Bob Woodward est une légende du journalisme d’investigation. C’est lui, avec son collègue Carl Bernstein, qui a « sorti » le scandale du Watergate dans les années 70.
Bob Woodward reproche maintenant au gouvernement de George Bush, dans son nouveau livre, d’avoir espionné les dirigeants irakiens, dont le premier ministre Nuri al-Maliki .
« Nous savons tout ce qu’il dit, » dit un insider anonyme du gouvernement Bush. Au cours du temps Bush a eu de plus en plus confiance en le chef du gouvernement irakien, selon Woodward. Mais il considérait l’espionnage comme nécessaire, malgré les critiques de son entourage.
D’autres révélations concernent la gestion de la guerre en Irak par l’administration Bush…
“The War Within: A Secret White House History, 2006 – 2008″ (”La guerre de l’intérieur: une histoire secrète de la Maison Blanche, 2006 – 2008″) a pour titre le livre qui sera publié aux USA lundi prochain. Le livre de 487 pages se concentre sur le leadership et le style de gouvernement de Bush, à partir de plus de 150 interviews de membres de l’équipe de sécurité nationale du président, diplomates, militaires, hommes des renseignements. Woodward a également interviewé deux fois Bush en mai 2008.
Le livre décrit une administration minée par les dissensions, ne voulant pas, ou étant tout le moins lente à prendre en compte la détérioration de sa stratégie durant l’été et le début de l’automne 2006. Publiquement Bush maintenait que les forces US « gagnaient »; en privé, il pensait que la stratégie à long-terme de former les forces irakiennes et de transférer les responsabilités au gouvernement irakien, était entrain d’échouer. Finalement, selon Woodward, le président n’avait plus confiance en les deux généraux qui dirigeaient la guerre à l’époque: le Gen. George W. Casey Jr., alors commandant de la force de coalition, et le John P. Abizaid, alors Chef du commandement central US.
Selon Woodward, la vague d’envoi de nouvelles troupes US en 2007 (”the surge”), au cours de laquelle Bush a envoyé 30,000 soldats US supplémentaires n’était pas la cause principale de la baisse de la violence au cours des 16 derniers mois.
Woodward rapporte par contret, que de nouvelles techniques révolutionnaires et secrètes ont permis aux militaires et au renseignement US de localiser, cibler et tuer les leaders des insurgés et des groupes extrémistes en Irak tel que al-Qaeda.
De façon générale, Woodward écrit que quatre facteurs se sont combinés pour réduire la violence: les opérations secrètes; l’afflux de troupes; la décision par le leader religieux chiite Moqtada al-Sadr de réfréner sa puissant Armée du Mahdi; et le réveil d’al-Anbar, au cours duquel des dizaines de milliers de sunnites se sont retournés contre al-Qaeda en Irak et se sont alliés aux forces US.
En octobre 2006, Bush a demandé un audit secret et complet de la guerre en Irak. « Vous ne recevez pas une une image claire de ce qui se passe sur le terrain », dit Condoleeza Rice à Bush, selon le livre.
La qualité et la crédibilité des informations sur l’évolution de la guerre devint une source permanente de tensions à l’intérieur de l’administration Bush. Rice se plaint des briefings « trop confiants » du Département de la Défense alors dirigé par Donald H. Rumsfeld. Au lieu de recevoir des options, Bush était abreuvé d’une « fable,une histoire… qui éludait les vrais problèmes, » aurait dit Rice.
Selon Woodward, Bush observait un détachement bizarre durant cette période, déléguant le suivi de la guerre à Stephen J. Hadley, son conseiller en sécurité nationale. (Washington Post)
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