Barack Obama, islamiste noir ? Une campagne de désinformation, de mensonges volontairement orientés renforce les préjugés inconscients, et influence fortement les électeurs indécis qui sont la clé des élections présidentielles américaines. Les psychologues sont consternés. Ne gagne-t-on aucune voix avec la vérité ? Faut-il mentir et calomnier pour cela ?
Savez vous que le second prénom de Barack Obama est Hussein, comme le dictateur irakien renversé? Et qu’Obama , lorsqu’il fut assermenté, a voulu jurer sur le Coran et non sur la bible? Plus se déroule la campagne électorale aux USA, plus s’allonge l’ombre des contre-vérités, des rumeurs et de mensonges , contre lesquels le candidat afro-américain doit se battre.
La vérité: Obama est chrétien, il a une mère sachristaine et a constamment juré sur la bible. Mais aucun électeur ne se gagne avec la vérité, il faut, par contre, faire resurgir toutes les associations négatives que tout électeur porte en lui.
C’est ce qu’affirme Bertram Gawronski, psychologue allemand à la faculté de psychologie de Western Ontario au Canada. La perspicacité de ses analyses lui a valu, cette semaine, un article dans le magazine “Science”, qui publie cette semaine une enquête, par laquelle Gawronski étaie ses affirmations sur les élections américaines (Volume 321, page 1100). Il y démonte les aspects négatifs de l’intuition et de l’inconscient, il attaque le sacro-saint principe de l’homme être pensant.
En collaboration avec la psychologue Silvia Galdi, il a conduit une enquête de terrain à Vicenza , ville moyenne proche de Venise, qui est surtout connu pour son immense base américaine. Celle-ci doit être étendue, et ainsi, fin 2007, se déroula une lutte acharnée entre les habitants, sur les risques d’attaques terroristes, les dangers pour l’environnement, mais aussi les conséquences pour l’emploi, qui dépendent de cette décision.
Gawronski s’est concentré sur les indécis et a soumis un échantillon de 129 citoyens à un test, afin d’en apprendre plus sur les certitudes inconscientes. Au test des associations implicites, les testés virent sur écran des images de la base américaines et devaient les catégoriser avec des mots positifs ou négatifs. Pour atteindre leurs certitudes inconscientes, ils devaient répondre vite et le temps de réponse était enregistré.
Les psychologues accédèrent ainsi au profond de l’âmes des personnes testées, là où se terrait la haine des américains, la grande peur de perdre son travail, des sentiments qui sont plus forts que le conscient. Ces positions inconscientes, que Gawronski appelle des associations automatiques, décident ensuite effectivement du positionnement des gens sur la question de l’extension de la base.
« Les gens pensaient qu’ils étaient indécis, alors que leur inconscient avait décidé depuis longtemps, » commente Gawronski, dont les résultats sont sans équivoque sur l’indépendance de l’Homo Sapiens.
Les stratèges électoraux des deux candidats à l’élection présidentielle américaine ont pris connaissance avec intérêt des résultats de cette étude.
« Avec du contenu on n’atteint absolument pas les électeurs indécis, » dit le psy. Celui qui veut les gagner doit en appeler aux réflexes de décision inconscients.
« Si je contemple la campagne électorale aux USA, je vois que les stratèges des partis l’ont parfaitement compris, » déclare Gawronski.
Ainsi le clip de campagne « Celeb », de John McCain, qui au premier degré considère Barack Obama comme un people et le compare à Paris Hilton et Britney Spears, est en fait destiné à réveiller au tréfond de l’âme des électeurs l’image d’un homme noir avec deux femmes blanches, c’est-à-dire l’un des tabous racistes les plus tenaces chez le redneck moyen.
Pour Barack Obama cela n’augure rien de bon. Son adversaire John McCain associe Obama à l’Islam et à sa peau sombre, et réveille ainsi dans l’inconscient de nombreuses images négatives.
« La stratégie est subtile et odieuse, mais elle marche, » dit Gawronski. Le sondages en baisse pour Obama, ces derniers temps, s’expliquent selon lui par un nombre de plus en plus grand d’indécis qui se décident, « pour des préjugés cachés, et ainsi contre Obama. »
On voit en Allemagne aussi, l’apparition de ce types d’attaques sous la ceinture. Le psy rappelle les remarques de l’épouse du chancelier, Doris Schröder-Köpf au cours des dernières élections législatives, sur le fait que le challenger Angela Merkel n’avait pas d’enfant. Chez de nombreux indécis, ces déclarations ont vite suscité les représentations négatives d’une femme qui n’a pas mérité le rôle assigné par la nature.
Cela ressemble à du lavage de cerveau. « Un tel mécanisme fonctionne même chez des individus se considérant comme évolués, ouverts au monde et émancipés. » Celui qui veut s’observer lors d’un tel « faux-pas » mental peut faire sur internet les tests implicites d’associations.
Des images de personnes grosses et minces lui seront montrées et il devra classer le plus vite possible des adjectifs positifs et négatifs. Le temps de réponse est mesuré, et des conclusions sont tirées sur les préjugés cachés contre les gros, les femmes, les étrangers ou les homosexuels.
2 Réponses à “John McCain peut-il battre Barack Obama grâce à la Haine et à la Peur?”
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