Royal vue par The Times : « Je ne suis pas une Blair. Je suis une vraie socialiste »

Ségolène Royal est une admiratrice de Tony Blair. Mais comme sa candidature à la nomination socialiste monte en cadence, elle a commencé à dire clairement qu’elle demeure une socialiste de la vieille école….

Pendant des mois, les rivaux socialistes de Mme Royal l’ont diabolisée comme une réformiste à la Blair, qui mettra la France à la merci du libre marché. Jusqu’à présent, la favorite a peu dévoilé de ses projets économiques, mais elle lève un peu le voile lors de la campagne interne au parti socialiste.
Un aperçu de la star socialiste au travail, cette semaine, dans son fief de Poitou-Charentes, a montré que la Présidente Royal, si elle devait l’emporter au printemps prochain, garderait l’économie dans la main ferme de l’état selon la vieille méthode Gauloise.

« Les capitalistes doivent être effrayés. Il n’y a pas d’alternative. Ils ne peuvent disposer des gens selon leurs désirs. Ils doivent rendre des comptes, » a-t-elle déclaré au Times.
Mme Royal vient juste d’offrir son soutien aux syndicalistes d’Aubade, une marque de lingerie de luxe, qui combattent un plan de fermeture d’une usine locale et délocalisation en Tunisie. « Nous devons empêcher cette délocalisation sauvage. Les ouvriers n’ont pas de pouvoir. Nous devons taxer les entreprises qui veulent délocaliser les emplois, et taxer leurs produits lorsqu’ils les réimportent, » dit-elle.
De telles paroles sont des anathèmes contre le monde de l’entreprise et les réformateurs, mais c’est une musique agréable aux électeurs qui voient en Royal une Jeanne d’Arc qui restaurera un leadership moral tout en consolidant le vieil état protecteur.

Royal, dont la position actuelle comme personnage politique le plus populaire, devrait lui assurer la nomination par le parti socialiste, a gagné les faveurs avec une rhétorique de lutte contre la criminalité à la Blair. Elle déclare admirer certaines politiques de Blair, comme l’emploi des jeunes et l’éducation durant toute la vie, mais elle demeure attachée aux doctrines Françaises de gauche de forte protection du travail et de la main ferme de l’état sur l’économie.
Elle a également fait une sortie sur l’Europe cette semaine, soutenant « l’harmonisation sociale » et promettant de mettre un terme au choix Britannique de rester hors de l’horaire hebdomadaire maximum de travail de 48 heures. Elle veut aussi que l’Europe combatte l’exportation d’emplois vers les pays à faibles coûts.

Les idées de Mme Royal sont en test en région Poitou-Charentes.
Son crédo est la démocratie participative, des initiatives pour donner aux citoyens plus à dire dans les écoles, le gouvernement local et d’autres services. Cela lui a valu de la popularité.
Elle s’est aussi fait des ennemis par ce qui est considéré des méthodes brutales et un style de management dictatorial. Ses opposants, comprenant des socialistes locaux, dépeignent la Parisienne séduisante comme une fanatique du contrôle et l’affublent de surnoms tels que « la Valkyrie » et « la tueuse ».
Elisabeth Morin, qui avait hérité de la présidence de région de Raffarin en 2002, estime que Mme Royal n’est pas qualifiée pour diriger la France : « Beaucoup de gens découvrent que derrières les battements de cils de Mme Royal et son sourire angélique, se cache une personne violente, dure et sectaire. »
L’ancienne inspectrice de l’éducation nationale accuse son successeur à la présidence de région de démanteler de grands projets à long-terme, pour rechercher la popularité par de petits programmes tels que de bons pour livres scolaires, des tickets de train à un € vers la côte et des subventions aux collecteurs d’eau de pluie.

Les défenseurs de Mme Royal disent que ses adversaires sont ceux qui ont été secoués par son style tourbillonnant. « La critique vient de gens dont les conseils n’ont pas été suivis, » dit Jean-François Macaire, vice-président du Conseil Régional et secrétaire du parti socialiste pour la région. « Elle est une femme très dynamique et très exigeante pour elle-même et pour les autres, » ajoute-t-il.

(Source : Charles Bremner, The Times, 13.10.2006)
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3 Réponses à “Royal vue par The Times : « Je ne suis pas une Blair. Je suis une vraie socialiste »”


  1. 1 gregoire

    Même Loïc le meur en parle. pourquoi ne pas trackbacker, vu que vous parlez du même sujet ?

  2. 2 Jakouiller

    @Grégoire
    1.Le Meur en parle à 14h27
    Sa source Le Figaro à 11h20, Jakouille à 11h08

    2. Le Figaro ne cite que la phrase choc, "les capitalistes doivent être effrayés". Jakouille analyse l’article complet du Times.

    Qui est le plus complet, et le plus rapide ?

  3. 3 BP

    *Tous en choeur*

    C est Jakouilleeeeeeeee!

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