Réchauffement de la planète (4) : Claude Allègre en doute

Dans sa chronique hebdomadaire pour L’Express du 21.09.2006, Claude Allègre, ancien ministre et l’un des scientifiques français les plus titrés, doute du réchauffement de la planète et de ses causes éventuelles. Son écrit soulève un tollé de protestations de climatologues qui n’hésitent pas à traiter Allègre de menteur et de manipulateur…


Claude Allègre cite un article de la revue Nature « d’une série d’éminents glaciologues qui montre que, en trente ans, le volume des glaces antarctiques n’a pas varié ».
Quand à la disparition des neiges du Kilimandjaro, il cite également la revue Nature, où « des chercheurs français ont montré que cette désertification était largement due à des mouvements tectoniques responsables de la remontée progressive du continent africain, modifiant la circulation météo. L’effet de serre n’a aucun rôle majeur là-dedans. »
Selon lui, « la dénonciation de la responsabilité de l’homme quant au réchauffement de la planète permet de ne rien faire (les effets des mesures préconisées ne se feront sentir que dans un demi-siècle!)… En attendant, l’écologie de l’impuissance protestataire est devenue un business très lucratif pour quelques-uns! »

Ces affirmations ont déclenché un tollé de protestations scientifiques dont Stéphane Foucart fait état dans Le Monde du 04.10.2006.
En réponse, plusieurs climatologues ont adressé, le 03.10.2006, une lettre de protestation à l’Académie des sciences, à l’Institut national des sciences de l’univers (INSU), au ministère de la recherche ainsi qu’à L’Express, signée par Jean Jouzel, directeur de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL), Michel Fily, directeur du Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE) ou encore Thomas Stocker, directeur du laboratoire de physique du climat et de l’environnement de Berne (Suisse).
Le 01.10.2006, le LGGE met en ligne sur son site Internet un vitriol au vitriol de Sylvestre Huet, journaliste scientifique à Libération, qui réfute un à un les arguments de Claude Allègre dans sa chronique. On y lit :
« Le géophysicien, prix Crafoord et médaille d’or du CNRS, s’y livre en effet à une série d’affirmations dont on hésite entre mensongères ou ignorance grave pour les qualifier. Pire : elles portent toutes sur un sujet – l’évolution du climat – dont on aurait pu penser qu’il ne se situe pas trop loin du domaine de compétence professionnelle de l’ex-ministre. C’est d’ailleurs à ce double titre qu’il peut faire mal, la confiance du lecteur abusée par l’autorité du savant et de l’homme politique.
Claude Allègre débute sa chronique en citant les ‘photos spectaculaires’ de Yann Arthus-Bertrand du Kilimandjaro dont la couverture de glace est en voie de disparition…Claude Allègre cite un article ‘dans la revue Nature’, où ‘des chercheurs français ont montré que cette désertification était largement due à des mouvements tectoniques
[voir plus haut] »
Or, selon Sylvestre Huet, « il n’y a pas d’article sur ce sujet dans les dernières livraisons de Nature. Il y en un, cependant, dans le numéro du 8 septembre de Science. Mais il est très peu probable que Claude Allègre l’ait lu. En effet, s’il porte sur le climat de l’Afrique, il s’agit de l’évolution de celui-ci entre il y a 8 et 2 millions d’années. Et pas une ligne sur ce qui s’est passé depuis en Afrique… Allègre manipule le texte, trompe ses lecteurs. »

Quand à l’article d’éminents glaciologues qui montrerait que le volume des glaces antarctiques n’a pas varié, Huet précise que « cet article ne porte pas sur le volume des glaces de l’Antarctique mais sur la mesure de la quantité de neige qui y est tombée depuis 1958. Les auteurs notent qu’’il n’y a pas de changement statistiquement significatif dans les chutes de neige depuis les années 1950, indiquant que les précipitations sur l’Antarctique ne peuvent pas atténuer la montée du niveau de l’océan mondial comme cela était espéré, malgré le réchauffement récent durant l’hiver de l’atmosphère au dessus (de l’Antarctique, ndlr)…
Claude Allègre prétend que ‘la cause de cette modification climatique (récente, ndlr) est inconnue. Est-ce l’homme ? Est-ce la nature ?’. L’ancien ministre n’a sûrement pas le temps de lire les milliers de pages présentant les analyses et les mesures de ses collègues dont la synthèse, réalisée par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, affirme qu’il est impossible d’expliquer l’évolution climatique depuis cinquante ans sans tenir compte de l’augmentation de l’effet de serre provoquée par les émissions anthropiques. »

« En clair, les travaux mentionnés par M. Allègre dans son texte ne contredisent pas les prévisions des climatologues et ne remettent nullement en cause le consensus actuel sur le réchauffement…»

Dominique Raynaud, ancien directeur du LGGE, déclare lui : « Venant de la part d’une personnalité comme Claude Allègre, on ne pouvait pas laisser passer cela. Cela équivaut à jeter le discrédit sur tous les personnels de la recherche qui travaillent, en France, sur ces thèmes. » Certains climatologues, comme Michel Fily, n’hésitent pas à lier les prises de position de Claude Allègre à la faible mobilisation du Parti socialiste sur les questions de changement climatique.

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5 Réponses à “Réchauffement de la planète (4) : Claude Allègre en doute”


  1. 1 Matt82

    je crois que le soi-disant réchauffement est une grosse tarte à la crème qui nous servent régulièrement les écologistes pour tenter de justifier leur actions,en fait notre planète n’a jamais connu de climat stable.
    il y a toujours eu dans le passé des fortes variations climatiques vers le bas comme vers le haut.
    on sait tous que du temps des dinosaures le climat de la France était plutot tropical humide avec de fortes activités volcaniques (Auvergne).
    puis plus tard vint une glaciation qui a transformé les paysages en steppes Sibériennes.
    la pollution n’y est pour rien,les volcans rejettent beaucoups plus de poussières et autres éléments que l’industrie ou l’automobile.
    à bon entendeur…

  2. 2 Chiquino

    Pffffffffffffff……

    Mais bien sûr qu’il ya des fluctuation climatiques sur terre, mais ça se compte en… millions d’années !!!

    En ce qui concerne le phénomène actuel, on observe des changements sur 50 voire 20 ans… C’est affolant quand on sait que l’augmentation d’1 petit degrès peut engendrer des conséquences qu’on soupçonne à peine (le fameux "effet papillon")

    C’est un leurre de dire que les scientifique et écologistes sont alarmistes… Les industriels et autres "cols blancs", dont leurs profits (élevés) n’est vu qu’à court terme, désinforment et discréditent comme on a pu le voir avec le scandale de l’amiante (dont la toxicité a été minimisée par un certain… Claude Allègre !)

  3. 3 PasTristeCa

    A propos du film de Al Gore, Une vérité qui dérange…

    La vérité dérange plus que cela!

    Al Gore a eu de la chance de ne pas être élu en 2000 contre G. W. Bush : il peut aujourd’hui se faire le héraut de la lutte contre le réchauffement climatique. Le film Une vérité qui dérange (An Inconvénient Thruth), nous présente la conférence qu’Al Gore a donné des centaines de fois aux USA et sur la planète dans le but d’alerter ses habitants sur ce que l’humanité a fait subir au climat… et sur ce que le climat peut très bientôt faire subir à l’humanité.

    Celui qui se présente comme le « ex-futur président des États-Unis » explique ce qu’est l’effet de serre, ce qu’implique l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, comment se disloque la calotte glaciaire et se multiplient les ouragans. La vertu pédagogique du film est indéniable. Al Gore sachant faire preuve d’humour et d’optimisme, le spectateur, plongé dans l’effroi par certaines données, sera tout de suite incité à agir, à s’informer ou à voter (Al Gore of course). Transformer une conférence faite pour des Américains, en un film pour le monde entier n’est pas choses aisée. C’est une réussite : on a peur, on rit, on est touché aussi par des séquences qui permettent de sortir de la démonstration factuelle par une touche plus personnelle sur la vie d’Al Gore. Le personnage laisse transparaître une opiniâtre sincérité dans son combat contre ce qu’Yves Cochet appellent en France « les négationnistes de l’effet de serre », c’est-à-dire les Claude Allègre de tout poils qui ont fait plus de mal encore aux Etats-unis qu’en France.

    Malheureusement, la brillante démonstration d’Al Gore se finit en eau de boudin par une séquence pathétique où il démontre que le protocole de Kyoto permettrait à l’industrie automobile américaine de vendre plus de voitures et de prendre des parts de marché à la Chine ! L’analyse demeure purement néolibérale et environnementale. Les injustices sociales ne sont jamais évoqués. Aucune solution véritable n’est présentée, à part construire des gentilles voitures verte démocrates pour remplacer les méchantes voitures polluantes républicaines. Preuve que l’ex-vice-président des Etats-Unis resté imbibé de l’idéologie contemporaine, il termine en invoquant la toute puissance de la technoscience pour sauver le monde. A aucun moment ne sont abordées les causes sociales, humaines ou culturelles de la crise écologique. On ne parlera pas non plus de décroissance, cela dérangerait vraiment trop."

    Sophie Divry

  4. 4 zoom

    on peut toujours critiquer ,,,, on est la pour çà mais quand claude allegre fait la parabole avec la maitrise des naissances dans le monde
    et ou il dit
    si nous ne payons plus en france les alllocations famillliales pr controler la natalité ,,, y aura til moins denfants a naitre dans les autres pays du monde ,?,,

    la reponse est NON !!!
    cest idem pour la taxe carbone !!!!

  5. 5 surmely alain

    M.Allègre appartient, malheureusement, à cette mince couche de pseudo intellectuels disposant de gros pouvoirs politiques et financiers,de vrais pouvoirs d’”influence”,à base de réseaux et de lobbies.Une seule chose les effraie:les Lumières,les Lumières de la raison,de la vérité et de l’intelligence.Ces imposteurs,du calibre de M.Allègre,souvent bien en cours,s’inscrivent dans une tradition violemment hostile à l’esprit humain en liberté.Ils ont tourné le dos à la science parce que trop peu rémunératice et n’offrant pas assez d’honneurs en tous genres pour se compromettre avec les pouvoirs politiques ainsi que les pouvoirs de l’argent.Ces intellectuels de pacotille,appartenant à cette tradition,refusant toute éthique, ont,par le passé,conduit Etienne Dolet et Giordano Bruno sur le bûcher puis se sont réclamés,quelques siècles plus tard,de la génétique eugéniste,résolument criminelle,avant de se perdre dans les absurdités du lyssenkisme triomphant,nouveau canon de la science « officielle ».M.Allègre est devenu le cauchemar de tous ceux et toutes celles qui croient dans le progrès humain et dans la force des idées appuyées sur des démonstrations étayées par des arguments recevables et des expériences valables.En suivant M.Allègre il n’est plus question d’enrayer le déclin de l’Humanité mais de hâter sa décadence.

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