Le PDG de Siemens Klaus Kleinfeld et le président du conseil de surveillance Heinrich von Pierer ont envoyé une lettre à l’ensemble des salariés du groupe au sujet des affaires de corruption qui secouent la société. Dans cette lettre, ils admettent une énorme perte d’image et déclarent vouloir maintenant « nettoyer sans compromis ». Présentation de « l’affaire »…
Von Pierer considère que cette affaire de corruption met en danger les fondements de l’entreprise.
Dans la lettre cosignée avec Klaus Kleinfeld il écrit aux salariés : « Aucun salarié, aucun manager, ne peut prétendre qu’il les règles d’éthique en vigueur dans notre maison. »
Les managers avaient écrit : « Les nouvelles graves qui s’accumulent sur de nouveaux détails ressortant jusqu’à présent des enquêtes, provoquent d’énormes dommages. »
La justice de Münich, ou se trouve le siège de Siemens, a fait procéder à l’arrestation de six employés de Siemens et vérifie si effectivement il y a eu création d’une caisse noire de €200 millions pour payer des pots-de-vin.
« Dans un communiqué de presse du procureur de Münich il est même fait état d’’association de malfaiteurs’. Nous ne considérons pas cela comme exagéré, en constatant qu’il s’agit ici des fondements de notre entreprise axés sur la pérennité, » ont expliqué Von Pierer et Kleinfeld.
La crédibilité et le sens de la responsabilité commerciale de Siemens sont menacés.
Selon les premières enquêtes, des collaborateurs de haut niveau de la division de télécommunications Com, aurait détourné €200 millions des caisses de l’entreprise pour alimenter des caisses noires à l’étranger. Les ministères publics de Münich, comme d’Autriche, d’Italie et de Suisse vérifient si cet argent n’a pas servi à verser des pots-de-vin en Grèce, au Nigéria et dans d’autres pays.
Le Liechtenstein enquête depuis deux ans
La justice du Liechtenstein a déclaré instruire depuis fin novembre 2004 contre deux anciens employés de Siemens et deux autres personnes pour détournement, blanchiment et corruption.
« Dans l’accusation de corruption, il s’agit de versements en relation avec les affaires de Siemens AG dans le domaine des télécommunications en Asie, Afrique et Europe, » a déclaré le procureur général Robert Wallner.
Siemens a tenté d’étouffer l’affaire en déclarant ne pas avoir subi de dommage, et demandant la suspension des poursuites contre les quatre inculpés. Selon l’état actuel des connaissances, il s’agirait dans cette affaire €7,6 millions transférés sur des comptes au Liechtenstein.
La haute direction de Siemens mise en cause
Selon le « Süddeutsche Zeitung », l’un des ex-salariés de Siemens détenu, les agissements des managers auraient été connus de la direction du groupe. Il charge notamment lourdement l’ancien membre du conseil d’administration Thomas Ganswindt, qui aurait eu connaissance des caisses noires et de la corruption au niveau mondial. Celui-ci a quitté Siemens depuis quelques mois pour prendre la tête d’une autre entreprise. En septembre 2005 il avait pris directement la direction de la division télécommunications Com, qui était l’un des secteurs « à problème » de Siemens.
L’ancien salarié a fait sa déposition après des aveux complets.
Avis personnel : dans une entreprise structurée et contrôlée comme Siemens, il parait peu crédible que €200 millions aient pu être détourné sur des comptes à l’étranger sans que la direction générale n’ait été au courant.
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