Frustrées par les impasses répétées dans la traque de Bin Laden, les autorités US et Pakistanaises changent de tactique en intensifiant l’utilisation de drones Predator.
L’échec de cette traque a des causes multiples que décrit le Washington Post du 10.08.2009, liées an majeure partie à l’inadaptation des décisions du gouvernement américain…
Comme il n’y a pas eu traces de Bin Laden depuis qu’il ait échappé de peu à la CIA après la bataille de Tora Bora en Afghanistan, en décembre 2001, les efforts se concentrent maintenant sur une liste restreinte d’autres leaders d’al-Qaeda qui ont été localisés plus récemment, en espérant que leurs traces puissent mener à Bin Laden.
Les Predators équipés de multiples caméras on lancé leurs missiles Hellfire contre quatre cibles au cours de derniers mois. Depuis janvier, ils ont tué deux leaders importants d’al-Qaeda.
Les pakistanais estiment que les américains ont joué le jeu de Bin Laden en le pourchassant avec des missiles et des bombes. Les tribus Pachtounes le long de la frontière Pakistano-afghane, marquées par le nombre de victimes civiles voient les USA comme l’ennemi, et malgré la prime de $25 millions, personne ne veut livrer Bin Laden.
Un autre obstacle majeur a été la guerre en Irak
Des officiels de la CIA disent avoir commencé à retirer des troupes d’Afghanistan au début de 2002, et que cette erreur n’a toujours pas été rattrapée.
Certes depuis le depuis le début de l’année l’administration Bush a tenté de revigorer la chasse à Bin Laden en redéployant les Predators et les Forces spéciales. Mais entre temps la guerre en Irak avait permis à Bin Laden et à son entourage d’avoir le temps pour regrouper et consolider leurs forces dans le nord-ouest du Pakistan.
Ted Gistaro, l’analyste US en charge du renseignement sur al-Qaeda disait en août que Bin Laden « conserve l’autorité de conseil stratégique et tactique sur al-Qaeda »… Bin Laden, et son adjoint Ayman al-Zawahiri, « continuent de maintenir l’unité d’al-Qaeda qui se centre sur leur vision stratégique et leurs priorités opérationnelles. »
Une traque avec handicaps
Fin 2005, la CIA a démantelé Alec Station, ison unité spéciale dédiée à la chasse à Bin Laden. Les recherches ne menaient nulle part.
La CIA pensait que l’importance de Bin Laden avait diminué, comparée à d’autres menaces terroristes, comme les affiliés d’al-Qaeda en Irak.
Une année plus tard, de nombreux officiels ont changé d’avis et la CIA a redéployé du personnel vers la province pakistanaise du nord-ouest, où al-Qaeda a pris racine
Mais l’environnement a changé. La popularité de Bin Laden a augmenté parmi les pakistanais et l’animosité contre les américains est générale.
Les officiers de la CIA sont cantonnés dans les bases pakistanaises. Les officiers de liaison pakistanais sont plus intéressés à surveiller leur contre-partie américaine, qu’à l’aider.
De plus, il y a des querelles entre officiels américains sur l’emploi de Forces spéciales au Pakistan, malgré l’interdiction du gouvernement pakistanais.
Les officiels US disent avoir monté plusieurs opérations secrètes depuis 2005 qui auraient envoyé des équipes des Navy SEAL et de la Delta Force au Pakistan, après avoir eu des informations sur des leaders d’al-Qaeda de haut rang. Mais la plupart de ces raids ont été annulés par crainte de leur efficacité et de voir des américains tués ou capturés. Les frictions entre la CIA et les Forces spéciales ne sont pas à sous-estimer.
Ces difficultés semblent maintenant surmontées
La semaine dernière, lors d’un raid secret, des commandos US ont traversé la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan et tué 20 rebelles à South Waziristan.
Bien qu’il ait formellement protesté, le gouvernement pakistanais a généralement détoirné les yeux, quand la CIA a mené des missions Predator ou des incursions.
Ignorant les coeurs et les âmes
Les pakistanais disent que si le gouvernement US avait vraiment voulu mettre en déroute al-Qaeda, iil aurait dû moderniser la ceinture tribale du Pakistan, au lieu de la cibler avec des missiles.
Depuis 2002, Les USA ont donné plus de $10.5 milliards d’aide au Pakistan. La majorité de cet argent est allée au militaire pakistanais ou a été dépensée sans grand contrôle, selon les audits du gouvernement US. Seule une petite partie est allée à la construction d’hôpitaux et d’écoles dans l’ouest du Pakistan.
Un double jeu
Pendant sept ans, la traque de Bin Laden reposait sur la proposition que le gouvernement U.S. avait un partenaire fiable en la personne de Pervez Musharraf, le président du Pakistan qui a démissionné sous la pression intérieure en août.
Mais n’était-ilpas naïf de penser que Musharraf ou ses généraux allaient faire grand chose pour trouver Bin Laden. Le puissante agence d’espionnage Inter-Services Intelligence a cultivé des liens avec Bin Laden depuis 20 ans et beaucoup de ses officiers restent fidèles à sa cause.
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