Le basketball US a dominé le monde pendant des décennies. Entre temps, les équipes Européennes sont devenues une vraie concurrence. La NBA doit se réorienter, avant tout vers la formation. De nombreux joueurs sont trop peu formés techniquement et tactiquement…
(ceci fait suite au billet, " La crise de la NBA ")
Dans la NBA, de tels manques techniques se compensent plus facilement, le jeu étant basé sur des duels un contre un. C’est plus spectaculaire.
La défense de zone n’était même pas tolérée autrefois. Et le cercle sous le panier procure moins de fautes offensives interrompant le jeu et plus de dunks spectaculaires. Cela fait mieux dans l’ESPN-Sportscenter.
« Aux USA nous sommes focalisés sur le temps forts, » critique Michael Jordan. Cela ne vaut pas grand-chose pour les puristes du basket.
De plus le jeu dans la NBA est volontiers présenté comme tendre. « Le jeu international est beaucoup plus physique que chez nous, » explique l’ancien joueur NBA Charles Barkley. « Autrefois il fallait être un homme pour exister dans la zone. Aujourd’hui chaque contact est sifflé, » dit le joueur des Suns Phoenix Kurt Thomas. Les joueurs s’y habituent et quand, lors des rencontres internationales, ils sont entrepris plus rudement, sans qu’une faute soit sifflée, ils se plaignent auprès de l’arbitre.
La NBA est régulièrement soupçonnée de protéger ses stars. La règle du handchecking (le joueur qui défend ne doit pas toucher celui qui a la balle) aide avant tout les tireurs comme Kobe Bryant, LeBron James et Dwyane Wade. « Ainsi il est très difficile voire impossible d’empêcher de tels garçons de scorer, » dit Raja Bell des Suns.
Ce n’est pas étonnant pour l’Alltstar Darryl Dawkin. « La ligue fait cela parce que les stars remplissent les caisses, ainsi elles doivent être protégées. » D’autre part, un nombre de points élevé, garantit, pour le fan de base qui n’a guère de notion de tactique d’équipe, un match attractif, ce qui est la première maxime des dirigeants de la NBA
« Avec tout le respect que j’ai pour les Américains, je préfère notre jeu, parce qu’il est plus un jeu d’équipe, » déclare Ettore Messina, le coach du ZSKA Moscou, vainqueur de la coupe d’Europe.
Mais malgré toute les critiques à la NBA il faut admettre que le basket mondial ne serait pas au niveau où il est sans la NBA. Chaque ligue et chaque club guettent les innovations produites par David Stern. Les plus fortes équipes comme les San Antonio Spurs, les Phoenix Suns ou les Dallas Mavericks, en forme optimale, domineraient encore toute autre équipe.
Le Commissioner de l’Euroleague, Jordi Bertomäu, se refuse à donner des conseils à la NBA.
Mais une ou deux recommandations peuvent néanmoins être faites.
Il faudrait, dans les règles, revenir à l’esprit initial du jeu, avant les aspects marketing. Les jeunes stars comme James, Anthony ou Wade n’ont pas besoin de protection, ils sont assez forts pour s’affirmer. Après tout Michael Jordan s’imposait contre les Bad Boys de Detroit et la bande de pirates des New York Knicks.
S’il s’agit de la formation des talents, on peut tranquillement se tourner vers l’Europe pour apprendre. Des rookies (joueurs en première année de NBA) mieux formés élèverait le niveau pour longtemps, gâterait les puristes et montrerait au reste du monde, que l’on n’est pas arrogant, mais que l’on se laisse aider et reconnaît qu’ailleurs aussi on travaille bien.
(Source : Sven Simon, Der Spiegel, 06.12.2006)
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