La presse Française signale que le prix Nobel de littérature, l’écrivain Turc Orhan Pamuk, a reconnu le génocide Arménien. C’est exact, mais ce dernier vient de critiquer, le 13.10.2006, à la télévision, la loi votée à l’Assemblée Nationale Française le jour même de l’attribution du prix Nobel, qui rend criminelle la négation du génocide des Arméniens par l’empire Ottoman…
Dans une interview téléphonique retransmise en direct par la chaîne de télévision privée NTV, Mr. Pamuk, qui a été inculpé en Turquie pour avoir reconnu le massacre des Arméniens, a déclaré que la France a agi en contradiction avec ses propres principes fondamentaux de liberté d’expression.
« La tradition Française de pensée critique m’a influencé et beaucoup appris. Cette décision, néanmoins, est une interdiction et ne correspond par à la tradition Française de liberté, » a-t-il déclaré.
Mr. Pamuk a pressé ses compatriotes à ne pas se laisser dépasser par leur frustration : « Ne mettez pas le feu à la couverture pour une puce. »
Certains analystes craignent que la colère contre la loi Française n’amène plus de Turcs à être contre l’adhésion à l’Union Européenne. Un sondage réalisé en juillet 2006 montre un déclin du soutien à l’adhésion, à 58% contre un plus haut à 74% en 2003, en partie à cause des délais prolongés.
Certains des supporteurs de Mr. Pamuk considèrent comme malencontreux que le prix Nobel ait été attribué le jour du vote par le parlement Français. Ils craignent que la coïncidence des deux évènements ne conforte l’opinion que la Turquie est traitée inéquitablement.
Bulent Arinc, le président du parlement Turque a mis au défi Pamuk, le 13.10.2006, de dire au monde ce qu’il pensait de la loi Française, qui selon Arinc « massacre la liberté d’expression. »
Pamuk fut inculpé en 2005 pour des déclarations « anti-Turques » quand il appela à considérer le génocide Arménien dans une interview à un magazine Suisse. Les nationalistes Turques avaient porté plainte en utilisant une loi qui rend criminelle une insulte à l’identité Turque. Les Européens et d’autres qui décrièrent le traitement fait à Pamuk dirent que la Turquie violait sa liberté d’expression. Après de nombreuses pressions extérieures, les charges furent abandonnées.
Alors que la loi Française n’engendra que des réactions négatives, le prix décerné à Pamuk inspira de la fierté comme des critiques.
Un critique littéraire, Ozdemir Ince, estima que Pamuk n’avait gagné que parce qu’il présentait la vision de l’histoire Turque que beaucoup d’Européens voulaient entendre. « Pamuk accepte le génocide Arménien. La Turquie a été bradée, et l’histoire Turque vendue aux enchères à bas prix, » a déclaré Ince.
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(Source : SEBNEM ARSU, The NY Times, 14.10.2006)
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On peut être un grand écrivain et pas toujours bien comprendre ce que sont les principes fondamentaux de liberté d’expression.