Un système boursier capitaliste au service de l’environnement

Le protocole de Kyoto a conduit les pays signataires à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Et cela crée un important marché financier des droits d’émission de carbone…


Avec la montée des inquiétudes sur le réchauffement global, le trading des crédits de carbone, (ou le droit d’émettre une certaine quantité de gaz à effet de serre) est devenu un business chaud. Il a atteint un nouveau pic récemment, après que Morgan Stanley ait annoncé le 26.10 investir $3 milliards pour renforcer sa position sur les marchés de trading de carbone.
Cinq jours plutard, plus de douze banques d’investissement se sont regroupées pour créer une association pan-Européenne appelée European Carbon Investors and Services (ECIS), dont le but et de développer la standardisation et l’internationalisation du trading du carbone.

  • Le trading des émissions (ou cap and trade) est une approche administrative est financières de contrôle la pollution en créant des incitations économiques à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce système, une autorité centrale (Union Européenne, gouvernement) fixe un objectif plafond des émissions. Ce plafond est réparti sur les pollueurs, entreprises ou organismes sous forme de crédits. Ceux qui polluent plus que leur crédit, doivent acheter des crédits à ceux qui polluent moins que leur crédit. En fait, l’acheteur est pénalisé financièrement pour avoir pollué et le vendeur est récompensé de ses efforts. Le plafond est réduit dans le temps, pour faire baisser les émissions globales.

Les hommes politiques et le business sont de plus en plus inquiets du changement climatique, et réalisent également que les réglementations gouvernementales ne sont qu’une partie de la solution. L’expérience Européenne d’incitations basées sur le marché a été critiquée, mais l’idée fait clairement son chemin. Le 16.10, par exemple, le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, a annoncé un programme afin de négocier des crédits d’émission avec d’autres états US.

L’UE est en avant-garde. Pour satisfaire les demandes du protocole de Kyoto, les 25 pays de l’UE ont décrété au début de 2005 un système formel de trading de droits d’émission (ETS) qui fixe des limites au total de CO2 qui peut être produit. Les volumes de carbone négociés ont explosé de 10 millions de tonnes en 2004 à plus de 600 millions tonnes en 2006, à ce jour. Sur la période 2008 à 2012, le marché traitera annuellement $45 milliards, le double de ce qu’il représente actuellement, selon les consultants.

(Source : Kate Norton, BusinessWeek, 01.11.2006)
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