Sept pays de l’ancienne UE-15 dépasseront les limites d’émissions de CO2

L’Union Européenne risque de rater ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre et devra prendre des mesures supplémentaires  pour les atteindre, selon de nouvelles projections…

La commission Européenne a annoncé, le 27.10.2006, que, avec les mesures actuelles et les politiques en cours, les émissions des 15 membres initiaux de l’UE ne seront, en 2010, inférieures aux niveaux de 1990 que de O,6% alors que dans le protocole de Kyoto, les pays de l’UE-15, se sont engagés à une réduction de 8% en 2012, par rapport à 1990. Des mesures supplémentaires, déjà approuvées aux niveaux communautaire et national, devraient porter la réduction à 4,6%, à condition qu’elles soient mises en œuvre à temps.
En outre, dix des quinze États membres prévoient d’obtenir des crédits de réduction des émissions venant de projets de pays tiers, mis en œuvre dans le cadre des mécanismes de Kyoto fondés sur le marché. Si ces prévisions se réalisent pleinement, les émissions pourront être réduites, d’ici 2010, de 7,2% par rapport à celles de l’année de référence. Si l’on ajoute à cela les activités de forestation et de reforestation, qui permettent d’absorber naturellement le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la réduction totale pourrait atteindre 8% tout juste, c’est-à-dire l’objectif de Kyoto.

Ce n’est donc qu’au prix de nouvelles mesures de réduction et de politiques plus rigoureuses que l’objectif de Kyoto pourra être atteint.
Les projections de la commission viennent avant la publication le 30.10.2006 du rapport de Sir Nicholas Stern, l’ancien chef économiste de la Banque Mondiale, qui annoncera que le changement climatique pourrait conduire à la pire récession économique de l’histoire récente.

Les résultats publiés le 27.10.2006 par l’équipe de Stavros Dimas, le commissaire Européen à l’environnement, sont destinés à pousser les dirigeants Européens à fixer des objectifs plus durs pour le second round de Kyoto, pour l’après 2012, lors de la conférence des Nations Unies, à Nairobi, au début de novembre 2006. Les 25 gouvernements ont fixés des objectifs de réduction de 30% en 2020, et de 80% en 2050, mais ne les ont pas rendus obligatoires…

«Ces projections montrent qu’il n’y a de place ni pour l’autosatisfaction, ni pour l’erreur,» a déclaré Stavros Dimas. «La Commission continue de lancer de nouvelles initiatives pour réduire les émissions européennes, comme l’atteste le plan d’action en matière d’efficacité énergétique annoncé la semaine dernière. Il est toutefois indispensable que tous les États membres fournissent leur part d’efforts afin de garantir l’aboutissement de notre engagement collectif. Les retardataires doivent intensifier sans délai leur effort afin d’atteindre leurs objectifs, le cas échéant en adoptant de nouvelles mesures nationales de réduction des émissions. Les États membres ne pourront respecter leurs obligations au titre de Kyoto que si les plans nationaux d’allocation pour la deuxième période du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne sont suffisamment ambitieux.»

Dimas a déclaré que sept pays, l’Autriche, le Danemark, l’Irlande, le Portugal, l’Italie et l’Espagne, dépasseront leurs limites d’émissions, qui sont des engagements obligatoires selon le règlement de l’UE. Même avec des mesures supplémentaires, l’Espagne devrait dépasser ses émissions de 1990 de 51,3% en 2010, comparé à une augmentation de 15% selon Kyoto.
Seules la Grande-Bretagne, qui devrait réduire ses émissions de -23,2% contre une limite Kyoto de -12,5%, et la Suède, qui devrait réaliser une réduction de -1% contre une augmentation autorisée de +4%, sont en bonne voie avec les politiques actuelles.
La France, avec la politique et les mesures actuelles réaliserait en 2010 une hausse d’émissions de +6,4% par rapport à l’année de référence. Des mesures d’améliorations supplémentaires prévues pourraient permettre d’atteindre l’objectif de Kyoto de +0%.
L’Allemagne avec les mesures actuelles atteindrait une réduction de -19,8%, proches de l’objectif de -21%, qui sera atteint avec des mesures supplémentaires prévues.
Dix des quinze États membres prévoient d’obtenir des crédits de réduction des émissions venant de projets de pays tiers, mis en œuvre dans le cadre des mécanismes de Kyoto fondés sur le marché. Si ces prévisions se réalisent pleinement, les émissions de l’UE-15 pourront être réduites, d’ici 2010, de 7,2% par rapport à celles de l’année de référence. Si l’on ajoute à cela les activités de forestation et de reforestation, qui permettent d’absorber naturellement le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, la réduction totale pourrait atteindre 8% tout juste, c’est-à-dire l’objectif de Kyoto.

La semaine dernière, la commission a publié un plan d’efficacité énergétique destiné à réaliser 20% d’économies d’ici 2020, comportant une réduction de €100 milliards des factures de pétrole. Elle a déclaré le 27.10 que des mesures additionnelles aux niveaux Européen et nationaux amèneraient la réduction de l’UE-15 à 4,6%, si elles sont entièrement appliquées et à temps. Mais ce n’est qu’en achetant des droits à émettre des gaz à effet de aux pays de l’ex-bloc communiste que l’UE pourra se rapprocher de la réduction de 8%.

Contrairement à l’UE-15, l’UE-25 n’a pas d’objectif d’émissions collectif, fixé dans le protocole de Kyoto. Huit des dix nouveaux États membres (UE-10) ont des objectifs individuels de réduction de leurs émissions de 6 ou 8% par rapport aux niveaux de l’année de référence. Aucun objectif n’a été défini pour Chypre et Malte. Tous les États membres pour lesquels des objectifs ont été fixés prévoient de les atteindre.

(Cliquer sur le tableau pour le voir en totalité)


(Source : David Gow, The Guardian, 28.10.2006 ; Note IP/06/1488 de la Commission Européenne du 27.10.2006)

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2 Réponses à “Sept pays de l’ancienne UE-15 dépasseront les limites d’émissions de CO2”


  1. 1 Florent

    Euh … pourquoi imager une billet sur le CO2 avec des élements d’une centrale nucléaire, qui, *elle* ne rejette pas de CO2?

    Les tours de refroidissement (la photo) ont pour but de refroidir des elements TRES CHAUDS, et pour faire ca on met de l’eau dessus: la fumée est donc … de la vapeur d’eau!

    ca aurait été plus juste de mettre un pot d’échappement ou bien une tour d’une entreprise ou bien d’un incinerateur: la y’a plus de chance d’avoir du CO2 que dans une de ces tours de refroidissement…

    Florent, pour ne pas rajouter à l’image néfaste du nucléaire ^^

  2. 2 jakouille

    @Florent
    Il s’agit de la centrale Drax en Grance Bretagne, alimentée au charbon, et qui est la plus importante centrale thermique d’Europe. A lire le billet http://www.jakouiller.com/index.php/2006/05/16/215-les-cinq-plus-grands-pollueurs-du-royaume-uni-produisent-plus-de-co2-que-tous-les-vehicules-particuliers-reunis. Cordialement

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