Dans l’une des provinces agricoles de l’Inde, un paysan se suicide en moyenne toutes les huit heures. Les paysans Indiens vivent dans une misère inimaginable et comme dernier moyen de protestation ils choisissent le suicide. Les causes sont diverses : mondialisation, impréparation à la concurrence internationale, priorité à l’industrie alors que 2/3 des Indiens vivent de l’agriculture, raréfaction de l’eau, prêts à taux usuraires, semences génétiquement modifiées, etc…
Ca se passe dans la province de Vidarbha au nord-est de l’état de Maharashtra : un suicide de paysan en moyenne toutes les huit heures. C’est le groupe d’entre-aide « Vidarbha Jan Andolan Samiti » qui l’a calculé. Il y a peu ils ont enregistré le 1.000e suicide de paysan pour surendettement depuis mi-2005.
Les problèmes naturels : la région était autrefois la principale région d’Inde pour la culture des oranges, mais depuis cinq ans, le niveau de la nappe phréatique est à ce point descendu que la culture des oranges n’est pratiquement plus possible.
Se rajoute la politique du gouvernement central à New Delhi, dont les paysans ont fait leur principal ennemi. Il a, sous la pression de l’OMC, réduit les droits de douane comme les subventions. Les paysans Indiens sont maintenant en concurrence avec les fournisseurs de l’UE et des USA dont les produits agricoles sont protégés et subventionnés.
Le résultat est l’effondrement sans précédent d’une branche qui, en Inde, nourrit un grand nombre de personnes.
Le coton, par exemple, était appelé « l’or blanc ». Le sol noir riche en nutriments de la région pauvre et sous-développée du Vidarbha était particulièrement adapté à sa culture. En 1970 encore, une tonne de coton atteignait la valeur de
« Dans l’intérêt de l’industrie, l’Inde a ouvert ses frontières, bien que l’agriculture ne fut pas préparée, » dit Vijay Jawandhia, économiste et porte-parole de « Shetkari Sanghatana », un groupe activiste des paysans du coton. Il vise ainsi un point critique de la libéralisation Indienne. Actuellement les droits de douane sur le coton sont de 15%, alors qu’ils sont de 60% pour le sucre et de 80% pour le riz.
De plus, l’agriculture a été délaissée pendant de années. Les paysans étaient satisfaits par des garanties d’achat de l’état. Cette politique rend aujourd’hui pratiquement impossible d’affronter la concurrence mondiale.
A l’histoire de ce déclin, se rajoute aussi que quelques Indiens ont profité de la crise. Particulièrement les intermédiaires, qui ont profité de la chute des prix, dit Jawandhia. Il y a dix ans, le prix du coton sur le marché mondial était de €2/kg. « Maintenant il est inférieur à €0,40. »
De nombreux paysans ont dû chercher leur salut dans le crédit, en s’endettant auprès de prêteurs à des taux usuraires, parce que des prêts bancaires plus avantageux ne leur étaient pas accessibles.
Le gouvernement a bien offert des crédits pour l’achat de semences à des taux bonifiés. Mais seuls peu ont pu en profiter car l’argent ne fut disponible que lorsque la saison des semis était presque terminée. La plupart des paysans n’avaient d’autre possibilité que de s’adresser aux usuriers.
La plupart des prêteurs sont aussi les principaux propriétaires fonciers ou négociants, ou les deux à la fois.
La misère des paysans à encore augmenté au cours des dernières années par l’emploi de plus en plus important de pesticides, pour lutter contre la concurrence à bas prix. Un mauvais emploi des produits chimiques a conduit les parasites à devenir résistants, les sols à être lessivés et les revenus à baisser.
Ce problème devait être solutionné par la semence de coton génétiquement modifié appelée « Bacillus thuringiensis Cotton ». Mais les germes, que Mahayco-Monsanto Biotech a introduits il y a quatre ans, sont trois fois plus chers que les semences conventionnelles.
Aujourd’hui, ils sont un flop pour les paysans : « Toutes les annonces de Monsanto étaient erronées. La mise su le marché agressive il y a trois ans a poussé à la ruine des centaines de paysans », dit R. V. Ramanjaneyulu du Center for Sustainable Agriculture, une ONG. Monsanto, de son côté se réfugie derrière les « conditions climatiques difficiles ».
Que faire maintenant ? Changer de culture ? Les paysans sont désemparés.
Il y a quelques années la culture du poivre rapportait encore 279 Roupies/kg. Aujourd’hui les planteurs ont des difficultés à obtenir plus de 60 Roupies. La vanille autrefois vendue à 4.000 Roupies/kg, ne vaut plus que 130 Roupies. La situation des planteurs de café au Kerala n’est pas meilleure : ils obtiennent aujourd’hui un prix de 24 Roupies/kg, alors que c’était cinq fois plus il y a quelques années.
(Source : Thomas Schmitt, Der Spiegel, 12.11.2006)
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bonjour,
votre article est très intéressant.
Merci beaucoup !
bonjour,
J’ai été très impressionné par votre article qui dis bien se qu’il faut au sujet de ces multinationales exp.. Monsento qui DÉTRUIT !! toute la nature et qui nous empoisonne.
De plus les pays qui on tant besoin d’aide sont spoliés par ces firmes criminelles qui ne font qu’accroitre leurs misères.
Quand en aurons nous finis avec ces firmes empoisonneuses ?
Je suis très solidaire de cette action et pour publier des videos afin de mettre au courent beaucoup de personnes qui d’après mes envoies n’étaient pas du tout au courant de ces problèmes FONDMENTAUX.
Merci encore de vos articles.
Enfin on en parle, il en a fallu du temps au média pour aborder le problème ! C’est pourtant un énorme problème et qui dure depuis bien plus longtemps que nos pauvres petits fonctionnaire….
Dramatique! Je reviens de visionner le film de Coline SERREAU, SOLUTIONS LOCALES POUR DESORDRE GLOBAL (diffusé grâce aux associations locales et NON PAS par le tenancier du cinéma)
Il est question de l’Inde! Nous, occidentaux, ne pouvons pas rester inactif et aveugle.
C’est à chacun de nous, dans notre manière de consommer, en alimentation ou autre, d’agir en citoyen du Monde!
bien cordialemnt