Bubble 2.0 ?

Les fonds de capital-risque déversent de l’argent sur les startups du Web 2.0, dans l’espoir de financer le nouveau MySpace. Mais cette frénésie n’est-elle pas, à nouveau, entrain de sortir des rails ?

Les investisseurs en capital-risque ont finalement retrouvé quelque chose d’excitant.
Après un déclin rapide des investissements suite à l’éclatement de la bulle techno en 2000 et 2001, les fonds d’investissement commencent à déverser de l’argent sur une nouvelle moisson de sociétés Internet, dans des business comme le social networking et la vidéo en ligne, regroupées sous le patronyme Web 2.0. Ils ont mis au total $455.5 millions dans 79 d’entre elles durant les neuf premiers mois de 2006, selon une étude diffusée le 07.11.2006 par VentureOne du groupe Dow Jones & Co. C’est plus de deux fois le montant investi dans de telles entreprises pendant la même période de 2005.
L’une des raisons de cet empressement est le succès de plusieurs sociétés Web 2.0 de haut standing.
En 2005, News Corp. A acheté la société mère de MySpace pour $580 millions, et la croissance ultérieure du leader du social-networking a fait de ce deal une excellente affaire. Ensuite, en octobre, Google accepta de payer $1.65 milliards pour YouTube, la sensation de la vidéo en ligne.
Les fonds de venture capital peuvent envier le succès de certains investisseurs initiaux dans de tels deals. Le seul investisseur dans YouTube était Sequoia Capital, une importante compagnie de la Silicon Valley dirigée par Michael Moritz. La compagnie a investie $11.5 millions dans YouTube, essentiellement parce que Roelof Botha de Sequoia avait travaillé chez PayPal avec les fondateurs de YouTube, Chad Hurley and Steve Chen. Sequoia a ramassé $500 millions après l’achat par Google.
Sequoia a été l’un des investisseurs les plus actifs dans les sociétés Web 2.0. Selon VentureOne, ils ont mis de l’argent dans 14 projets entre 2001 et 2006. Seuls Draper Fisher Jurvetson et Benchmark Capital en ont eu plus, avec 15 chacun.

Maintenant, la frénésie pour le Web 2.0 va-t-elle provoquer un déraillement ?
Certains pensent que oui. « Objectivement, il y a trop de sociétés qui sont financées dans ce secteur. Ce que nous voyons est une inflation semblable à ce qui c’est passé avant la bulle, » dit Todd Dagres, un vieux routier du capital-risque.
Dagres croit pourtant dans l’avenir d’opportunités Web 2.0 et a investi dans certaines. L’une des plus prometteuses est Veoh, un site Internet qui prévoit de diffuser des programmes de qualité TV. Ses soutiens comprennent Time Warner et Michael Eisner, l’ancien chef de Walt Disney. Néanmoins, il craint que de nombreuses sociétés Web2.0 ne seront pas capables d’offrir des produits et services suffisamment consistants pour attirer les clients.

« Ca ressemble de façon effrayante à 1998 par certains aspects. Il y a de l’argent facile et certaines mauvaises idées arrivent à se faire financer, » dit David Card, senior analyst chez Jupiter Research.
En particulier, il montre du doigt les douzaines de sites de social-networking qui éclosent en imitant MySpace. « Je suis très sceptique sur le social-networking. Je pense que c’est plus une caractéristique qu’un business, » dit-il. MySpace, n’est même pas tellement bon comme site de social-networking. « Il se construit comme un portail pour les jeunes. C’est un Yahoo! pour les jeunes. »

De nombreuses sociétés Web 2.0 vont simplement couler, par manque d’audience ou de financement. Typiquement deux ou trois gros succès paieront largement pour sept ou huit bides. Mais le nombre de sociétés Web 2.0 qui se lancent a fait naître des soucis que le % de perdants pourrait être, cette fois, beaucoup plus élevé que dans le passé. « Pour une qui fonctionnera, 100 vont échouer, » prédit Dagres.

Mais, actuellement, le capital-risque dans le Web 2.0 n’est pas suffisamment important pour créer une bulle.

(Source : Peter Elstrom, BusinessWeek, 08.11.2006)
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1 Réponse à “Bubble 2.0 ?”


  1. 1 seb

    L’enorme parallèle avec la bulle 1.0 de 2000 et 2001, c’est que tout cet argent investi ne sait pas quand il sera rentabilisé.
    Youtube aujourd’hui perd de l’argent, comme la majeur partie des sociétés dites "web 2.0". Google a racheté l’audience de Youtube, mais pour l’instant c’est déficitaire et il faut trouver un moyen de rentabiliser tout ça.
    Une société ne peut pas vivre des levées de fonds qu’elle obtient auprès des investisseurs.
    C’est, à mon avis, le principal parallèle entre les deux bulles.

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