Il y a quelques semaines je publiais sur le blog un billet intitulé « La puissance des agences de notation financières ». L’illustration concrète n’a pas tardé puisque l’Italie vient d’être déclassée par les agences de notation internationales Standard & Poor’s et Fitch avec comme conséquence immédiate le renchérissement de sa dette…
Fitch et Standard & Poor’s (S & P) ont annoncé, le 19.10.2006, leur décision d’abaisser d’un cran la note de l’Italie. Elle passe de AA à AA – pour Fitch, et de AA – à A + pour S & P.
L’effet mécanique immédiat de cette dégradation pays sera de rendre plus coûteux le financement de la dette. Après l’annonce, le rendement de l’emprunt d’Etat italien à dix ans est monté de 4,07 % à 4,11 %.
Les agences sanctionnent une dégradation continue des finances publiques depuis 2001, c’est-à-dire sous le gouvernement Berlusconi, mais leur sanction témoigne également d’une faible confiance dans la loi de finances de Prodi en cours de débat au Parlement, qualifiée de « peu crédible » et d’ « inadéquate ».
S & P est très sévère pour Prodi, estimant que la loi de finances « ferme la porte à une possibilité d’assainissement ». Pour l’analyste Moritz Kraemer, « le projet de budget n’est pas à la hauteur des promesses et des espoirs qui étaient contenus dans le Document de programmation économique et financière (DPEF) au mois de juillet ». Il est convaincu que l’Italie ne parviendra pas à ramener son déficit public de 4,8 % en 2006 aux 2,8 % prévus dans la loi de finances, car le projet « largement appuyé sur la dépense, contient peu de réformes structurelles ».
Prodi a tenté de minimiser la portée des appréciations sur l’économie du pays et sur sa capacité à surmonter la crise : « Il s’agit d’un signal largement attendu. Nous sommes certains que les prochains avis, qui tiendront compte des politiques économiques de ce gouvernement et non de la situation héritée du précédent, montreront des signes positifs. »
Alors que le projet de budget, ses coupes claires et ses conséquences fiscales soulèvent des tempêtes de protestations, depuis les chefs d’entreprise jusqu’aux maires de gauche, le jugement de ces agences apporte de l’eau au moulin de l’opposition de centre droit, qui rejette toute responsabilité, entre 2001 et 2006.
(Source : Jean-Jacques Bozonnet, Le Monde, 21.10.2006)
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Franchement, je crois que les agences de notations financières font seulement un peu de rattrapage pour le temps où l’Italie de Berlusconi s’enfonçaient chaque jour dans le “lisier” le plus total. Mais, … nous dirons que, côté influence politique, Prodi n’est peut-être pas aussi bien membré qu’un certain Berlusconi. D’un autre côté, les agences de notation financière me font parfois un peu penser aux critiques littéraires qui, comme par hazard, ont fini par en être réduit à faire la promotion des copains. PS : d’ici que Berlusconi, ait essayé de décridibiliser son adversaire en glissant qlq mots sur le “retard” pris en matière de notification financière … Mais Oh, pardon, je dois me taire sous peine d’être repris par la paranoïa