Réduction de la dette publique : croissance ou économies ?

La dette publique de la France a été multipliée par cinq en vingt ans, et sera proche des  €1.200 milliards à fin 2006. Chaque ménage français supporte ainsi une dette d’environ €41.000, deux fois sa dette privée moyenne. La totalité de l’impôt sur le revenu payé par les Français ne sert qu’à payer les intérêts de la dette publique actuelle. Que faire ?

Ces chiffres dramatiques n’inquiètent pourtant guère les candidats à l’élection présidentielle. Ils promettent à tour de bras de nouvelles dépenses sans indiquer les recettes qu’ils compteraient trouver pour financer ses dépenses et encore moins pour réduire la dette.

Invitée, le 12.11.2006, du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, Marie-Ségolène Royal a affirmé que le retour de la croissance, une fois qu’elle serait au pouvoir, suffirait à résoudre le problème de la dette. Elémentaire cher Watson, que n’y avait on pensé plus tôt… Avec la croissance, les recettes augmentent, les dépenses sociales diminuent, et la dette avec elles.
Mais en affirmant qu’on compte sur la croissance pour réduire la dette, on ne fait que déplacer le problème. La croissance dépend tant de facteurs exogènes (croissance mondiale, évènements géopolitiques,…) que nous ne maîtrisons pas, que faire croire au Français que l’on résoudra le problème de la dette par la croissance, c’est leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Y a qu’à, faut qu’on…

Pourtant, certains à l’étranger ont réussi à réduire notablement leur endettement.
Comment ont-ils faits ?

Ils se sont essentiellement fondés sur la réduction des dépenses publiques plus que sur l’augmentation des impôts, en se concentrant sur les transferts sociaux, les subventions aux entreprises et la masse salariale publique.

  • En Suède, souvent citée en exemple par Mme Royal, la pression fiscale est restée forte, les dépenses publiques ont baissé de 16% de PIB depuis le milieu des années 90.
  • Au Canada, les dépenses publiques ont baissé d’environ 20 % de 1994 à 1997. L‘emploi public a été diminué de 15 %, avec 60.000 fonctionnaires partis en retraite anticipée, licenciés ou reclassés dans le secteur privé, un gel des salaires des fonctionnaires et une baisse de 60 % des subventions aux entreprises.

« L’ajustement budgétaire s’est la plupart du temps inscrit dans une logique de rupture. La réforme a été globale, de taille importante, et a été mise en oeuvre d’un seul coup afin de montrer la cohérence d’ensemble du projet », déclare Carine Bouthevillain, économiste à la Banque de France dans une étude Récente.
Croître, c’est bien, faire des économies, c’est mieux.
Pas de réduction de dette sans traitement de cheval et rupture avec les usages.
Nos politiques en auront-ils le courage et la volonté ? A les entendre jusqu’à présent, c’est douteux.

(Source : Pierre-Antoine Delhommais, Le Monde, 22.11.2006)
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3 Réponses à “Réduction de la dette publique : croissance ou économies ?”


  1. 1 seb

    reduire les depenses publiques nest ce pas ce que fait villepin en ce moment en reduisant le nbr de fonctionnaires par ex ?

  2. 2 Jakouiller

    @seb En effet, le réduction du nombre de fonctionnaires en ne remplaçant que partiellement les départs contribue à réduire les dépenses publiques. Mais pour diminuer la dette, encore faut-il ne pas réduire les revenus (impôts) et ne pas engager de nouvelles dépenses non compensées par des économies…

  3. 3 Jakouiller

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