Le nouveau patron d’Airbus, Christian Streiff, doit présenter le 29.09.2006 au conseil d’administration d’EADS, la maison mère, le rapport d’audit sur l’avionneur, le plan de redressement prévu et annoncer un nouveau retard important de l’A380, le troisième en un an. Les déboires de l’avion géant minent Airbus…
Il n’y aurait plus que quatre livraisons d’A380 en 2007. Morgan Stanley estime que l’addition des retards, des pénalités à verser aux compagnies et des surcoûts liés aux rectifications sur les appareils existants provoquerait une baisse de 8 à 9 % du résultat opérationnel d’Airbus sur la période 2007-2011.
Arrivé à la tête d’Airbus le 02.07.2006, Christian Streiff, doit présenter le nouveau calendrier de livraison de l’A380, le surcoût du projet et les mesures projetées pour réduire cette dérive.
Le niveau le plus souvent évoqué de ces réductions de coûts se situe entre 1,5 à 2 milliards d’euros d’économies par an. Le plan « route 06 » lancé en 2003 avait déjà pour objectif €1,5 milliard d’économies par an à partir de 2006.
Le nouveau plan de réorganisation, appelé « power 08 » devrait avoir des effets dans deux ans.
Huit axes d’amélioration ont été privilégiés : réduire les délais de développement d’un avion de 9 à 6 ans (€2 milliards d’économie par an) par généralisation de la CAO (conception assistée par ordinateur), réduire les coûts d’achats, optimiser la trésorerie, restructurer l’organisation industrielle, réduire les coûts des services fonctionnels, enrichir les fonctions centrales, optimiser et restaurer les performances de l’outil de production.
Pour améliorer la productivité, les flux entre les sites seront réaménagés. Les compétences de chaque usine seront redéfinies. Une réflexion devrait être engagée sur l’avenir des dix-sept implantations d’Airbus en Europe (France, Allemagne, Espagne et Grande Bretagne). La banque d’affaires Goldman Sachs estime qu’Airbus pourrait vendre sept sites.
Les fournisseurs seront incités à délocaliser une partie de leur production pour lutter contre la faiblesse du $ et seront plus intégrés aux projets comme le sont les sous traitants automobiles. D’autres partenaires, notamment chinois, russes et indiens pourraient être associés aux programmes.
Concernant l’emploi, un rééquilibrage va être engagé entre les sites administratifs et industriels. D’ores et déjà le gel des embauches, annoncé en août 2006, sera confirmé et vraisemblablement étendu.
A l’issu du conseil d’administration d’EADS du 29.09.2006, à Amsterdam, Christian Streiff, n’a pas reçu vendredi le feu vert officiel de sa maison mère EADS pour le plan de restructuration qu’il était venu présenter devant les administrateurs, qui ont souhaité « poursuivre cette discussion prochainement » avant de se prononcer.
(Source : Dominique Gallois, Le Monde du 29.09.2006)
Il y a quelques mois, lors du premier vol du A380 tout allait pourtant pour le mieux, les pré commandes affluaient, et la société était encensée par les médias.
Avant l’annonce du retard de livraison de l’A380 il avait été constaté plusieurs mouvements en bourse.
Et aujourd’hui tout va mal.
Moi je m’interroge, et vous ?
Il y a eu imprévoyance et organisation défaillante par la précédente équipe de direction. De plus il semblerait qu’Airbus soit en retard, par rapport à d’autres avionneurs comme Boeing ou Dassault, dans la mise en oeuvre des moyens les plus sophistiqués de conception par ordinateur, qui permettent de réduire les délais. Pour moi il y a deux causes à ces difficultés: des erreurs de management, des tiraillements franco-allemands avec une présence politique trop lourde.
Airbus est par essence une entreprise franco-allemande, et c’est grâce à l’impulsion politique qu’Airbus est aujourd’hui où il en est. Par conséquent, dire que la présence politique est trop lourde est une vérité mais ce sont les racines mêmes d’Airbus. La supply chain d’un avion tel que l’A380 sont complètement différentes des avions produits aujourd’hui par Airbus, et c’est cet aspect qui a été complètement négligé.
Par contre, je suis parfaitement d’accord avec vous. Airbus est en retard par rapport à Boeing et Dassault sur l’usine numérique. C’est ce retard qui a été identifié par Christian Streiff et où des actions immédiates sont prévues.