EADS décide la remise à plat du projet A380 et une réduction des coûts chez Airbus de 30%

Après une première réunion le 29.09, Le conseil d’administration d’EADS, s’est à nouveau réuni le 03.10.2006 et a finalement repoussé d’un an le calendrier de livraison de l’Airbus A380, qui avait déjà été retardé à deux reprises de six mois. Le conseil d’Eads a préféré remettre l’ensemble du projet à plat en voulant éviter à tout prix de nouveaux retards…
(Mise-à-jour: 05.10.2006, 21h22)

Le programme de l’A380 va être profondément modifié. Alors que le premier appareil devait, à l’origine, être livré à Singapore Airlines en mars 2006, la compagnie n’en prendra possession qu’à la fin de l’année 2007. Les compagnies qui ont commandé le plus gros avion jamais construit, seront donc livrées avec deux ans de retard. Au lieu de livrer 20 à 25 appareils en 2007, comme prévu initialement, Airbus n’en fournira qu’un. Les compagnies vont évidemment demander des compensations. Emirates, qui a commandé 43 appareils (sur un total de 159 provenant de 16 clients), affirme n’exclure aucune option, y compris l’annulation des commandes.

Les retards sont dus à un problème de câblage de la cabine de l’appareil. L’usine allemande de Hambourg n’aurait pas utilisé le logiciel fourni par le siège, ce qui pénaliserait le montage des premiers appareils suite à des problèmes de cohérence et de compatibilité.

Les retards de livraison devraient coûter près de 5 milliards d’euros à Airbus. Ils mettent en évidence les dysfonctionnements et les conflits larvés entre les usines allemandes et françaises. C’est sans doute en raison de ces tensions que le conseil d’administration réuni le 29.09.2006 n’avait pas été en mesure d’officialiser le plan de restructuration proposé par Christian Streiff, le PDG d’AIBUS, et qu’un second conseil s’est réuni le 03.10.2006 octobre.

A l’issue de ce conseil, Louis Gallois et Thomas Enders, les deux coprésidents exécutifs d’EADS, et Christian Streiff, président d’Airbus depuis juillet, ont affiché leur unité. Une façon de montrer un nouvel état d’esprit, par rapport aux les divergences notoires que la maison-mère et sa principale filiale ont connu. Le conseil d’administration ne s’est, par ailleurs, pas prononcé sur le lancement effectif de l’A350, qui demande un investissement de 9 milliards d’euros supplémentaires et qui, a déjà, lui aussi fait l’objet d’une re-conception suit aux critiques des compagnies et au faible nombre de commandes.

Pour faire face aux pertes induites par le retard de l’A380, EADS a décidé de lancer un vaste plan de restructuration par davantage de délocalisations de la production, davantage de recours à la sous-traitance et aussi des réductions d’effectifs, notamment au siège de Toulouse et dans les emplois administratifs. En revanche, les emplois en production devraient être maintenus.

Christian Streiff a donné de premières indications sur le programme baptisé « Power 08 ». En résumé, les dépenses de matériel acheté, d’assurance qualité et d’administration seront réduites de 30%. Le temps de travail sera rallongé.
« Nous devons changer de niveau de vie chez Airbus, » a déclaré Streiff.

Streiff, critique vertement dans Le Monde du 06.10.2006 Noël Forgeard et Gustav Humbert ses prédécesseurs à la tête d’Airbus. « Airbus n’est pas encore une société intégrée », déclare-t-il, les difficultés de l’A380 venant essentiellement de difficultés à assembler les différentes parties de l’avion, construites sur des sites différents. Streiff estime qu’Airbus mettra « une dizaine d’années pour revenir au niveau de Boeing », contrairement au tandem précédent qui se félicitait d’avoir dépassé Boeing.

(Source: Le Monde du 05.10.2006, Der Spiegel du 04.10.2006))
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1 Réponse à “EADS décide la remise à plat du projet A380 et une réduction des coûts chez Airbus de 30%”


  1. 1 poil à gratter

    Oui pour un plan de restructuration
    Mais seulement pour les dirigeants qui n’ont pas su anticiper et on fait preuve la d’une incompétence des plus flagrante.
    On peut se demander si ce n’est pas un sabotage en règle d’un des plus beau fleuron de l’industrie européenne et cela dans quel but pour quelles raisons et surtout à qui profite le crime.
    Quand aux pertes, il suffit de supprimer les stocks options passées des anciens dirigeants, elles ne combleront pas totalement le manque à gagner mais cela serait un beau geste moral pour les salariés trop souvent à la merci de patrons flibustiers.

    "Gardez moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis" !

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