La culture aux Etats-Unis, à l’encontre des idées reçues

Eric Le Boucher a commenté le livre de Frédéric Martel, « De la culture en Amérique », qui fait état de la richesse de la culture Américaine, et qui va à l’encontre de l’ « image repoussoir » souvent colportée chez nous…

La culture est un secteur en plein développement. Fréquentation des musées, des spectacles, vente de matériels de lecture de films et de disques : la "demande" est en pleine expansion, ce qui est logique pour des populations dont le niveau de vie augmente.
En France, cette demande est financée, pour l’essentiel, par les subventions publiques et par l’assurance-chômage dont bénéficient beaucoup d’acteurs de la culture, les fameux intermittents.

« Mais quand l’Etat, les collectivités locales et l’Unedic sont en déficit, le système craque.
La défense de la culture française impose alors de chercher d’autres solutions et pour cela de regarder vers d’autres pays. Notamment les Etats-Unis, qui servent trop souvent d’image repoussoir, Hollywood étant stigmatisée comme un rouleau-compresseur impérialiste. »

« Est-ce si vrai ? Frédéric Martel, enseignant à l’Institut d’études politiques, a voulu y voir de près. Il ramène un constat, sous forme de livre, qui va soulever une vive polémique (De la culture en Amérique, Gallimard, à paraître le 16 novembre). »

« La première surprise est la richesse de la culture américaine
On compte 2 millions d’artistes professionnels employés par les systèmes privés mais aussi non lucratifs, c’est-à-dire proportionnellement bien plus qu’en France (180 000, à définition comparable). Il y a, aux Etats-Unis, trois fois plus d’artistes que de policiers… Leur nombre n’a cessé d’augmenté : 0,56 million en 1965, 1 million en 1980, 1,6 en 1990.

On recense 30 000 acteurs et comédiens, 32 000 danseurs et chorégraphes, 179 000 musiciens et chanteurs, 190 000 écrivains, 212 000 plasticiens et d’innombrables réalisateurs et producteurs…

La culture américaine est un ‘mouvement, global et complexe’, riche de nombreux acteurs indépendants, universités, fondations, communautés, lobbies, syndicats, qui s’appuient sur les déductions fiscales importantes et les subventions nombreuses. Le système est en définitive beaucoup plus ‘public’ qu’on ne le croit et moins ‘régi par l’argent qu’on ne le dit’. ‘Un monde en perpétuelle mutation et modernisation qui nourrit une vie culturelle profondément démocratique’, conclut Frédéric Martel en réussissant à ébranler bien des certitudes. »

(Source : Eric Le Boucher, Le Monde, 14.11.2006)
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1 Réponse à “La culture aux Etats-Unis, à l’encontre des idées reçues”


  1. 1 Gérard

    Je suis d’accord sur le fond la culture aux Etats Unis est très intéressante et en expansion et l’auteur enfonce des portes ouvertes.
    En revanche lorsque l’auteur entre dans le domaine économique et dit "demande est en pleine expansion, ce qui est logique pour des populations dont le niveau de vie augmente"
    Il confond le niveau de vie moyen qui augmente effectivement et le niveau de vie médian qui baisse. Prenons un exemple, 11 personnes dans un bar, le salaire moyen est la moyenne des salaires de ces onze personnes le salaire médian est celui de la 6ème personne. Une personne sort et Bill Gates entre, le salaire moyen est multi- millionnaires mais le salaire médian est inchangé. Or, aux Etats-Unis le salaire médian a baissé et c‘est aussi une des principales causes de la défaite des républicains. C’est pourquoi cette affirmation est spécieuse.

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