Alors qu’il reçoit des milliers de tonnes de nourriture de l’aide internationale, le Soudan vend de larges quantités de ses propres récoltes à des pays étrangers, capitalisant sur les prix mondiaux élevés des produits agricoles, pendant que des millions d’habitants de sa région du Darfour n’ont pratiquement rien à manger…
Alors qu’il reçoit des milliers de tonnes de nourriture de l’aide internationale, le Soudan vend de larges quantités de ses propres récoltes à des pays étrangers, capitalisant sur les prix mondiaux élevés des produits agricoles, pendant que des millions d’habitants de sa région du Darfour n’ont pratiquement rien à manger..
Au coeur du désert, là où des carcasses desséchées d’ânes bordent la route, apparaissent soudain de vastes étendues de verdure. Haricots, blé, sorgho, melons, aubergines, tout cela pousse ici, dans le cadre d’un ambitieux programme gouvernemental pour l’autosuffisance du Soudan, qui crée des fermes géantes, automatisées qui sortent du désert comme des mirages.
Mais quelle part de cette manne va dans les camps du Darfour où 2,5 millions de réfugiés meurent de faim? Et pourquoi un pays qui exporte de larges quantité de ses propres récoltes, reçoit plus de nourriture gratuite que tout autre pays dans le monde, alors que le gouvernement soudanais est accusé d’être à l’origine de la crise.
Le Soudan cultive du blé pour l’Arabie Saoudite, du sorgho pour l’alimentation des chameaux aux Emirats Arabes Unis, des tomates pour l’armée jordanienne. Le gouvernement investit $5 milliards pour de nouveaux projets agricoles, essentiellement destinés à produire pour l’exportation.
Pour le sorgho, un aliment de base au Soudan, les Etats Unis en ont envoyé 283,000 tonnes dans le cadre du programme d’aide alimentaire au Darfour. Bizarrement, c’est à peu de choses près la quantité que le Soudan exporte, selon les officiels de l’ONU. En 2008, les sociétés soudanaise liées au gouvernement de Khartoum, sont en piste pour exporter le double, alors que l’ONU est contrainte de réduire les rations au Darfour?
Eric Reeves, professeur au Smith College qui a fréquemment écrit sur la crise au Darfour, appelle cette anomalie « l’un des aspects les moins connus et les plus scandaleux de la politique intérieure du régime de Khartoum. »
Les organisations humanitaires savent que le gouvernement soudanais n’aidera pas les gens au Darfour, le président Omar Hassan al-Bashir étant la tête pensante du génocide ai Darfour. Cela laisse à l’ONU et aux organisations humanitaires la responsabilité de nourrir 3 millions de réfugiés au Darfour.
« Le Soudan pourrait être auto-suffisant » déclare Kenro Oshidari, le directeur du programme alimentaire de l’ONU au Soudan. « Il a le potentiel d’être le grenier alimentaire de l’Afrique. »
(Source: The NY Times)
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