Les Jeux olympiques d’été 2008 se sont terminés après 17 jours de sport et de célébrations que les autorités chinoises ont organisés avec une précision sans faille et une sécurité inflexible.
Le Parti communiste chinois, alors qu’il se cramponne à son système politique marxiste-léniniste, a mis les moyens financiers et techniques, et le savoir-faire pour réaliser des Jeux olympiques brillants digne d’une grande puissance mondiale. Le pays s’est montré capable de bâtir une impressionnante équipe d’athlètes , qui ont remportés plus de médailles d’or que tout autre pays, y compris les USA. Quels sont les résultats politiques de ces Jeux olympiques?
En vérité, les Jeux de 2008 se terminent par une grande victoire politique et sportive pour la Chine, renforçant l’image des leaders du parti, comme adroits managers de la plus grande nation du monde, en marche forcée vers la croissance et la prospérité.
Pour les chinois, la présence au cours des Jeux olympiques de douzaines de dirigeants étrangers, y compris le Président Bush, signifie que le monde a effectivement accepté la loi du Parti communiste, en dépit de la répression politique qui continue.
« L’état parti a été clairement vainqueur, » dit David Shambaugh, spécialiste de la Chine à la George Washington University.
L’emphase mise sur les réalisations chinoises fut intense. Elle répondait certes a des consignes du Département de propagande central, mais aussi à une fierté spontanée et légitime de la population.
L’avance américaine dans le décompte total des médailles, tout métal confondu, fut ignorée en faveur du plus grand nombre de médailles d’or de la Chine. Dans un autre exemple de ton, le titre d’un article sur le succès de l’Australien Matthew Mitcham au plongeoir de 3m, disait: « Mitcham ruine le grand chelem de la Chine en plongeon. »
Le gouvernement fut prompt à se congratuler pour les résultats, impatient de voir l’enthousiasme olympique se traduire, à la maison et à l’étranger, en soutien plus fort au mix prudent de libéralisation économique et de dictature du parti unique, que le Président Hu Jintao et ses lieutenants appellent socialisme à la chinoise.
« Ces Jeux olympiques ont renforcé la confiance en soi du peuple chinois, augmenté la cohésion nationale et renforcé la foi du pays dans la poursuite du développement pacifique, » a déclaré un commentateur de l’agence officielle New China News Agency.
Le Vice President Xi Jinping, le haut-dirigeant supervisant les Jeux olympiques et probable successeur de Hu, a vu sa position renforcée par le grand succès des Jeux. Les Jeux olympiques ont été la première tâche majeure de Xi, depuis qu’il a rejoint le tout-puissant Comité permanent du Bureau politique en octobre 2007.
Même la météo a joué pour lui. Les craintes de pollution insupportable et d’athlètes crachant leurs poumons se révélèrent infondées. Avec plus d’un million de voitures interdites de circulation et les fameuses roquettes faiseuses de pluis lancées régulièrement dans le ciel, l’air fut remarquablement clair pour Pékin en août..
Mais, ce qui est peut-être plus important, Xi et les autres dirigeants chinois ont traversé sans encombres la tempête de critiques annoncée par les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes sur le Tibet, le Darfour, la répression et la censure.
Certains analystes pensent même que la participation des leaders étrangers a encouragé Hu et les leaders du parti à croire qu’ils pouvaient sans dommages ignorer les appels en faveur des droits de l’homme. Dans cette optique, les Jeux olympiques de Pékin ont non seulement échoué à encourager le respect des droits de l’homme en Chine, comme promis, mais les ont même fait reculer.
« Pas un seul des leaders qui assistaient aux jeux olympiques, ni les membres du CIO n’ont saisi l’opportunité de contester le comportement du gouvernement chinois de manière significative, » déclare Sophie Richardson, directeur pour l’Asie de Human Rights Watch, basé aux USA. « Qui s’étonnera qu’après les Jeux olympiques, le gouvernement chinois reste intransigeant sur les droits de l’homme? »
(Source: Edward Cody, Washington Post, 25.08.2008)
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