et l’abstinence sont pour lui les meilleurs moyens de combattre la pandémie.
Rappelons que le sida a tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d’Afrique subsaharienne, où se rend Ratzinger.
Frédéric Lenoir écrit :”A l’occasion des 40 ans de l’encyclique Humanae Vitae, Benoît XVI a rappelé avec fermeté l’opposition de l’Église catholique à la contraception, à l’exception de « l’observation des rythmes naturels de la fertilité de la femme », lorsque le couple traverse des « circonstances graves », justifiant un espacement des naissances. Des propos qui ont naturellement suscité un concert de critiques soulignant une nouvelle fois le déphasage entre la doctrine morale de l’Église et l’évolution des mœurs. Ce déphasage ne me paraît pas constituer en soi un reproche justifié. L’Eglise n’est pas une entreprise qui doit vendre son message à tout prix. Le fait que son discours soit en décalage avec l’évolution de nos sociétés peut être aussi le signe salutaire d’une résistance à l’esprit du temps. Le pape n’est pas là pour bénir la révolution des mœurs, mais pour défendre certaines vérités auxquelles il croit, quitte à perdre des fidèles. La véritable critique qu’on peut apporter à cette condamnation de la contraception porte sur l’argument qui la justifie. Benoît XVI l’a rappelé : exclure la possibilité de donner la vie « au moyen d’une action visant à empêcher la procréation » revient à « nier la vérité intime de l’amour conjugal ». En liant de manière indissoluble l’amour des époux à la procréation, le magistère de l’Église reste conforme à une vieille tradition catholique remontant à saint Augustin, qui se méfie de la chair et du plaisir charnel, et ne conçoit finalement les relations sexuelles que dans la perspective de la reproduction. À ce compte, un couple stérile peut-il être dans la vérité de l’amour ? Or rien dans les Évangiles ne vient corroborer une telle interprétation et il existe dans les autres traditions chrétiennes, notamment orientales, un tout autre regard sur l’amour et la sexualité humaine. Il y a donc ici un problème théologique de fond qui mériterait d’être entièrement repensé, non pas à cause de l’évolution des mœurs, mais d’une vision éminemment contestable de la sexualité et de l’amour des époux. Sans parler bien entendu des conséquences sociales souvent dramatiques que peut avoir un tel discours dans des populations pauvres, où la contraception est souvent le seul moyen efficace de lutter contre l’accroissement de la paupérisation. Des religieux eux-mêmes, tels l’abbé Pierre et sœur Emmanuelle – une jeune centenaire à qui je souhaite un joyeux anniversaire ! -, avaient tous deux écrit à Jean Paul II en ce sens. Ce sont sans doute pour ces raisons profondes, et non pas seulement à cause de la révolution des mœurs, que de nombreux catholiques ont déserté les églises depuis 1968. Comme l’a dit récemment le cardinal Etchegaray, Humanae Vitae a constitué en son temps un « schisme silencieux », tant nombre de fidèles ont été choqués par la vision de la vie conjugale véhiculée par l’encyclique papale. Ces catholiques déçus ne sont pas des couples libertins, prônant une sexualité débridée, mais des croyants qui s’aiment et qui ne comprennent pas pourquoi la vérité de l’amour de leur couple serait dissoute par une vie sexuelle dissociée du projet d’enfant. Hormis les franges les plus extrémistes, aucune autre confession chrétienne et même aucune autre religion ne tiennent un tel discours. Pourquoi l’Église catholique a-t-elle encore aussi peur du plaisir charnel ? On peut comprendre que l’Église rappelle le caractère sacré du don de la vie. Mais la sexualité, vécue dans un amour authentique, ne constitue-t-elle pas aussi une expérience du sacré ? “.
Il est totalement cinglé allé dire aux africains de ne pas utiliser le préservatif c’est n’importe quoi!!! Il vit sur une autre planète ou quoi??!!!!! Ca devient urgent il faut le REVOYER avant qu’il fasse d’autres conneries!!!!!
Jugement beaucoup trop rapide !
D’autant plus que certains disent que Benoît XVII aurait dit en fait :”Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du Sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si les Africains ne s’entraident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème.”
Et voici la citation complète :”je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant’Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades… Je dirais qu’on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n’y met pas l’âme, si on n’aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d’augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l’homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la juste réponse, et c’est ce que fait l’Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font.”
J’ai reçu un mail qui dit : “Benoît XVI et le sida : Eclaircissements
Le pape Benoît XVI a demandé les soins gratuits pour les malades du sida dès son arrivée à l’aéroport de Yaoundé au Cameroun, mardi après midi. Un appel qui a reçu très peu d’écho. Il appelle les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida. Les médias ont passé sous silence ce passage de sa conférence de presse dans l’avion de Rome à Yaoundé.
Mais ce que la presse a retenu, ce sont des propos prêtés au pape. (…) Le pape fait également allusion à l’engagement de l’Eglise auprès des malades : quelque 25 % des structures qui les accueillent sont catholiques. Il cite l’engagement de la communauté de Sant’Egidio – une allusion au projet « DREAM », sigle anglais pour « « Amélioration des ressources en médicaments pour lutter contre le Sida et la malnutrition » par exemple au Malawi – et des religieux de Saint-Camille de Lellis, ou des religieuses (les Missionnaires de la Charité par exemple).”
Et voici ce que dit le théologien Arnaud Dumouch sur son forum Docteur Angélique :”Comme il est facile de couper une petite phrase de son explication complète que je retranscris ici avec mes mots :
La solution au problème du SIDA n’est pas le préservatif. Sa distribution aggrave plutôt le problème à moyen et long terme en ce sens que les personnes, esclaves d’une sexualité non chaste, finissent par s’habituer à suivre leur désir sans règle. Le jour où se profilera une occasion de luxure, ils le feront même sans préservatif.
La prévention du SIDA passe d’abord par une humanisation de chacun, une maîtrise de soi par la vertu humaine de chasteté. La fidélité à son conjoint, la continence face aux occasions préserve du SIDA.
Evidemment, une personne non chaste, esclave de ses envies, pèche. Mais qu’elle n’ajoute pas à l’adultère ou à la luxure la mort. Dans ce cas, le préservatif est évidemment nécessaire.”
De plus, c’est quoi ce mot de “facétie” ? J’en ai trouvé cette définition : “Plaisanterie un peu grosse que l’on dit ou fait pour divertir, pour faire rire. “. Ca ne correspond pas.