La France vend son histoire pour rembourser sa dette

Le gouvernement Français vend des douzaines de propriétés historiques à Paris et en province, afin de déplacer des fonctionnaires vers  des lieux moins couteux et d’aider au remboursement de sa dette publique….
(plus haut, immeubles appartenant au ministère des affaires étrangères, à gauche, et aux douanes, à droite)

L’état Français s’est déjà déchargé de douzaines de châteaux, villas et hôtels particuliers. Des étrangers, principalement des fonds de pension Américains et des fonds d’investissement, sont les plus gros acheteurs jusqu’à présent. Avec toute leur fierté Gauloise, les Français semblent heureux de voir n’importe qui enlever ces propriétés des mains des contribuables.
« Tous les emplacements sont de premier choix, et ce sont de magnifiques ensembles immobiliers, » déclare Eric E. Sasson, directeur de l’immobilier en Europe pour le groupe Carlyle, le groupe d’investissement mondial qui a acheté plusieurs propriétés. (Plus haus, immeuble 19 av Kléber)

La France est accablée par son opulent patrimoine. L’état possède tant de châteaux, manoirs et bâtiments monumentaux, qu’il ne sait qu’en faire et ne peut difficilement se permettre les coûts d’entretien. Le pays dépense €2 à 3 milliards par an pour entretenir ses propriétés.
Il a transféré quelques propriétés et les maux de tête de l’entretien aux collectivités locales. Le travail sur des centaines de propriétés a été suspendu, faute de fonds.

La France n’est pas la seule. Partout en Europe, les pays batailles pour maintenir les bâtiments Romans, Gothiques, Renaissance, Baroque, … qui leur ont été laissés.
La Grande-Bretagne utilise 18.7% des revenus de la loterie nationale pour étayer les vieux édifices du pays.
L’Italie a crée un fond immobilier coté en bourse pour conserver son patrimoine et maintenant fait du lease back sur les bâtiments.

Parce qu’ils sont essentiellement de utilisateurs et non propriétaires, les ministères Français sont peu incités à dépenser pour des rénovations périodiques. Quand les budgets sont serrés, la maintenance des immeubles est supprimée. Le résultat est des intérieurs défraîchis et des façades qui s’effritent.
La crise est si aigue qu’en septembre 2006, Dominique de Villepin a promis €70 millions par an en urgence pour couvrir les travaux les plus critiques de sauvegarde du patrimoine de la France.
Le gouvernement, entre temps s’est lancé dans un programme de ventes de certains immeubles utilisés par les ministères.

Selon un rapport gouvernemental de 2006, l’état possède plus de €40 milliards dans l’immobilier, sans compter les propriétés qui « n’ont pas de prix ». Les ministères de finances admet que son évaluation des propriétés peut être « légèrement inférieure au marché ».
Il a déjà vendus pour plus de €1,2 milliards. Daniel Dubost, le fonctionnaire des finances qui supervise les ventes s’attend à ce que me programme continue à ce rythme pendant des années.
L’argent de la vente est reversé au ministère qui avait en dernier le contrôle de la propriété, mais 15% vont à l’état pour le remboursement de la dette.

Des critiques disent que le gouvernement ne diffuse pas assez d’informations et ne fait pas de publicité afin d’obtenir un prix meilleur.
Tout le monde n’est pas satisfait. L’Institut Montaigne a critiqué le programme dans un rapport qui disait que l’état vendait « selon les caprices du marché, sans vision à moyen ou long terme de la gestion de son patrimoine. »

Les acheteurs doivent déposer une caution conséquente et l’état se réserve le droit de retirer un bien qui ne reçoit pas une offre adéquate.
Une fois qu’un bâtiment est vendu, le ministère a trois ans pour vider les lieux, et verse pendant ce temps un loyer au nouveau propriétaire.
L’équipe de Dubost, sélectionne pour la vente des propriétés qui ont trop de valeur pour justifier leur utilisation actuelle, ou ne sont pas compatibles avec leur fonction.

L’un des exemples les plus criants, dit-il, est la division pour la musique, la danse et le théatre du ministère de la Culture qui occupe un hôtel particulier, l’hôtel Kinsky, qui fut occupé par Marie Leopoldine Palffy, l’une des maîtresses du duc de Choiseul, le ministre des affaires étrangères de Louis XV.

L’acheteur serait un membre de la famille royale Saoudienne.
Seules quelques autres propriétés ont été vendues à des particuliers. Le milliardaire Vincent Bolloré a payé €10 millions pour une maison de ville face au Bois de Boulogne.
Mais les plus gros acheteurs sont des fonds financiers recherchant des investissements à long-terme.
En 2005, Westbrook Partners de New York a acheté un bâtiment de bureaux Art Deco près de La Madeleine.

Le groupe Carlyle a payé €165 millions pour un immeuble Belle Epoque de 21.500 m2 rue du Bac.

(Source : CRAIG S. SMITH, The NY Times, « History for Sale; Needs Work », 30.11.2006)
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