Royal victime des vilains machistes

Pour tenter de contrer l’impression bizarre laissée dans les rangs socialistes par ses excellents propos sur le temps de travail des enseignants qu’elle veut amener à 35H de présence effective dans les établissements, Marie-Ségolène Royal joue la carte de la victime :

  • Victime de concurrents déloyaux qui diffusent honteusement sur Internet des propos qu’elle a tenu à l’insu de son plein gré (l’intégralité du débat devait être diffusée par l’équipe Royal, pour « rétablir le vérité », à ma connaissance ce n’est toujours pas fait…);
  • Victime d’infâmes concurrents « machistes » (DSK et Fabius), accusés le 13.11 au soir de tenir à son encontre des propos indigne envers son état de femme.

Les deux « accusés » se sont empressés de répondre…

Le 13.11, lors d’un meeting à Paris,  Marie-Ségolène Royal avait accusé Dominique Strauss-Kahn d’avoir tenu ce propos machiste au terme du dernier débat télévisé du PS: « elle aurait mieux fait de rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine ».
DSK a qualifié d’ « assez indigne » les accusations de sa rivale Marie-Ségolène Royal en cette fin de campagne interne. Il l’a accusé le 15.11 de lui « prêter des propos machistes sans la moindre preuve ».

« Le féminisme est une belle cause. On ne la grandit pas en utilisant des arguments de ce genre », a-t-il déclaré sur Europe 1, invitant la députée à faire « du féminisme par la preuve ».
Dominique Strauss-Kahn a observé que « dans l’équipe de Ségolène Royal, il ne voyait pas beaucoup de femmes », alors que « autour de moi, j’en vois beaucoup ». « Je n’accepte pas que sans la moindre preuve on me prête des propos machistes qui sont faux », a-t-il plaidé.
Dominique Strauss-Kahn estime avoir passé la campagne interne à « essayer de proposer », tandis que « Ségolène Royal a passé cette campagne à corriger ses déclarations, à les modifier. Cinq semaines de campagne, cinq corrections majeures », a-t-il dit, citant la carte scolaire, l’encadrement militaire, les jurys citoyens, le nucléaire iranien et les enseignants.

Deux proches de Dominique Strauss-Kahn ont elles aussi donné de la voix, le 12.11, afin de mettre Ségolène Royal en garde.
Il s’agit de propos « mensongers », selon la strauss-kahnienne Catherine Trautmann. « Depuis le début de la campagne, l’argument du machisme de ses compétiteurs est un refrain lancinant qui vise à contrecarrer tout argument adverse et à justifier toute lacune de sa part », s’est agacée l’ancienne ministre de la Culture. « DSK n’a pas construit sa campagne sur la faiblesse de Ségolène Royal en tant que femme, mais sur la différence de leurs propositions politiques », a-t-elle tancé.

« Ségolène Royal a attaqué scandaleusement Dominique Strauss-Kahn en lui attribuant des propos misogynes qu’il n’a jamais tenus », a renchéri Catherine Tasca, également ancienne ministre de la Culture. « Ce n’est pas rendre service à la cause des femmes, à laquelle je suis profondément attachée, que d’utiliser constamment l’argument de la féminité malmenée et s’enfermer dans une plainte factice, au lieu d’affronter sereinement le débat politique », a-t-elle déclaré.

Egalement accusé Laurent Fabius a démenti le 14.11 les affirmations de Ségolène Royal.
La candidate l’accuse d’avoir déclaré à son sujet lorsqu’elle s’est lancée dans la campagne pour la primaire: « qui va garder les enfants? »

« La phrase qu’elle a citée, je l’ai démentie dix fois, ça n’a aucun sens », s’est justifié Laurent Fabius sur France-2.« Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas machiste bien au contraire… On peut avoir des désaccords politiques… Il faut les traiter bien sûr, mais ne pas se victimiser soit même ».

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1 Réponse à “Royal victime des vilains machistes”


  1. 1 Alain

    Je suis d’accord avec Segolene Royal; L’action des élus a besoin d’être contrôlée. C’est une évidence et comme toute évidence la proposition de Madame Royal se situe au-dessus du clivage droite gauche; ce qui me convient assez bien. Cependant la proposition de madame Royal pose des questions sans apporter les solutions. Comment organiser ce contrôle citoyen sans le dénaturer, comment l’installer dans la durée, comment passer outre le désintérêt du citoyen de base pour la chose publique ? Le contrôle des élus par l’électeur c’est ni plus ni moins que l’exercice de la souveraineté par le peuple. Souveraineté confisquée par les élites et les élus. Le rétablissement de la souveraineté populaire à l’intérieur et le rétablissement de la souveraineté nationale à l’extérieur sont des priorités qui exigeront un effort constant.
    Les outils juridiques pour organiser la démocratie de proximité existent. Je prends pour exemple les articles L.2141-1, L.2142-1, 3, 4, et L.2143-2 du code général des collectivités territoriales. Mais qui s’en souci ? Il faut par exemple réformer le code des collectivités locales pour redonner aux conseillers municipaux l’espace qu’ils n’auraient jamais du perdre. C’est n’est pas normal qu’un conseiller s’abstienne systématiquement d’intervenir en conseil municipal sous prétexte qu’il a été élu sur la liste du Maire !!

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