Débuts en France des prêts hypothécaires rechargeables

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’économie et des finances, avait annoncé en 2004, pour relancer la consommation, la création en France du prêt hypothécaire rechargeable. Le projet commence tout juste à voir le jour…

Depuis la fin septembre, trois banques, le Crédit foncier, l’UCB et la Caisse d’épargne d’Auvergne et du Limousin, proposent ce prêt immobilier garanti par une hypothèque prise sur le bien financé et qui peut se recharger. En clair, il permet de rouvrir une ligne de crédit dans la limite du capital déjà remboursé.
Ce type de prêt peut rendre service à ceux qui, quelques années après avoir acheté leur maison, comptent y faire des travaux, l’agrandir ou financer tout nouveau besoin, pas forcément lié à l’immobilier d’ailleurs, par exemple les études des enfants.

La formule s’inspire d’une pratique très répandue aux Etats-Unis, le refinancement ou extraction hypothécaire (« mortgage withdrawal »), où le montant prêté tient aussi compte de la valeur vénale du bien immobilier sur lequel il est gagé.
En période de hausse des prix de l’immobilier, chaque propriétaire peut demander un crédit proportionné à cette hausse. La consommation est ainsi encouragée mais aussi fragilisée en cas de chute ou de stagnation des prix de l’immobilier. La formule française, qui se limite au montant initial emprunté, est plus prudente.

L’un des freins majeurs au développement de l’hypothèque rechargeable reste son coût, bien qu’ayant diminué de 16 %.
Ainsi, pour un prêt de 100 000 euros, le coût de l’hypothèque conventionnelle rechargeable est de 1 750 euros.
L’hypothèque rechargeable risque donc d’être freinée dans son développement, en raison de son coût. Elle peut, en revanche, rendre service à des personnes déjà propriétaires, ayant remboursé tout ou partie de leur prêt immobilier et qu’une raison quelconque (l’âge, l’irrégularité des revenus) prive d’un accès facile aux crédits à la consommation.
Celles-ci peuvent transformer une hypothèque conventionnelle en hypothèque rechargeable, voire souscrire un nouveau prêt immobilier hypothécaire, comme le propose le Crédit foncier. Il suffit d’ajouter un avenant à l’acte initial d’hypothèque, ce qui, selon les simulations du Crédit foncier, pour une recharge de 40 000 euros, occasionne des frais tout de même élevés, de 1 175 euros, soit 2,9 % du montant de la recharge.

(Source : Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde, 12.11.2006)

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