Gérard Larcher (UMP), qui sera élu, mercredi 1er octobre, à la présidence du Sénat, a déclaré vouloir une plus grande « transparence » des comptes du Sénat. Un audit des finances serait programmé. Il serait temps.
Son prédécesseur, Christian Poncelet, s’est vu attribuer depuis 2004, un appartement de 200 mètres carrés dans le très chic 6e arrondissement, dont « on » lui aurait promis la mise a disposition à vie. Le ministre, Xavier Bertrand, s’en est offusqué : « Il faut mettre un terme à cette idée aberrante d’avoir un appartement à vie pour le président du Sénat ». Poncelet a fait savoir depuis qu’il libérerait cet appartement à la fin de son mandat de sénateur, en 2014. Pourquoi pas à la fin de votre présidence Mr Poncelet?
Privilèges, opacité, cagnotte colossale, caisses noires, soupçons de favoritisme… Mr Larcher, s’il veut vraiment restaurer l’image du Sénat, a du pain sur la planche.
Il faut savoir que les finances du Sénat et leur gestion baignent dans l’ombre si ce n’est l’obscurité. Une loi fait pourtant obligation au Sénat, depuis 2001, de transmettre à la Cour des comptes l’ensemble des éléments utiles à la certification des comptes. A ce jour le Sénat s’y est refusé!
En 2007, le Sénat a reçu une dotation de l’état de plus de 340 millions d’euros, inscrits au budget de l’état. L’utilisation de ces fonds est « normalement » soumis à contrôle, or elle ne l’est pas.
Outre ces fonds publics le Sénat dispose d’un « trésor de guerre » qui s ‘élevait à fin 2006 à plus de 1,150 milliards d’€, et qui bien placé lui rapporte chaque année plus de 50 millions d’€ de résultats financiers.
En 1992 le gouvernement avait demandé le rapatriement au budget de l’Etat des excédents financiers des deux Assemblées. L’Assemblée nationale l’avait fait, reversant en deux fois près de 4 milliards de francs. Le Sénat, alors présidé par René Monory, s’y était refusé.
Le système permet de verser de belles retraites aux sénateurs : en moyenne 4250 € par mois en 2006, contre seulement 2880 € aux députés. Le Sénat est pourtant monté au créneau contre les régimes spéciaux de retraite, mais pas touche aux rentes des sénateurs.
Le « magot » du Sénat se monte donc à 1,5 milliard d’euros auquel se rajoute un patrimoine immobilier considérable: le Palais du Luxembourg, superbe monument, l’annexe du Petit-Luxembourg, où réside le président du Sénat, les 25 hectares du jardin du Luxembourg, mais il y a aussi les dépendances, moins connues du grand public. Les sénateurs ont toujours pris très à coeur leur propre confort, et ont fait régulièrement de nombreuses acquisitions immobilières dans le quartier du Luxembourg.
Un charmant hôtel particulier situé au 64, boulevard Saint-Michel est la résidence du le premier questeur du Sénat. Les deux autres questeurs résident profitent chacun d’un étage dans l’immeuble du 46, rue de Vaugirard, 1 724 mètres carrés acquis en 2002 pour la coquette somme de 8 millions d’euros, sans compter les importants travaux de rénovation qui y ont été engagés.
Le Sénat mène donc grand train. Ses 1 226 fonctionnaires comptent dans leurs rangs les salaires parmi les plus élevés de la fonction publique. Il s’y rajoutent plus d’un millier d’assistants parlementaires.
A Monsieur Larcher de mettre de l’ordre dans tout cela, s’il le veut vraiment…
Il est telps que contrôle budgétaire et réduction des dépenses et du train de vie de l’état s”applique aussi à nos vénérables sénateurs!
(Source: Patrick Roger, Le Monde)
1 Réponses à “C’est la crise… Pas pour les sénateurs qui profitent du fromage et des jolies cagnottes”
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