La grande banque belge KBC a tenu, le vendredi 24.10, à « clarifier sa position et sa stratégie à la suite de la baisse du cours de l’action… Même par ces temps boursiers difficiles, KBC dispose d’une solide base de capital et de dépôts. Ces dernières semaines, cette situation n’a pas changé », explique la banque, afin de tenter d’enrayer la chute de son cours de bourse. « Au contraire, depuis quelques mois, nous enregistrons même une forte hausse des dépôts de clients. Tous les analystes financiers confirment d’ailleurs la forte position de KBC en termes de liquidités », assure la KBC, très implantée dans le secteur des PME en Flandre. « Tout va très bien Mme la marquise… »
Et puis hop, durant le week-end, l’état belge doit venir au secours en catastrophe de la KBC et le recapitaliser à hauteur de 3,5 milliards d’euros.
En France aussi tout va très bien. Le système bancaire « à la française » est sain et les banques se prortent bien, il n’y a rien à craindre, ne cesse-t-on d’entendre depuis le début de la crise financière de la part de nos banquiers. Bon d’accord, il y a eu Dexia, mais c’était à moitié belge, donc pas vraiment représentatif de notre fameux « modèle à la française », de banques universelles dotées d’une base de dépôts importante.
Et puis hop, voila que l’on a appris le 20 octobre que l’Etat français allait injecter 10,5 milliards d’euros dans six grandes banques. En vertu de ce plan, l’Etat s’engage à souscrire à des titres de dette subordonnée émis par les banques concernées avec un taux d’intérêt supérieur d’environ 400 points de base au taux utilisé pour des prêts “sans risque.
Toutes les grandes banques se sont précipitées (Le Crédit agricole reçoit la somme la plus importante, soit 3 milliards, BNP Paribas 2,55 milliards, la Société générale 1,7 milliard, Crédit Mutuel 1,2 milliard, les Caisses d’épargne 1,1 milliard et les Banques populaires 950 millions), pour recevoir cet argent au prix fort, lequel argent elles n’ont pas besoin puisqu’à les entendre « tout va très bien Mme la marquise… ». Y comprenez-vous quelquechose? : pourquoi irez-vous prendre un crédit cher, à un taux nettement supérieur au taux du marché, alors que vous n’avez pas besoin d’argent?
Mais ne voilà pas que l’on peut lire dans Le Monde du 22.10: « Grâce à cette injection de capital, le ratio des banques françaises participant à l’opération devraient ainsi être relevé d’environ 50 points de base et se situer de ce fait dans la moyenne européenne de 8,5 %. Les titres des banques françaises ont été vivement attaqués en Bourse au cours des derniers jours en raison de la faiblesse relative de leur ratio face à leurs homologues européennes… Ces mesures de recapitalisation pourraient ainsi contribuer à restaurer la confiance des marchés à l’égard des banques françaises assurées d’être recapitalisées. » Tient donc, les marchés n’auraient-ils pas confiance dans les grandes banques françaises?
0 Réponses à “Les plus grands menteurs: les banquiers”
Laisser un commentaire