Epouvante en Europe : Gazprom le producteur Russe de gaz naturel veut augmenter ses prix en 2007 de 15%. Les états baltes et le Belarus seraient le plus durement touchés. Les distributeurs Allemands s’efforcent de combattre l’agitation qui gagne du terrain…
(Photo : installations d’extraction de Gazprom en Sibérie occidentale)
Chez E.on Ruhrgas règne la confusion : « nous avons des accords de fourniture de gaz à long terme, dont les prix sont liés à ceux d’énergies concurrentes. Ainsi les prix de gaz Russe à l’importation suivent aussi les prix du pétrole, » a souligné l’importateur Allemand.
Le prix du pétrole a sensiblement baissé au cours des dernières semaines, ce qui exclut une hausse du prix du gaz. Des demandes de Gazprom de nouvelles hausses du gaz ne seraient pas connues de Ruhrgas.
Les politiciens Allemands ont immédiatement pris la parole : « Gazprom étrangle l’Europe, » a déclaré la porte-parole pour l’énergie du groupe FDP (libéraux) au Bundestag, Gudrun Kopp. La dépendance du gaz Russe serait le résultat d’erreurs dans la politique de l’énergie ces dernières années. La vice-présidente du groupe des Verts a même mis en garde contre « la création d’un nouveau cartel du gaz ».
Même les experts Russes se montrent surpris par les plans de hausse des prix à l’exportation. Les plans de Gazprom, que le journal économique Russe « Vedomosti » a rapporté, donnent une impression « agressive », a jugé la banque d’investissement Deutsche UFG à Moscou.
Mais cela semble être vrai : le budget de Gazprom prévoit de négociations de prix en 2007, selon des sources internes à l’entreprise. Les distributeurs Européens devraient au lieu de $250 pour
Les fournisseurs d’énergie Allemands sont néanmoins rassurants
Les plans de Gazprom ne toucheraient pas particulièrement l’Allemagne. Les preneurs Allemands paieraient déjà autour de $290.
Wingas, une entreprise commune de Gazprom et BASF, explique avoir prolongé les contrats d’importation avec Gazprom à temps, jusqu’en 2030. Les prix sont régis par ces contrats.
L’Europe de l’ouest se trouve déjà à un haut niveau de prix.
Par les annonces de Gazprom, ce sont plus les pays d’Europe de l’Est qui seraient concernés.
Presque un logement sur deux en Allemagne est chauffé au gaz. Dans le prix du gaz pour les ménages, 74% vont à la production, au transport et à la distribution. Les 26% restants seraient des taxes et des redevances, selon les industriels du gaz. Un tiers du gaz en Allemagne vient de Russie (26% en France).
Durement touchés par la hausse sont par contre les républiques baltes et le Bélarus
Selon « Wedomosti », le Bélarus qui ne paierait jusqu’à présent que $46 devrait payer $200 en 2007. La Lettonie,la Lituanie et l’Estonie seraient facturés entre $220 et 260.
Si Gazprom devait réellement mettre en œuvre ces plans, cela conduirait à des rejets virulents. Le président Bélarus Alexander Lukatchenko a menacé de rompre les relations diplomatiques avec son principal allié.
Fin 2004, l’augmentation des prix de gaz pour l’Ukraine avait conduit à une crise de dimension internationale, Gazprom avait momentanément fermé les robinets de gaz.
Gazprom resterait néanmoins dans le rouge
Avec la hausse de prix, Gazprom, contrôlé par le Kremlin, veut augmenter son chiffre d’affaires à l’export de 20% au niveau record de $46 milliards.
Mais, même si ces objectifs ambitieux sont atteints, le déficit global menace une fois de plus Gazprom. La cause en est les tarifs fixés par l’état pour le marché intérieur Russe de même que, selon les critiques, une gestion très inefficace et une faible productivité.
Il y a une semaine, Wladimir Poutine avait refusé une mise à niveau des prix intérieurs Russes avec le niveau mondial avant l’élection présidentielle de 2008. Selon « Vedomosti », le prix intérieur Russe devrait néanmoins augmenter de 15% à l’équivalent de $49 pour
Le Kremlin se veut rassurant
Le Kremlin a démenti des informations récentes sur de possibles pénuries de gaz Russe dans les années à venir, par manque d’exploitation de nouveaux gisements. Le gouvernement réduirait la consommation intérieure, selon une interview du conseiller de Poutine, Igor Chuwalow au « Financial Times ». L’industrie locale doit utiliser plus les énergies hydraulique, nucléaire et le charbon. La Russie demeure le fournisseur d’énergie le plus sûr pour l’Union Européenne, a déclaré Chuwalow.
(Source : Der Spiegel, 27.11.2006)
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