Selon un rapport confidentiel des Nations Unies, le Hezbollah est massivement approvisionné en armes par la frontière syrienne. Son leader, Hassan Nasrallah, appelle au renversement du gouvernement démocratique du Liban….
A quoi sert la FINUL ?
Les Nations Unies dans un rapport confidentiel du 01.12.2006 au Conseil de sécurité, confirme les accusations israéliennes à propos du réarmement du Hezbollah, en violation de l’embargo sur les armes décrété par la résolution 1701 du Conseil de sécurité, le 11.08.2006 pour mettre fin au conflit avec Israël.
Un haut responsable proche du dossier, contacté par Le Monde, évoque « un réarmement constant et massif du Hezbollah ».
Selon la même source, Fouad Siniora, premier ministre du Liban refuserait de divulguer les informations « alarmantes » glanées par ses services, compte tenu de la crise politique intérieure créée par la démission, le 11.11.2006, des ministres du Hezbollah.
Toujours selon cette source, ces armes seraient « iraniennes pour l’essentiel » et entreraient au Liban par la frontière terrestre avec la Syrie, grâce à la complicité de sympathisants du Hezbollah au sein de la sûreté générale libanaise, qui contrôle les points d’entrée du pays. La plupart de ces équipements iraient « dans les camps palestiniens, qui sont un lieu sûr, surtout dans la plaine de la Bekaa ».
Un responsable militaire de l’ONU confirme que « ni la Force intérimaire des Nations unies au Liban, ni l’armée libanaise ne pénètrent dans les camps palestiniens, y compris dans la zone d’opération de la Finul. On sait que c’est plein d’armes. L’absence d’étanchéité de la frontière est un secret de Polichinelle ».
Les accusations israéliennes à propos du réarmement de la milice pro-iranienne sont constantes depuis la fin de la guerre cet été. La poursuite de l’approvisionnement en armes du Hezbollah est la raison avancée par Israël pour continuer ses vols de reconnaissance au-dessus du Liban et seraient donc justifiées.
50 militants d’al-Qaida infiltrés au Liban pour assassinner des personnalités anti-syriennes
Par ailleurs, dans un second rapport confidentiel adressé aux Nations Unies et dont Le Monde a pu aussi prendre connaissance, il est fait état de l’infiltration au Liban d’un commando d’une cinquantaine de militants affiliés à al-Qaida et ayant combattu en Irak. L’objectif de ce commando infiltré au Liban, via la Syrie, serait d’y fomenter « un complot terroriste de Damas visant à assassiner 36 personnalités libanaises antisyriennes ».
Selon ce rapport, le représentant de l’OLP à Beyrouth, Abbas Zaki, a informé un responsable de l’ONU présent sur place que ces militants seraient « installés dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban ».
L’ancien ministre de l’intérieur libanais, Ahmed Fatfat, a indiqué au Monde il s’agirait d’une « Al-Qaida syrienne ». « Ils sont très bien entraînés et équipés et leurs ordres viennent de Damas », a souligné Ahmed Fatfat.
Et le Hezbollah pendant ce temps ?
Dans son discours du 07.11.2006, tenu devant des milliers de supporters au centre de Beyrouth, le leader du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah a promis de renverser le gouvernement libanais, démocratiquement élu.
Il a accusé Siniora, le premier ministre de connivence avec Israël pour saisir les armes livrées au Hezbollah.
Il a accusé des membres du gouvernement, sans citer de noms, d’avoir demandé à des diplomates américains, d’intervenir auprès d’Israël pour détruire le Hezbollah.
Nasrallah a déclaré que les manifestations quotidiennes continueraient jusqu’à la démission du gouvernement libanais.
Siniora, qui est soutenu par la majorité anti-syrienne du parlement et par les occidentaux, a à plusieurs reprises refusé de démissionner et d’octroyer un droit de véto au Hezbollah au gouvernement.
Nasrallah n’est pas apparu en personne pour des raisons de sécurité, mais a parlé via une liaison vidéo, sur des écrans géants.
Ce discours semble être une tentative de mobiliser les sympathisants du Hezbollah en vue de la démonstration de masse prévue le 10.12.2006, au centre de Beyrouth.
(Source : Philippe Bolopion & Michel Bôle-Richard, Le Monde, 08.12.2006 ; The Jerusalem Post, 08.12.2006)
hezbollah
, islamisme
, israël
, liban
, politique internationale
, proche orient ![[T]](http://static.technorati.com/pix/icn-talkbubble.gif)
Si vous avez trouvé de l’intérêt à ce billet, cliquez sur le petit bouton Fuzz pour voter pour lui. Merci!
0 Réponses à “Le Hezbollah veut mettre la main sur le Liban”
Laisser un commentaire