Le luxe ‘Made in France’ a toujours la cote

Les fonds d’investissement américains et asiatiques s’intéressent de plus en plus aux PME Françaises du secteur du luxe, selon BusinessWeek, exemples à l’appui…

La stratégie de Brazos Europe Inc., un groupe d’investissement peu connu formé par les anciens associés du milliardaire Texan Robert M. Bass, se tourne vers le marché du luxe dans les provinces Françaises.
Ils ont fait leur fortune dans tous les secteurs, de l’immobilier déprécié Canadien au gaz et pétrole Chilien. Brazos, basé à Washington, espère maintenant trouver à nouveau de l’or, cette fois sur le marché Européen du luxe.

Pour débuter, les deux managers Bernard J. Carl et Shannon Fairbanks, investissent $25 millions pour acheter et développer D. Porthault, le fabricant familial de linge de maison de super classe.
Ils suivront avec un fond de $300 millions pour investir dans des entreprises familiales Françaises, plus particulièrement dans le secteur du luxe.

Les géants Français comme LVMH, avec des marques Louis Vuitton et Fendi, et PPR, qui possède Gucci and Yves Saint Laurent, enregistrent des profits record à travers le monde.
Mais opérant à l’ombre de ces géants, il y a une constellation de petites entreprises familiales qui s’accrochent au luxe couteux.
Le gouvernement Français évalue à 3.000 le nombre de ces entreprises artisanales précieuses, appelée «  Entreprises du Patrimoine Vivant », dont un tiers est dans le marché du luxe.

Une usine bancale
Nombre d’entre elles sont des fruits mûrs pour Brazos et ses pairs.
Les petites entreprises du luxe, souvent dans la même famille depuis plus de cent ans, ont besoin d’idées neuves, de nouveaux talents, de capitaux et de distribution moderne. Et l’argent commence à arriver.
En 2005, Asim Abdullah, un milliardaire Pakistanais du dot-com, a acheté à une société Italienne le couturier Emanuel Ungaro.
Christofle, le célèbre fabricant d’articles de table de luxe a vendu une part de 20% de son capital à un investisseur Japonais, BSL Corp.
Lanvin, la maison de haute couture, appartient maintenant à un groupe Chinois.

Brazos pense que c’est le bon moment pour aller sur ce marché. L’usine de Porthault dans le nord de la France date des années 40, et ces machines sont même plus vieilles. Une production chaotique lui a fait refuser des offres de fournitures de Harrod et d’autres chaînes de luxe.

Les produits Porthault ont longtemps eu un pouvoir d’appel pour une niche de gens fortunés, sous la houlette de son dirigeant, Marc Porthault, le fils du fondateur.
Les draps et serviettes de bains Porthault furent à la Maison Blanche des Kennedy, et dans les résidences de la famille royale Britannique.

La prime au ‘Made in France’
La stratégie de Brazos est d’augmenter le chiffre d’affaires de la société de $7 millions à $75 millions en sept ans. Le plan est d’ouvrir une douzaine de magasins de San Francisco à Moscow et Tokyo et de s’étendre dans les chaînes d’hôtels de luxe aux USA.
Brazos attend un retour sur investissement de 30% l’an.
La clé de la stratégie est de maintenir élevés les prix de Porthault en maintenant la qualité et la production en France uniquement.
Carl déclare : « Vous n’avez pas idée de ce que les gens sont prêts à payer pour le label ‘made in France’ ».

Le pari paiera-t-il ? La route de l’équipe Américaine est longue et semée d’embuches.

(Source : BusinessWeek, « Snuggling In The Voile Sheets », 28.11.2006)
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